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commencemeni du siècle dernier; et quoique depuis eetle époque jusqu'à ce jour, ou n'ait déblayé qu'une partie seulement de ces villes, les recherches de M. Dufrénoy et celles non moins concluantes de M. Overbeck, permettent d'affirmer que les pluies de cendres boueuses qui ont couverl Pompéi ne l'engloutirent pas d'abord ; que ses habitants n'y furent point ensevelis soudainement, et qu'ils eureni le temps de sauver les objets précieux qu'ils possédaient, l'eul-ètre aussi revinrent-ils après la catastrophe pour enlever leurs richesses. La plus basse des couches qui recouvre lu ville, et qui parait avoir été remuée, le petit nonibie di' s(|uelettes et le peu d'argent monnayé qu'on y a trouvé, seraient des preuves à cette assertion. Plusieurs couches de déjections volcaniques se succèdent ; diverses éruptions oui donc, à plusieurs reprises, suivi la luême direction.
On peut se promener dans les rues de Pompéi et pénétrer dans ses maisons : on suit encore la route garnie de larges trottoirs et bordée de tombeaux ; on voit encore la trace antique des chars sur la chaussée pavée de larges dalles en lave. (J. Girardin.)
Toutes ces villes englouties étaient bâties de laves : en creusant au-dessous de leur sol, on trouve des couches de cette substance qui alternent avec des couches de tei're végétale dans laquelle on trouve des vestiges de plantes. Il est donc permis de croire que, même avant l'établissement de ceux que nous appelons les anciens, des peuples absolunu'.nl inconnus pour nous et même pour ces anciens, avaient habité cette terre, eu avaient été chassés pai' de violentes
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convulsions de la nature, [luis s'y étaient encore rassemblés longtemps après; toutefois les Grecs et les Romains n'avaient conservé aucun souvenir de ces formidables embrasements'.
Les laves que le volcan vomit durant ces âges inconnus se prolongent comme de gigantesques racines dans la plaine et dans la mer; sur ces laves sont bâtis des palais, des cabanes, des villages, des maisons de campagne et des villas st)niptueuses. Des jardins, des vignes, de fertiles champs les entourent; mais la magnificence même du spectacle fait naître dans Tàme je ne sais quel sentiment de tristesse et d'iiKluiétude. Sous ce sol si beau, si fécond, si riant, sont ensevelies des villes antiques, gisent engloutis des édifices, des jardins, qui furent plus beaux que ceux sur lesquels se promène aujourd'hui le regard du penseur : Portici repose sur Ilerculanum, ses environs sur Rétina ; un peu plus loin est Pompéi, dont aujourd'hui on déchire avec peine le linceuil qui la recouvre depuis dix-huit siècles. Avec Toscan, je me demande quel est l'attrait qui ramène sans cesse les hommes au pied du volcan, sur ces rives dangereuses ; avaientils raison les anciens, qui disaient que toute la côte était habitée par des sirènes?
La forme du Vésuve lui-même paraît avoir été altérée sensiblement par la catastrophe de l'an 79 de notre ère; tous les
' n. Tosinn, ÏSotices préliminaires.
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observateurs sont d'accord sur ce point, et les changements, quoique plus restreints, que l'on observe, de nos jours, après chaque éruption, viennent à l'appui de cette opinion. La montagne de la Somma, qui tire son nom de la petite ville située à sa base, entoure le Vésuve comme le fragment d'une enceinte colossale, disposition que l'on ne voit que dans les cratères en partie détruits. Entre le cône du Vésuve et la Somma qui l'embrasse, règne une profonde vallée dont la partie occidentale est connue sons le nom de l'Âtrio del Cavallo. Plus loin les pentes du Vésuve rejoignent celles de la montagne voisine et forment avec elles la continiialiun de l'arc de la Somma.
Celte conformité de stuetnre des deux montagnes, peu différentes de hauteur, etqui présentent deux cônes semblables, cette conformité a fait supposer que l'ancien soiinnel du Vésuve aurait été détruit à la suite de l'éruption dont on vient de décrire les terribles incidents. S'il en est ainsi, la montagne de la Sonnna serait, évidemment, la partie restée intacte du cratère primitif, au sein duquel se serait élevé le cône actuel.
Depuis la grande catastrophe sous le règne de Titus, jusqu'à l'époque présente, on n'a cessé de considérer le Vésuve comme un volcan actif, bien qu'il soit souvent resté en repos pendant plusieurs années consécutives. Sa plus longue période de repos que l'on connaisse, fut de cent trente ans, de 1500 à 16r)l. Pendant cet intervalle, sou cratère devenu accessible à une grande profondeur, était couvert de plantes et d'arbi-es majestueux. C'était une chose saisissante que de
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voir los animaux broutoi'iuiisibloiiieiit,ot les hommes couper (lu Ixiis (laus un gouffre d'où étaient sortis des torrents de llaiumes. Mais vers la lin ilo 107)0 le volcan s'enflamma de uiuivcau, et à partir de ci'lli' cpnque ses éruptions ont été plus IVi''i|U(^ntes. Souvent, dans le cours de cet ouvrage, nous avons nicnSiiinut' les plii'iKiniénes qu'ont oiïerts ses crises nombreuses et redoutables.
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1,1' viilcnii de Stronilidli lail p.iilie de ccl arcliiiiel MuqucI (111 (loiiiic le iKiiii (lUcs Lipari et aussi d'îles Eolieiuics ou Viili aniciiiics. C'est un groupe de peliles iles, silu(''es dans la [loiliou de la Méditerranée que les anciens appelaieid niei' Tyrrhénienue, comprise entre la côte occidentale de Tltalie, la Sicile, la Corse et la Sardaigne.
Ces iles jouent un grand rôle dan^ l'Insloire dt>s temps myilii(pu's. Les (irecs y plaçaient le séjour d'Éole, dieu des vents; ils y voyaient aussi les forges de Vulcain et le berceau de Diane chasseresse.
Lipara, la plus grande de ces iles, était fameuse dés la plus liante antiiiuité, pour la magnificence de sa capitale, les vertus de ses bains thermaux et le grand commerce d"alnn, lie soufre, de fruits et de poissons, qu'elle faisait avec tout le lilloral de la Méditerranée. Elle formait alors, avec ses voisines, un petit État indépendant qui, après avoir successi-
vemerit ;ip[)ai'ttMui à Doiiys le Tyran, aux Carthaginois el aux Romains, a suivi, depuis, la roilune de la Sicile.
Toutes ces iles du groupe Éolien oiTrent les vestiges d'une vidlcnlc action volcanique; elles ont, dans leur aspect et dans leur contour, je ne sais quoi qui rappelle au souvenir les délicieuses petites iles de l'archipel des Antilles.
Chacune d'elles présente, sur la côte septentrionale, un grand rocher isolé. Le pétrosilex forme la base de li'ur sol ; mais les influences volcanicpies ont l'ait subir à la roche primitive un grand nombre de modifications. Au-dessus de cette base s'étendent des couches de scories, de pierres ponces, de pouzzolanes et de cendres, semées de masses vitrifiées. Le terrain formé par cet ensemble de matières, d'origine volcanique, absorbe rapidement l'humidité. On n y trouve guère que de l'eau pluviale, que les habitants recueillent avec soin dans des citernes.
Aussi le bétail est-il rare; sur ce sol d'une nature si particulière, il n'y a que les chèvres qui prosiièreut. Mais le climat est excellent, et le terrain liicn cultivi' produit en abondance le raisin, les figues, les olives, les poires, le i)lé, les légumes.
Les habitants font un grand conunerce de vins et de raisins; ils exportent également des quantités considérables de bilume, de ponce, de soufre, de salpêtre, de cinabre, de corail, ainsi que du poisson. L'alun, qui faisait autrefois leur richesse, est devenu rare; on attribue celait à la diminution d'intensité des feux souterrains.
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Ces îles, (Itiiil l.i |ii>|Mil;ili(iii loiiiiiit (rrxcellcnts iiiariiis, sont ;iu nombre de treize; mais sept d'entre elles seulement sont habitées. Les géographes anciens lenr ont donné une liMilc (le noms; aujourdlini, on les connaît sous ceux de Lipari, Stromboli, l'anaria, Yolcano, Felicndi, Alicndi, Ustini et les Salines.
Stromboli, l'ancienne Strongyle, est la plus septentrionale de ces îles. Elle est formée, comme son nom liiidiqne, par mil' montagne conique. La base en est irrégnlière, et tonte la petite montagne, qui l'orme et l'ile et le volcan, est lianic de 7(1(1 mèlics et mesure environ 14 kilomètres de tour. Elle compte 1,200 habitants, la plupart groupés dans la ville d'inostra.
Alors même qn"on ne verrait point la Ibnrnaise qui brûle éternellement à son sommet, tout, dans sa configuration, indiquerait qu'elle doit son origine à un travail volcanique.
Le sol, extrêmement fertile, est composé d'un tuf argileux noirâtre, de scories et de sable. La culture principale est la vigne, qui donne nu des meilleurs vins de la Méditerranée ; on y trouve aussi du froment, de l'orge, des figuiers et même des cotonniers.
Inostra, la localité priiuMpale de Tile, est bâtie sur la poinle orientale. Les maisons, basses, à toiture plate, pour résister aux vents violents qui régnent l'hiver dans ces parages, n'ont lu-esque toutes qu'un étage. On y voit des vestiges de constructions anciennes et un grand nombre de tombeaux.
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La plage est cdLiverIc (riiii sable noir, luisant, L'oiii|)(isé de scories ferrugineuses qui lui donnent un aspect singulier. Elle se termine, en lace delà ville, par une pointe rocheuse, dans laiiiielle est creusée une vaste caverne désignée sous le iiuui de « Grotte des Phoques. » On attribue la formation de cette grotte à l'action corrosive des gaz et des eaux. Elle est longue de 28 mètres, large de 12 mètres à l'entrée et haute de plus de deux mètres. .\ (pichpie distance se dresse i\u milieu des eaux un rocher de 80 mètres de haut, entièrement formé de matières volcaniques, et que l'on appelle le petit Stromboli (Strombolino ou Stromboluzzo).
A piiitir de San Bartolo, l'une des paroisses qui forment la petite ville d'Inostia, jusqu'à la pointe de Sciarazza, toute la cote est formée par (h-s masses de lave. Entre ce promontoire et celui de Zarroza, inunédiatemcut au-dessous du cratère, où dans quelques instants je conduirai le lecteur, se trouve unecri(pK' dont la profondeur a longtemps exercé la sagacité des plus puissants penseurs de l'ile de Stromboli. La chose est, du reste, assez curieuse. 11 semble, eu effet, que les matières, rejetées pendant des siècles par le cratère qui la domine, auraient dû, sinon combler la crique entièrement, au moins élever considérablement le niveau du fond de la mer. Il n'en est rien. Ou remarque, au contraire, qu'alors que la profoiuleur des eaux sur tout le reste de la côte varie de 7 à 55 mètres, on trouve dans l'intérieur de la crique un fond de 80 à laO mètres. Après de longues et sérieuses délibérations, les sages de Stromboli se sont arrêtés à l'opinion qu'il doit se trouver^ à la base de l'ile, un gouffre qui absorbe conti^
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luielleiiiciil ll'^ iiialièi'fs vomies par le vdIcjui, el les ramèiio au cralôro par d'invisibles canaux.
Sans discuter celle opinion, chère à la population de IMIc, je crois avec Spallanzani ([ue l'explication de ce phénomène se trouve plutôt dans la nature même des matières [•ejetécs par le volcan. Toutes ces matières ne sont, en effet, que des scories spongieuses, qui se brisent et se désagrègent facilement, et donnent naissance à ce sable d'un caractère parliculier qui recouvre la plus grande partie de l'Ile. (Jes scories, précipitées dans une mer jjresque toujours houleuse, et dont l'agitation se fait sentir à une grande profondeur, sont facilement brisées par le choc des vagues ; leurs débris pulvérulents ne tardent pas à être dispersés et entraînés au loin par les courants. Il ne faul donc pas s'étonner si, malgré leur aftluence continuelle dans ce lieu, les scories ne parvieuiieiiL pointa le remplir. Toutefois, en 1757, le volcan vomit une quantité de scories tellement considérable, qu'il se loiiua dans cette partie de la mer un petit monticule ou, comme disent les insulaires, «une terre au milieu de la mer. » Cette élévation resta visible depuis le mois de mars jusqu'au mois de juillet; puis les tlots l'envahirent peu à peu. 11 liuil par disparaître. Or, ce monticule s'était formé à l'endroit même où les habitants prétendent que se trouve le gouffre sousmarin qui, dans leur pensée, communiquerait avec la fournaise de leur volcan.
On trouve parmi les roches de lave qui forment la côte un grand nombre de cavernes. L'une d'elles, située sur nue petite colline dominant la pointe de Lana, est surtout remar-
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(liiiihlc 011 oc que l'on y trouve (!ii aboiulaiicc le Inillaiil niiiirral aïKjuel on donne le nom de Ter spéculaire. Ce minerai est ^(''ii(''ralement disséminé dans les masses de lave sous la l'orme de petites particules ; on le rencontre aussi dans les tissures, eu lamelles eristallisées à belles couleurs irisées. Il ressemble à de l'acier poli, et mis eu présence de l'aimant, il donne quelques signes de polarité. La lave dans laquelle on le trouve ne diffère pas de celle dont toute l'ile est formée ; seulement elle est devenue friable, poreuse, et sa coloration a passé du gris au rose violacé.
L'ile de Stromboli est fameuse par la singularité de son volcan. Un voit l'Etna, ou voit le mont Ilécla, le Vésuve, liimiiense Cotopa.Ki et presque toutes les autres montagnes brûlantes, tantôt entrer en fureur, et lancer des matières enflammées, tantôt s'abandonner à un repos parfait qui dure plusieurs années, et même des siècles entiers ; mais les éruptions de ce volcan sont continues, sa fureur est permanente. Parmi tant de cimes embrasées qui hérissent la surface de notre planète, on en conqjte à peine douze qui offient le spectacle d'une activité incessante, continue; et Stromboli est le seul volcan où ce merveilleux phénomène a été constaté d'une manière certaine durant une longue série de siècles.
Quoique la bouche par laquelle le volcan vomit anjoiird'iiui la lave et le feu ne soit probablement pas la même qui était enllaunnée an temps d'Âristote, il n'est pas moins vrai que le volcan de Stromboli n'a jamais été en repos depuis cette époque, et qu'il brûle dans son cratère actuel depr.is plusieurs siècles.
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Kiilii' les diverses questions que Spallanziiiii lil -aux insulaires lorsqu'il visila Sirouiboli en IT.SS, il leur deuiaiida quelle ('tail la situai imi pn'cise du gouffre (|iii, dans Icui' souvenir le plus (''l(»ii;n(', jetail des flammes et lançait des pierres hrùlantes : tous lui assurèrent avoir toujours vu le cratère où il existe aujdiird'hui. Le naturaliste italien logeait dans la maison d"uu prêtre très-âgé, (jui non-seulement se plaisait à eonlirmer la v(''rit('' de ce l'ait, mais qui alh'uuait encore rautorili'' de sou père, mort octogénaire. Celui-ci lacontait à ses enfants cpTil avait appris des hommes le-- plu-. anciens de l'Ile, (jue le foyer était de leur temps à la même place qu'il occupe actuellement.
ifais voici un témoignage encore plus positif. A uiu' petite distance du cratère habitait un vieillard. De sa chaumièic toujours tremblante, toujours menacée, il voyait cluMpu' jet de feu qui sortait de la bnuche du volcan; des inorceaux de lave tombaient autour de lui; les flammes mêmes s'étendaient jusqu'à une petite vigne qui lui appartenait, et qui touchait à son habitation ; cependant il ne pouvait rabandoiuier, tant l'amour du lieu qui nous vit naître et l'habitude mit de pouvoir sur l'esprit de l'homme. Spallanzani adressa les mêmes questions au vieillard, qui donna les mêmes réponses eu y joignant les ti'aditions de ses ancêtres, qui avaient, comme lui, habité la chaumière.
On peut observer le cratère par deux chemins, soit au moyen d'une barque, en examinant ses jets depuis la mer, soit par terre, en gagnant le sommet de la montagne et s'approchant autant qu'il est possible des bords du cratère.