I.A MU.NTAGNK DE M AU N A LU A
verre au bout. On sent, en mangeant les baies du voisinage, les filanienls ([iii y adhèrent. Sous ItMenI du (M'atèro, le veiTc est si abondant que le sol parait, en certains endroits, recouvert de toiles d'araignées.
Là où les cheveux de la déesse Pelé abondent, on trouve en quantité une très-belle pierre ponce, d'une couleur jaune verdâtre, assez semblable aux petits fragments secs d'épongé iiiuivclie, mais assez légère pour être emportée parle vent. Le bord méridional du cratère est couvert de ce produit jusqu";! une certaine profondeur ; lesable qui l'y recouvre l'enipèclie d'être enlevé.
Les naturels employèrent la journée que l'on passa au \ nlcan à préparer leur nourriture. Ils utilisent, dans ce but, les crevasses de la |>laiiie (pii laissent échapper (h* la vapeur d'eau. Ils y mettent la viande et les légumes, recouvrent le trou de fougères, et bientôt la nourriture est cuite à point.
Toute l'eau que l'on boit dans ces parages est obtenue par la condensation de la vapeur d'eau, qui se rassemble et forme de petits étangs. Les indigènes qui composaient la troupe du marin américain cnldiiraii'iil cniiviaiiiiiiiMit ces réservoirs naturels d'eau douce.
« Pendant la nuit, le cratère était extrêmement beau ; nous restâmes pendant longtemps assis, à contempler le lac incandescent. Les ombres projetées par les murs du cratère semblaiciil atlciiidre leciel, et le faisaient paraître enfermé dans un sombre nuage. Mais en regardant plus attentivement, et en mettant ses yeux à l'abri di' la lumière éclatante du lac, on vdvait briller les étoiles.
•2(10 LF'iS VOLCANS.
« Vers los (jiuitre heures, nous entendîmes un grand Itniit dans la dircctiuu du lac; c'était une portion de la saillie noiio (]ui s'écroulait et disparaissait dans le gouffre.»
Le 18, au lever du jour, on donna le signal des préparatifs de départ, et connue toutes les dispositions avaient été mieux pi'ises, on espéra que la suite du voyage se ferait avec nn)ins (le difficultés. Les naturels semblaient être tous en bonne hu- Micur, cl marchaient joyeusement.
« Comme tous les camps, le nôtre avait été jusque-là encoml)ré de gens inutiles, mères, femmes et enfants, qui nonseulement nous embarrassaient beaucoup,. mais encore faisaient (le larges brèches aux provisions de nos homnu's. Comme nous craignions que la nourriture vint à manquer, le doctenr -Indd |)rit des mesures pour nous délivrer de tous ces hôtes incommodes; il y réussit, mais non sans peine, ni sans exciter de vifs murmures de lapait du beau sexe. »
Les voyageurs n'avaient consacré, cette fois, qu'une journée à l'exploration du Kilauea, qu'ils devaient revoir, et ils continnèient lenr marche ascendante. Ils furent obligés île traverser nne masse de matières vitrifiées que les guides s'étaient jiis(pi'alors efforcés d'éviter.
l/ean déposée par la condensation dans les petits étangs ilnnl on a paih', fut épuisée avant le départ du cratère. Les naturels en avaient rempli leurs calebasses, et l'on avait re- (•(MMinandé aux marins de prendre la même précaution ; mais ceux-ci, en vrais marins, aimèrent mienx courir la cliaiice (le renc(nilrer de l'eau sur la roule que de se charger à Tavance. ils s'aperciirenl iiienlùl (|u"ils avaieni eu grand Iml ;
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loiitolbis, ils ('sprrait'iil qu'à nue lieue plus loin ils Iroiiver.iieiil une vieille |»ir(iuue pleine d'eau. Lors(|u'uM y arriva, (Ui vil (|ue les naturels, après avoir reuonvelé leur provision, avaieni ri'pandu ee qui resfail.
Jpl (le lave lUi cratère terminal Mokou-à-veo-véo.
On marcha d'aliord pendant quelques lieues dans la direclion (le l'ouest, vers le sommet du Maunaloa, à travers la grande plaine qui entoure le volcan. Puis on dévia vers le sud en passant sur un ancien lit de lave, crevassé de toutes parts, ([ui paraissail u"avoir pas encore été foulé par le pied de riionune. On vil d'énormes blocs de rochers ou de laves vitrifiées. Il siillil, puni' les (liHiire, de dire qu'elles resseni-
l)loiit aux scories d'iiao fnndorie ; seulemeni, nii lion (i"rtiT grosses comme le poing, elles ont de I i\ 10 pieds carrés, o\ sont garnies de tous côtés de pointes aiguës. Elles sont . |iiiur la plupart, détachées les unes des autres, et ce qui les rend plus dangereuses encore, c'est que parmi elles se trouve une grande (pianlil(' (le lave vitreuse et hérissée détaillants. «Jamais, (lit M. Wilkes, on ne vit terrain plus difficile à traverser. »
Lorsque, après trois jours et trois nuits d'une marche p{''nilile et de souffrances inouïes, on atteignit le sommet de la montagne de Maunaloa, un vent violent du sud-ouest jetait encore au visage des voyageurs de gros flocons de neige. Le sol l'Iait couvert d'une couche de glace de plus d'un pied d'épaisseui-. (pii augmentait encore les dangers de la marche à travers ces masses énormes de laves et de rochers.
«Les rapports de ceux de mes compagnons qui m'avaient précédé et avaient à la liàte examiné rintt'rieur du cratère teriniiial, ilii M. Wilkes, me donnèrent lieu de croire ([u'il serait aisé de descendre an fond de la cavit('' et d'y camper. Mais, après avoir paicouiu une grande distance sur cette surface rugueuse, je vis qu'il était impossible d'opérer une descente. Je fus donc forcé de revenir sur mes pas et de clioisir pour notre camp l'endroit le plus uni {pic je pus liduver. Il l'tait déjà plus de (pialrc heures, et mes honniics n'avaicul plus (pie loit peu (le Iciiiiis pour s'en retoiinicr. \)i'- (pi'ils eureiil drcsvi' la tente, à environ 00 pieds du honldii (■i-,itèr(\ en se servant de grands blocs de lave pour assujettir les cordes, ie les renvovai sous la conduite du guide, et restai s(Mil avec mes scrvilciirs.