‹ Les volcans et les tremblements de terreChapitre 20 sur 98 · I. A MO .\ I A ( ■ .\ I-: 1 1 K M A L .\ A L o A . 1 \C · texte numérisé non relu

I. A MO .\ I A ( ■ .\ I-: 1 1 K M A L .\ A L o A . 1 \C

Iji ;i|i|iriii'li:iMl lii' l;i ><'iillii' imlir. (|iii d'en liiiiil |iai';iil unie ri iiivch'c, un \(iil iiu'cllc ol l't'cmivcric dr iikhicimiix de hivc s'(''li'\aiil |iin- |ihicr> à iiiii' li.-iuli'iii' de Irciilc mi i|ii;ii;iiil(' })icds, cl (|iii soiubk'iil rclçiiiis ;i leiii' hase par d'éiioriuos masses tortueuses les eulouranl coiiiiiie des eàbles. A d'autres eiidi'oils, ees masses s'étendent loniiiliidiiialeiiiciil, et resseiiiblenl à de hideux serpents couverts d'éeailles vitreuses et noires, des interstices desquelles sort paifois de hi fumée et même du l'eu .

L'espace immense (|ue M. \\ilkes attiihiie an iialère se i-eiiiplit «graduellement d'nne masse lluiih' de lave, à \;\ pression ih' hujuelle ne jieuvenl plus résister, à un inonieni donné, h's murs de rochers (|ui sui'plomhent I^Miorine n'servoir. KHe s'ouvre ahirs une roule |iar une éruption ; mais, avant t|ue cela arrive, la partie voisiiu' îles |)arois du cratère s'est nu peu i-ei'roidie et reste lixée au niveau qu'elle a alleint. Après l'éruption, la masse centrale s'abaisse seule de ÔOU ou 4U0 pieds ; la portion solidifiée forme alors une soite de terrasse : c'est ce qui constitue la saillie }wiri\ l'un des traits les plus caractéristiques du cratère de Kilauea. La surface de cette saillie, à peu près égale partout, est en général recouverte d'une couche de lave vitreuse, quelquefois scoriacée, d un denii-|iouee à un pouce d'i'pnisseur, très-iris(''e el cassante.

Cette lave craque sous les pieds ; elle semble se décomposer facilement ; en quelques endroits elle avait perdu tout son lustre, avait pris une couleur grisâtre et était devenue friable. Il y avait une autre variété de lave vitieuse, unie et fia-

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yile ; celle-ci se présentait dans les tranchées et les crevasses, dont les parois étaient rugueuses et pleines de pointes aiguës et vitrées. Dans les anIVactuosités, on voyait de petites élevures qui, lorsqu'on les brisait, ressemblaient beaucouj) au fond d'une bouteille. Ailleurs il semblait (pie des fragments de verre à demi liquide eussent été jetés çà et là ; ces |iroductions volcaniques offraient des formes variées à l'inlini; elles étaient si fragiles qu'on ne pouvait ([ue très-difficilement les conserver. Au-dessous d'elles apparaissait la véritable lave basaltique, aussi dure ipie le granit, très-compacte, sans aucune apparence de cellules; elle était divisée en larges blocs, mais on ne vit aucun qui présentât une forme régulière.

Il y avait encore une troisième soilc de lave, de Icxliiic libreuse, de formation récente, et que Ton relire du i'oinl du cratère. Celle-ci ressemblait un peu à une pierre ponce noire, mais elle était plus dense.

Ce qui frappe particulièrement, c'est (pie l'un ne voit sur la saillie aucun débris de ces hautes parois perpendiculaires qui forment les murs d'enceinte des grands cratères. M. Wilkes et ses compagnons cherchèrent à se rendre compte de ce fait, mais la seule explication qu'ils trouvèrent ne les satisfit nullement. Elle consistait à supposer que la masse lluide s'était récemment élevée au point de recouvi'ir toute la saillie, et en avait entièrement liquéfié la surface.

La marche sur cette saillie n'est pas exempte de dangers : les personnes qui s'y aventurent doivent porter un bâton avec lequel on làte le périlleux sentier avant d'y poseï' le pied,

1; A M 0 N T A G iN t II I : M A L .\ A L ( t A . l 'Jo

CU11I1IH' si Tdii iiiiiicluiit sur uni' coiiclie de glace peu é})aisse. Les fiaqiu'iiii'iils de (■clic siiiTacc cassaiilc, analogue à une couche (le verre l)leu et jaune, i-essenilileul à ceux que lait entendre la neige gelée par un temps très-1'roid. De tous vntés se trouvent des cavités et des cavernes d'où sort un air chaud, d'une tenip(''iature de 120 degrés, qui vous suffoque; on passe sui' des hlocs qui semblent devoir s'écrouler sous votre poids, et vous entraîner avec eux dans le terrible abîme.

Lorsqu'on approche de l'extrémité du grand lac, la chaleur devient intolérable. M. Wilkes dit qu'il se souviendi'a toujours du temps qu'il y passa, cherchant un moyen de mesurer l'étendue et la capacité du lac, dont on parlera plus loin. Sur cette immense saillie, se trouvent de vastes bancs de soufre, des fissures desquels s'échappe continuellement beaucoup de vapeur. On voit dans ces crevasses de beaux cristaux adhérents aux parois, tandis qu'à la surface même, se Ironvenl des échantillons de sulfate de cuivre, en magnifiques cristaux bleus.

lin beaucoup d'endroits les voyageurs virent sortir une fumée bleuâtre, sentant fortenuMit le soufre, et laissant après elle des efflorescences d'une })oudre blanche, insapide, et qu'il était difficile de d(''tacher sans se bl'ùler les doigts. 11 y avait aussi beaucoup de crevasses dans lesquelles prenaient l'eu les bàloiis ipTon \ faisait pi'nétrer. Dans les profondeurs des cavernes iniV'ricnres cm voyait la roche incandescente.

La largeur de la saillie varie de 60(t à '2,000 pieds. Cette saillie est à 000 |iicds au-dessous du bord supérieur, et s'étend tout auliiui' du cratère; mais il n'est guère possible de

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passer sur la imilic la plus ('Iniitc cl pai' cuiisrijucul la plus voisine du lau de feu, uou-seulenient à cause des vapeurs siill'oeautes, mais aussi de la elialeur intense qu'il y l'ail. Pour revenir du voisinage du lac el remonter la pente du cratère, il ne fallul pas umins de deux heures d'une marclie pénible.

Au fond du cratère, à l'angle nord-ouest de la saillie noire, dont une partie s'était effondrée, se trouvait une descente en plan incliné qui paraissait d'abord assez praticable. Mais on reconnut bientôt combien il ('■tail diflicile de descendre par là jusqu'au lac de feu ; outre les crevasses qui traversaient le sentier, et qu'il fallait franchir, la croûte vitreuse était hérissée de pointes aiguës qui déchiraient les mains et cdiipaienl les chaussures. Le chien de M. Wilkes ayant suivi MM. Waldron et Drayton dans une tentative qu'ils tirent de ce cùl('', eut les pieds tellement blessés, que cette courte excuision dans le cratère valut au pauvre animal plusieurs jours de maladie.

Eulin, après bien des fatigues, les voyageurs atteignirent le fond du cratère. On reconnut jdus tard qu'il était à Ô84 pieds au-dessous de la saillie noire, ce qui portait la prcfondeur totale du gouffre à 987 pieds. La surface du terrain n'y était pas aussi unie (ju'elle paraissait l'être d'en haut. De petits monticules, de vingt à trente pieds de haut, la coupaient en maint endroit ; (piel([ues-uns d'entre eux étaient tellement |)er|)endiculaires, qu'il était diflicile de les francliir. 'Jiiant à la distance que parcoururent les explorateurs dans cette entreprise dangereuse, ils ne puicnl en juger (pie p.ir le temps qu'ils y passèrent; ils mirent plus de deux heures

|tniir ;ill(>r ilr l'i-xlrt'inih' du IWiid iiis(|ir;ni liitrd du !.'r;iii(l l.ic. Il (^sl (WlrriiiPiiiciit (lillicilc d'aiiiviM' ;i co lac, parce (|iril déborde à de courts iiilcrvallcs, sans donner à la masse flnide i|n"il l'ejelle le temps de se rc^lVoidir. On doit se tenir aune grande distance; car à '2,000 pieds du iiord, les chaussures hn'ilaient déjà, et les Itàtous des voyageurs s'enflammaient dans la lavi» rejelée pendant la nuit précédente.

M. Wilkes contempla le lac du liant d'une petite éminence; il était en action; des globes (si Ton peut appeler ainsi de grosses masses de lave rouge du poids de plusieurs tonnes), l'-laieiil lancés, à intervalles réguliers, à six ou huit pieds de haut; de plus petits s'élevaient à nue hauteur beaucoup plus grande. Â une distance de 50 pieds, on n'apercevait ni gaz ni fumée, si ce n'est une b'gèi'e vapeur s'élevant de toute la surl'ace.

D'abord, il semblait possible aux voyageurs de passer sur la surface solidifiée du hic puni' aiiiver à la partie fluide, bien que l'endroit où ils se trouvaient lût assez brûlant pour les obliger à étendre leurs bâtons sur la lave afin de se tenir dessus. Mais cette espérance s'évanouit promptement, car liienl('il la masse fluide commença à s'agrandir; puis survint un craquement suivi d'un jet de vive lumière rouge; au bout d'un instant, le courant de lave se faisait jour, entraînant dans la masse liquide nue pditiou de la surface solidifiée. Ces ph(''nomènes se produisii'eul à plusieurs reprises, jusqu'à ce que le lac eut atteint sa rive exli'rieure, à nue quinzaine de pieds de reiidrnit où se leiiaieut les explorateurs. Le guide leur dil .ibu'^ipril était leuqis de b.illre en retraite.

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John, le pilote, qui faisait fonction de guide, (Hait certain que l'on était resté assez longtemps et avait souvent l'épéh' quele fond du cratère n'ofi'rait plus aucune sécurilé, et (jue le feu couvrait souvent en quelques minutes une étendue de plusieurs hectares. En pareil cas, la mort serai! iiK'vilahle. «D'après ceque j'ai vu inoi-mènie, observe M. Wilkes, je crois que John avait parfaitement raison. D'ordinaii'c, le lac déhorde en bouillonnant, rejette une masse de lave, pnis reiilie dans ses limites les plus étroites. Le débordement dure rarement plus d'un jour. John et les naturels (jui (uil i'Iiabilude de venir en ce lieu avec des étrangers, racontent un grand nombre d'histoires sur les périls auxquels ils ont échappé. »

Les plus hardis se bornent généralement à un voyage au fond du cratère. Pendant tout letempsque l'on y reste, on se sent meiincé de la plus terrible des morts, on est en danger de se voir couper la retraite par le liquide en fusion. Cependant l'émotion même que ))roduil une situation si nouvelle, fait naître une hardiesse qui pousse à affronte)' h; |)éril.

Une des productions remarquables de ce cratère, c'est le verre capillaire, ou, comme on l'appelle dans le pays, « les cheveux de Pelé'. » On le trouve dans les crevasses comme des touffes de fine filasse ; il adhère également à tous les buissons (pii couvrent la plaine. Les fibres de ce verre offrent plusieurs degrés de finesse; les unes sont frisées ou recourbées en spirale, d'autres droites, avec de petites gouttes de

' l't'lr, iiii{> (li'-i iiniiilironsps (iiviiiitc''silosili>sSaii(1\vicli, iHail la ili'cssi' di's volcans.

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