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ce préjugé ayant été coinbatlii cl di'lniil |iai- plusieurs Liparotes, (pii ii"a\aiL'iit reiiiaiipu' dans la l'uinée du cratère de Volcaiio, iiiliaimeiil plus abondantes que celles qui provenaient de la purilication du soufre, aiu-nn signe de cette inlluence mauvaise. Toutelois, l'exploilalion des mines de soufre a toujours été chose foii pénible à Volcano : le sol y est
chaud, à la surface ; la chaleur va croissant dans l'intérieur, et elle devient intolérable lorsqu'on atteint une profondeur de cinq à six pieds. M. Reclus, qui a visité ce volcan, nous assure qu'il n"y a aujourd'hui que six ou sept ouvriers chargés de recueillir le soufre du cratère, et que ces hommes forment toute la population permanente de l'Ile, qui a cependant une superficie de cinquante kilomètres carrés. L'usine dans laquelle on purifie le minéral n'est plus, d'après cet auteur, qu'un misérable hangar, dont la couleur se conlinid avec celle des roches environnantes ; quant aux ouvriers, véritables Troglodytes, revêtus de vêtements sordides auxquels la
2!t0 LKS VOLCANS.
poussière de lave donne la nuance de la rouille, ilsonl pour demeures les cavernes ouvertes de VoJcanello. Unelquesuns ont essayé de planter des légumes et des arbres, mais toutes les cultures ont dépéri, et, des plantations d'arbres fruitiers, il ne reste plus que deux ou trois liguiers, jtareils à des fagots de bois mort. Toutes les provisions nécessaires à l'atelier sont portées chaque semaine de l'ile de Lipari, et si par malheur la barque manquait un seul de ses voyages, la population entière de Volcano serait condanmée à mourir de faim.
Étant descendu dans le cratère, M. lieclus vit ces insulaires qui travaillaient dans le gouffre, qu'emplissait <.< un i)ruil incessant de soupirs et de sifflements. » Là, dit notre ami, ([uelques ouvriers, accoutumés à vivre dans le feu connue les s;daniandres légendaires, vont recueillir les stalactites de soufre don'" qui craquent encore dans la main p;ir rcllel de la ebaleur, et les lines aiguilles de l'acide borique, aussi i)i;iMclies (|ue le duvet du cygne.
Les matelots deStromboli, nous l'avons dit, consultent les fumées et les mouvements de leur volcan avant de se mettre en route ; ceux de l'ile de Lipari consultent de préférence Volcano, (pii est leur plus proche voisin. Insliuits par une longue expérience, les Liparotes peuvent, assurent-ils, prédire d'un jour à l'avance le beau ou le mauvais temps et lèvent qni doit souffler.
Dans un curieux ouvrage de don Salvador Lapareuri, imprimé à Palermeen 1701, se trouve consignée une série d'ob-
vdi.cANo i;ï V(ii.(:a.m:i.i.(i. 'J'ji
sLTvalioiis fciilcs, |ii'iiil;iiil dix iiiis. |>;ir un iii;iiiii liparole, luiiiHT lîossi. A ri'iM)i|iic de ces observations, le iiinnl Xolcaiio
aiiiionçait le cliangc m de temps vingt-quatre heures avant
son arrivée, par un certain lirnil exti'anrdinaire, seniblaiile à relui d'un lonuciic lointain. « Si l'on lait attention à la lunu''!' (|ui soi'i alors avec plus d'ahondanci', dit liossi, ou counailra de quel côté doit souiller le vent, par sa plu-^ on moins grande densité , par sa couleur plus ou moins obscure qui provient de la qualité et de l'abondance de la poussière ipii jaillit avec elle, cette i)oussière étant (inelquelbis lilainlie ei quelquefois grise ou nuire.
« Lorsque le vent doit tourner au sud, la l'umée est épaisse et noire; elle s'élève à une si grande hauteur qu'elle répand partout l'épouvante; on entend des mugissements accompagnés quelquefois de secousses capables d'effrayer ceux-là même qui y sont le plus accoutumés.
« Quand le vent passe au nord, la lu niée s'élève doucenu'ut ; elle est moins dense, elle est parfaitement blanche, et quand elle se dissout, elle laisse tomber une poussière de la même couleur. Les mugissemenls ne sont jias aussi forts et les secousses n'ont pas lieu.
« Mais si le vent doit tourner à Test, la montagne gronde sourdement ; elle jette des fumées études cendres grisâtres ; de temps en temps, elle éclate avec un tel bruit (pie l'on ledoute alors quelque tremblement de terre.
« Enfin le volcan prédit que le vent passera à l'ouest quand il s'élève des nuées de fumée d'une couleur plombée, qui versent des pluies de cendres de même couleur. »
Spallanzani, qui lil connaître ces faits, leinarque que, pendant son séjour dans i'ile de Yolcano les vents soufflèrent parfois avec violence et changèrent souvent de direction, mais qu'ils ne furent ni précédés ni accompagnés des mugissements et des tremblements de terre dont parle le Liparote. 11 ne vit pas non j)lus les épaisses fumées et les pluies de cendres. Une fois seulement, (juc le vent de sud-ouest, après avoir soufflé impétueusement, commençait à s'apaiser, la colonne de fumée, qui sort delà caverne du cratère, s'accrut démesurément.
Au surplus, les anciens croyaient, comme les Liparotes d'aujourd'hui, que les changements de temps pouvaient être prédits j)arla diversité des fumées dece volcan.
Polybe, l'historien, qui recueillit probablement ses renseignements de la bouche de marins liparotes, comme ht Spallanzani, vingt siècles plus tard, Polybe dit que, lorsque le vent du sud devait souffler, l'Ile de Yolcano se voilait d'un nuage fuligineu.x qui dérobait la vue de la Sicile. Etait-ce le nord, des flammes pures brillaient au sonnnet du cratère, et des mugissements plus terribles se faisaient entendre.
On le voit, les feu.'cde Yolcano sont très-anciens, puisqu'ils brûlaient cinq siècles avant l'ère chrétienne, époque où vivait Thucydide, qui raconte que l'on appelait le feu de ce volcan, le feu sacré, parce que les insulaires, voyant cette île enflammée la nuit et fumante le jour, croyaient que Vulcain y avait établi ses forges; ils lui donnaient le suiiioni de sainte, lep. Aujourd'hui le feu sacré des forges de Yulcain parait éteint;
c'est à peine, comme l'assurent tM M. Fouqué et mon ami, M Elisée Reclus, c'est à peine s'il manifeste encore sa puissance par quelques grosses bouffées de fumée. Aussi, M. Fouqué, et, je crois aussi, M. Charles Sainte-Claire Deville, no voient-ils dans ce cratère, jadis si redoutable, ([uiin volcan mourant. Mais il ne faut point trop s'y fier : il y ;i l;'i un immense brasier; et je ne serais point étonné si, à l'instar (le tant d'autres A-olcans, le monstre assoupi se réveillait soudain et jetait Tépouvante an sein des paisibles Lipal'otes.