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de cetlo |il;iiiic, le plus souvent se trouvent des nidiiliciiles de scories et (le cendres, au sommet de chacun desquels ou voit une large ouverture. Les flancs de ces cônes sont coupés par plusieurs crevasses d'où S'échappent par intervalles des massesde lium'ivcu même temps que des bruits souteniiiiis se font entendre. Parfois aussi une légère vapeur s'i'iève de tous les points de ce profond amphithéâtre. 11 est rare (pi'oii puisse descendre dans le gouffre, car des jets de cendres qui se succèdent rapidement et les fortes vapeurs sulfureuses qui sortent de l'abîme, opposent souvent un obstacle insurmontable à la curiosité du vovageur.
Au pied même du cône terminal se trouve le Piano del h.igd, la plaine du lac, ainsi nommée des neiges fondues qui v Itirniaient autrefois une lagune; celle-ci, voisine du cratère, fut un jour desséchée par un toi'rent de feu et comI)lée par les laves. La vapeur, portée par un veut fiais, soufflant presque constamment du sud, descend de ce côté de l'Etna, et, se condensant en eau, elle creuse de petits sillons que les pluies transforment en ravins. Plus loin, ces crevasses deviennent tellement grandes, qu'elles paraissent plutôt devoir leur origine à quelque grande convulsion de la nature (ju'à l'action prolongée des neiges ou de la pluie. C'est giàce à ces ravins qu'on a pu connaître, en ])artie du moins, la structure intérieure de l'Etna.
La plus grande, la plus formidable de ces crevasses, c'est le Val del Bove, immense précipice qu'on ne saurait contempler sans effroi. Du haut des rochers qui surplombent cet énorme ravin, le regard plonge dans l'abîme jusqu'au cœur
:m LES VOLCANS.
même de la moiitagiie. On \ voit les couches superposées des laves qu'a vouiies l'Etna durant les siècles; et, de même que pour évaluer l'âge de quelque colosse du monde végétal on compte les cercles concentriques de son tronc, de même l'on voudrait compter ces couches de lave pour supputer l'âge du géant sur le liane duquel ou chemine péniblement. 11 est probable, il est même indubitable qu'à une époque immémoriale, l'Etna avait une bouche ouverte sur quelque point de l'emplacement où se trouve aujourd'hui le précipice ; nuiis cette bouche s'étant obstruée, la lave souterraine aura brisé la paroi de la montagne, et peu à peu les neiges et les eaux auront achevé de creuser l'abîme.
Quoique l'Etna soit un des volcans les plus accessibles, ses abords ne sont pas toujours exempts de danger. C'est ainsi que l'amiral Smyth, après avoir contemplé le cratère terminal, ayant voulu explorer le Piano del Lago, le sol trembla tout à coup sous ses pieds, un bruit terrible se lit entendre, et d'épais nuages d'une lourde fumée roulèrent sur les flancs du cratère, tandis qu'une colonne plus légère s'élevait verticalement; des éclairs sillonnaient en tous sens cette dernière. Le peu de temps qui s'était écoulé depuis sa sortie du cratère prouva à M. Smyth qu'il venait d'échapper à un danger terrible. 11 lut même obligé de quitter au plus vite l'endroit où il se trouvait, et malgré toute la célérité qu'il mil à opérer sa retraite, il ne put échapper à un nuage humide (piilui lut extrêmement désagréable. Pendant quelque temps, les secousses furent tellement violentes que ses compagnons et lui craignaient à chaque instant que le cône tout entier ne s'en-