I.K MONT ETNA. ÔOl
gloutit dans le gouflVo de fou, comme cela parait être arrivé plusieurs ibis. Pourtant, moins de deux heures après celle épouvaiilalile erise, le calme élait rétabli; l'orage avait cessé dans rinti'rieur du cratère et l'atmosphère avait repris sou étal habituel.
Les éruptions de l'Etna sont, en général, précédées de nuages dune lumée épaisse traversés par des éclairs, de sourdes détonations et de tremblements de terre qui souvent jettent l'alarme jusqu'à Messine. Ces phénomènes ont l'ail donner au pays que domine l'Etna le nom significatif de Val Demone, Vallée du diable. Ces commotions continuent jusqu'à ce (pie le gouffre intérieur soit rempli de matières en fusion, et la grande hauteur du cratère s'opposant, le plus souvent, à ci' que les masses incandescentes fassent irruption par son ouverture, elles s'ouvrent une route à travers les parties de la montagne qui leur opposent le moins de résistance, et donnent naissance à un ou plusieurs cratères par lesquels sortent des roches enflammées, des scories et des cendres incandescentes qui, lancées à une hauteur souvent incroyable, retomi)ent de tous côtés en semant partout la mort et la désolation. Ces bouches latérales sont extrêmement nombreuses dans la région boisée aussi bien que dans la zone fertile. Lesnuitières qu'elles vomissent forment pruniptement autour d'elles des montagnes, hautes parfois de jilus de mille pieds, et dont la plupart ne tardent pas à se revêtir de la plus riche végétation. L'éruption ne se prolonge ordinairement pas au delà de quelques jours; mais il en est qui ont duré des mois entiers ;
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la dernière crise du géant, celle de l'année 1S65, quoique peu violente, a duré plusieurs mois. La montagne qui se forme autour de ces orifices prend parfois des proportions colossales; (juelques-unes ont jusqu'à douze kilomètres de circonférence.
Un torrent délaves sort des flancs delà nouvelle montagne à mesure qu'elle s'élève, et, gli,ssanl rapidement sur la pente de l'Etna, engloutit tout ce qui se trouve sur sou passage. Mais, à mesure que la surface incandescente se refroidit, la rapidité diminue, et le mouvement du ruisseau de feu devient presque imperceptible. Enfin elle s'arrête cl se solidifie complètement.
On compte plus de quatre-vingts de ces volcans qui sont sortis des flancs de la grande montagne. Toujours leurs bouches se sont fermées après l'éruption ; toujours ils se sont éteints peu de temps après leur naissance. Seul, le vieu.x Titan ne cesse d'affirmer sa force et sa puissance au milieu du groupe inaninu' de ses nombreux enfants.
Malgré les ravages qu'ils occasionnent, les torrents de lave sont, dit-on, moins redoutés des habitants que les torrents deau bouillante provenant de la fonte des neiges. Ceux-ci sont infiniment plus rares ([ue les premiers, mais leur vapeur, comme celle des teriibles éruptions des volcans islandais, consume la chair des personnes qu'elle atteint, sans endommager en rien leurs vêtements.
Un phénomène de ce genre eut lieu en 1755. La montagne fut secouée de fond en comble, il y eut des mugissements 1er-