‹ Les volcans et les tremblements de terreChapitre 19 sur 98 · LU O · texte numérisé non relu

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h'iir d'environ "ilKi [liiMls. I.;i lumière y élail si vive (|uc je |i(iuvais lire les plus lins caractères d'iniprimerie. Ce lac, de rtniiie ovale, a mille cinq cents pieds de louii sni- mille de large.

« Je tus frappé du silence qui régnai! autour de nous. Le seul bruit ([ui- Ton eidendit était un sourd murmure, semblable à celui que produit eu liouillant un liquide épais. L'ébullitiou était plusviolente du côt('' du uurd, comme dans un vase dont un seul côté est soumis à Faction de la chaleur. Les vapeurs qui sen échappaient constamment élaient assez légères pour ne pas gcncr la vue, et ne devenaient visibles que dans le nuage brillani (pii planait au-dessus de nous et semblait s'abaisser et s'élever alternativement. Nous apercevions parfois des pierres, ou des masses de matières rougiesqui, lanc(''esà une hauteur d'environ soixante-dix pieds, retombaient ensuite dans le lac.

ce II semblaitqne le lac moulait et ii'avail plusipiequelques [lieds à franchir pour dépasser ses rives. Lorsque je me mis à réiléchir sur la [losilion dans Lujuelle nous nous trouvimis, surl'abime de feu que nous dominions, sur les hautes montagnes de basalte (jui nous enviroiuiaient de toutes parts, sur ces vapeurs sulfureuses et cette lumière éblouissante qui mettait fortement en relief ces masses énormes eu fusion, j'eus peine à comprendre comment un ri'servoir de celte nature peut être ainsi limité et comnu'ut on peul sans danger le voir d'aussi près. Tout le monde gardait un profond silence; la physionomie de chacun de mes compagnons exprimait le même sentiment de leireur el d'adniiraliiuMjue j'éprouvais

r.tO LES VOLCANS.

iiioi-iiièmc :'\ un si haut degré, en présence d'une scène si bien l'aile pour l'exciter.

« Nul ne saurait, après un pareil spectacle, mettre en doute la lliéorie de la fluidité ignée du centre de la terre. Toutes les causes de combustion (jui nous sont connues sont entièrement incapables de produire un elïet semblable. Le lac li(iiiilli)iiiiait comme une source, dont il ne différait que par la densité et la couleur du flnide.

« Il semble que les vagues de feu coulent vers le sud; cela provient de ce que, l'ébullition étant plus forte du côté du nord, les flots qui s'y forment se dirigent du côté opposé.

« Vers minuit nous retournâmes à nos tentes, très-fatigués ; mais l'émotion causée par une pareille scène nous empêcha de dormir. »

Au lever du jour, le IhermomètreFahrenheitmarquait 45 degrés, la vapeur avait formé des dépôts abondants près des crevasses. Ciitrouva quela lianieur du camj), à l'ouest du cratère, étail de 5,070 i)ieds. Ce jour-là on tira le canon et bientôt aprèson apprit ([u'une rébellion des indigènes venait menacer le succès de l'expédition. On fut donc forcé de différer le départ. Le docteur Judd découvrit pronqjtement les meneurs. L'un iTenlre eux avait conseilb'' aux portefaix d'exiger une augmentation de salaire. Comme le sort des voyageurs était à leur merci, leur disait-il, on serait obligé de les payer le double, et même davantage, s'ils le voulaient. On lit un exemple en le chassant immédiatement du camp.

Cette mesure produisit l'effet désiré : les autres se montrèrent loul disposés à marcher en avant ; mais, comme un grand

nombre d'entre eux avaient besoin de reposer leurs épaules meurtries, on leur donna l'assurance qu'on resterait quelque temps à cet endroit, pourvu qu'il ne s'élevât pas d'autre difficulté

Voyant qu'il ne pouv;iil nullement se fier aux iialiiiels, M. Wilkes envoya aussitôt Tordre au lieutenant Carr, resté à bord du Vincoines, de lui expédier aussi promptemenl que possible un détachement de cinquante lioinmes, avec leurs ofliciers, ainsi qu'un supplément de provisions.

Uuelques-uns des officiers procédèrent à une répartition plus équitable des fardeaux entre les porteurs ; d'autres firent des descentes dans le cratère.

Comme on se proposait de rester quelques jours à cet eudroit en descendant de la cime qu'on allait gravir, on se décida à différer jusque-là les explorations scientifiques. La première journée fut employée à reconnaître les sentiers du volcan et à prendre des vues qui devaient mettre l'expédition à même de juger des changements qui se produiraient entre les deux visites, car M. Wilkes ne pouvait s'empêcher de croire qu'il s'en produisait constaiument . On multiplia dans ce but les dessins, et M. Wilkes descendit sur la saillie noire de l'intérieur du cratère.

Le sentier qui y conduit est coupé d'abimes effrayants, qu'il faut quelquefois iVanchir sur une étroite langue de terre et sur des rochers suspendus à une hauteur de plusieurs centaines de pieds. La vapeur qui sort de ces crevasses se condense à la partie supérieure et nourrit des masses de fougères et uue grande quantité de petits buissons de

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vaccinium, portant mie pelite baie d'un goût agréaMe, ipie les naturels appellent ohela. Cependant la descente ne jnésente de diflicnlt('' réelle que dans quelques endroits, où il

lloclier (lu cratère do Kilaiiea.

l'aiil prciMli'e de grandes pi'i'eaiitions poiii passeï' sur di's niches liasaltiques, coiirusénieiit entassées k's unes Mir les autres.

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