‹ Les volcans et les tremblements de terreChapitre 2 sur 98 · I.p CunungSumhing · texte numérisé non relu

I.p CunungSumhing

Quelle est la cause de ces cnricnx |iliéiioinèiies? Avec M. Junghulin, (|iii les a si bien étudiés, nous pensons qu'ils sont dus à l'action des pluies torrentielles et périodiques qui fécondent et ravagent les contrées tropicales. Dans la sai-

MONTACN'KS VdLCAMnlKS. 13

soji (les moussons, les cmux (It'sciMnlciil avec impéluosiU'' du soumiet de ces montagnes, el elles liaci'iil des sillons autour du cône, dont la surl'ace se compose de cendres el de scories qu'elles peuvent cmpoitei' laeilement. A elia([iie iKnivellr averse, les traiiciir'es (Irvii'iniciil plus profondes, tandis (pie les bords qui les séparent s'élèvent dan-- la uièiiie piti|iiiiti(iii.

Lorsque le volcan est un eùiie bien régulier, eouuiie Ir Sumbing, les sillons, creusés par les pluies, rayonnent gracieusement autour du sommet et tbiment des plis d'une extrême régularité. <Juand on contemple la montagne au nu)inenl où la lumière du soleil nnuliant se joue dans ces mmibreux sillons, ou dirait que la cime du volcan est enveloppée dans un voile transparent, dont les plis auraient été arrangés par des mains humaines.

Si les pentes du volcan ne s'iuclinciit point d'une manière égale, l'eau qui vient du sommet se précipitera ici avec une violence extrême, elle creusera le sol et renversera tous les obstacles; tandis ({u'ailleurs, sur une pente plus douce, elle s'écoulera paisiblement, et laissera des traces moins profondes, mais plus régulières, de son passage.

En creusant, durant desaiiiK'es, timjours les mêmes sillons; en rongeant de siècle en siècle [onjuiirs les mêmes rochers, Feau des orages finit par user la jiaroi des ci-atères et par ouvrir (il' larges abîmes dans les llaïus du Vdlean.

C'est ainsi que le cratère de Merba bu, dont le feu est éteint depuis des centaines d'années, offre- une immense fissure, et que la montagne entière est sillonnée de lavins et de précipices.

Toile est, je crois, la cause des pliénomciiesquc préseiiteiil les volcans javanais. Mais si ce sont les eaux uni jii'ddiiiseut ces profondes entailles, ou s'étonnerait de ni' point observer des pliénonH''ues senililaldes dans quelques autres régions volcaniques, nolamment dans la zone tropicale. Aussi,

Le Jleib.iljii.

dans (piel(pu's volcans élevés d(^ rAnu'n'ique du Sud, la fonte suliite des neiges prodnit-elh^ des ellets analogues, et l'on constate surtout que dans les volcans de l'Amérique centrale, l'eau des pluies ci'ense souvent des sillons et des ravins seniMables à ceux (|uo Fou vient d'étudier, qiuii(ju"ils soient moins r(''"uliers.

Si le lecteur n'a |)as i(iniiii riiivernage des conlrées li(i|iicali';!;, il aura peut-être queli|iii' lu'iiu' à cniiiiireudre comiiii'iit ICau (les jiluics |uiil lalioiircr si |ii'iir(iii(l('Mnciil le so\ des régions volcaniques. Je cherche uu exemple et je n'en Iiimivc pas de plus IVappaut ([ue celui ulTeit par uu des volcans de r.Vinériipie centrale. Des que janrai ndiniin'' la ville de San SalvadiM-, celui (pii a voyagé dans ces contrées pressentira ce que je vais raconter.

San Salvad(U', la llniissanle capitale de la républiciue du même nom, est situé an pied d'nn grand volcan (jui s'élève à '2,700 mètres au-dessus de l'Océan. Au fond du cratère, qui a jjlus de 5,000 pieds de profondeur, se trouve un lac considérable. Peu de personnes ont osé descendre dans l'abluie, et celles qui ont tenté une fois la périlleuse entreprise ne voudraient pas la tenter de nouveau. Il y a quelques années, deux Français, ayant pénétré dans ce cratère, ue purent eu sortir; on dut envoyer à leur secours un détachement de la garnison de San Salvador, et ce ne lut point sans peine qu'on parvint à les retirer vivants de l'abîme.

Placée au pied même de ce volcan, dont les flancs sont sillonnés par de profonds ravins, la ville est bâtie sur un sol comjtosé entièrement des sables, des cendres et des fragments de pierre-ponce sortis des entrailles du volcan. Cette couche a plus de 100 mètres d"épaisseur et repose sur uu lit de lave conq)acte. vuinie par le volcan à Une éjjoque antérieure. Or, les ruisseaux et les torrents qui descendent du soninu't du volcan ont creusé dans ce sol friable d'immenses et profonds ravins, au jioint que les abords de la cité seraient

d'une (lilliciiltt' extrême, si dans quelques-uns de ees goulTies, on n'avnil pas pratiqué des passages, élevé des terrassements, ennsliuit des escaliers et même d'énormes parapets. La plupart de ces ravins sont d'une larij;eur considérable; d'autres, au contraire, sont tellenn'ut ('iroits, que lorsqu'on est à cheval, il est d'usage, en entrant dans ces ravins, de pousser des cris alin d'empêcher d'autres cavaliers d'y pénétrer en même temps du c(Hé opposé ; car le passage est parfois assez étroit pour que deux cavaliers qui s'y rencontrent ne puissent ni avancer, ni tourner leurs chevaux. En temps de guerre, cette capitale a dû plus d'une l'ois son salut à ces fortilications naturelles, qui i'atiguèrent la patience de l'eunerai, et olTrirent aux assiégés d'excellents moyens de défense'.

Par contre, ces mêmes eaux qui creusent autour de la ville les ravins protecteurs , lui occasionnent aussi d'immenses désastres, grâce à l'impétuosité et à la facilité avec laquelle elles emportent le sol léger et friable sur lequel elle est assise. Pendant une de ces pluies torrentielles, (|iii durent plusieurs jours l't que les habitants du i)ays ajpellenl des temporales, une des prin.cipales lues de San Salvadoi' lut inin('-e [larles eaux avec une telle rapidid', (pi'ar.cnii effort ne ]iut empêcher la catastrophe qu'on |ir(''voyait. En peu d'instants, la l'ue fut transforinée en un ininiense ravin, dans lequel fui'ciit pi'i''cipités les jardins et les maisons qui la bordaient des deux côtés. Pour l'viler de noi-

' S(jiiier, Soles on Central Amcrirn.

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