IV. MONT ETNA
s'est organisée récemment dans lo Imt d'abattre les vertes Ibrèts, et le jonr est peut-être proche où lo vaste flanc de la montagne, aujourd'luii une des plus belles régions de la terre, sera transformé en un désert aride.
C'est au iiiilii'u de ces arbres divers que se trouve le célèbre châtaignier connu sous le nom de Chtâtaignier aux cent chevaux [di cenlo caralli), que l'on considère comme l'arbre lo plus vieux du continent. 11 y a nue viugtaine d'années, le corps de ce vieillaid l'Iail t'ornié de cinq grands troncs et de deux petits; c'étaient plutùt sept individus distincts, mais les Ktnéens affirment que cette antique gloire de leurs forêts ii'i'tait aulii^fois ([u'uu seul tronc aujourd'hui divisé par son extrême vieillesse. Ce qui semble venir à l'appui de leur assertion, c'est que tout l'intérieur du cercle r(inM(' par la réunion des troncs subsistants est complètement ih'pouillé d'écorce. On voyait naguère, dans l'intérieur, les ruines d'une cabane dans laquelle on entassait les fruits du châtaignier. L'amiral Smyth affirme que le plus gros des troncs avait 58 pieds anglais de circonférence, et que l'ensemble des sept troncs, que l'on prétend être reliés par des racines communes, n'avait pas moins de cent soixante-trois pieds de tour. L'année dernière, M. Elisée Reclus constata qu'un chemin creux passe aujourd'luii à l'endroit où s'élevait jadis la partie centrale du gigantesque châtaignier; les eaux d'orage approfondissent chaque année le chemin aux dépens des racines; de leur côté, les paysans travaillent à la destruction des derniers vestiges du colosse; ils carbonisent la hase du Ii(nic en v allumant du feu; ils eu évi-
ÔOO LES VOLCANS.
dont l'intérieur nlîn de préparer un plus commode asile à leurs brebis.
Ce châtaignier n'est pas le seul arbre gigantesque de cette zone; on en trouve non loin de lui quelques autres d'une taille remarquable. Cette riche végétation est due probablement à la grande quantité de particules uitreuses contenues dans le sol et dans les lumées du volcan.
La température de la région boisée est infiniment plus douce que celle de la zone fertile. Il est peu d'endroits aussi pittoresques et aussi agréables. On trouve au milieu des fourrés un assez grand nombre de grottes, dont quelquesunes sont très-spacieuses. L'une d'elles, désignée sous le nom de grotte des chèvres, Spelonca délie Capriole, était autrefois bien connue des voyageurs, qui ne manquaient pas d'y faire une halte et y passaient même fréquemment la nuit, pour se trouver, au lever de l'aurore, plus près du terme de leur excursion. Mais cette grotte a été négligée depuis la construction d'un abri ]Aus confortable élevé un peu plus haut, et connu sous le nom de maison des Anglais.
Cet édifice, construit aux frais des officiers de la station navale britannique, est situé dans la zone déserte, immédiatement au-dessous du cône de l'Etna, et par conséquent exposé à tous les dangers. Non loin de là se voient encore les traces d'une construction en l)riques qui porte, à tort ou à raison, le nom de Tour du Philosophe. On en fait remonter l'origine à F,in]iédocle, philosophe pythagoricien ([ni vivait vers laii iOO avant .L'sus-Christ, et se serait, iraprès la tradition, (■■labli en ce lieu pour étudier de près les phénomènes volca-