‹ Les volcans et les tremblements de terreChapitre 42 sur 98 · F.E MONT ETNA · texte numérisé non relu

F.E MONT ETNA

car il avait mérité bien davantage le supplice éteriip) : «Certainement, me répondit le Sicilien. »

On trouve dans les environs du mont Etna un nombre considérable de cours d'eau ou de lacs qui méritent une mention spéciale. C'est d'abord le Fiume Freddo, rivière froide, si célèbre dans la fable d'Acis et de Galatée. D'après les poètes (le l'antiquité, c'est à l'endroit où cette petite rivière prend sa source qu'Acis fut tué par le géant Polypbème, dans un accès de jalousie. Les dieux, touchés de compassion, changèrent le malheureux berger qu'avait préféré la naïade en une rivière qui, jaillissant d'un rocher, semljle encore frappée d'épouvante par la voix du terrible cyclope et va se jeter dans la mer après une course rapide d'un kilomètre et demi.

« Quel était donc ce géant Polypbème, s'écrie M. Reclus qui sait toujours si bien dire ce que voit son esprit, quel était donc ce grand cyclope qu'Homère nous a dépeint ? N'élait-ce pas le gigantesque Etna lui-même, dont le cratère brille pendant les éruptions comme un œil ouvert au sommet de la montagne? Quand le monstre « aux voix nombreuses » rejette les laves de ses flancs, il engloutit des ruisseaux sous des amas de pierres, comme il le lit autrefois pour Acis; quand il agite sa masse énorme, il fait tomber du Ii;mf lies falaises des pans de roches qui deviennent des îlots et des écueils.» Les eaiix du Fiume Freddo sont d'une limpidité extrême, et tellement froides, qu'il est dangereux d'en boire. Ce danger peut provenir aussi de l'acide sul l'inique iliiiit elles sont imprégnées. Les naturels assurent quelle ne

r.lO LES VOLCANS.

gèle jamais, bien que souvent ses ondes soient plus froides que la glace même.

A l'est de ce cours d'eau se trouve l'Alcantara, l'une des plus grandes rivières de la Sicile. Elle prend sa source sur le flanc septentrional du mont Etna, qu'elle longe sur une étendue de près de cent kilomètres, et doit son origine à la fonte des neiges. Elle traverse dans son cours plusieurs couches de lave fort anciennes qui ont dû modifier à plusieurs reprises sa direction.

Au nord de la montagne se trouve un lac qui a quatre à cinq kilomètres de tour, et reçoit plusieurs cours d'eau assez considérables. Chose remarquable, il no déborde jamais, bien que ses eaux n'aient aucun débouché visible. On croit que c'est lui qui alimente la rivière Acis, dont les propriétés seraient dues aux minéraux et aux sels qui abondent dans les cavernes souterraines, si nombreuses dans ce sol tourmenté.

Ihi grand nombre de cavernes creusées dans les flancs de la montagne sont tellement froides qu'il est impossible d'y séjourner. Les paysans en font d'excellentes glacières, dans lesquelles ils conservent la neige pendant les plus grandes chaleurs.

Une de ces grottes porte encore le nom de Proserpine ; les anciens prétendaient que Plutou était rentré par là dans son royaume après avoir enlevé la fille de Cérès. Ovide nous peint la déesse des moissons cherchant son enfant, à la lueur de deux arbres qu'elle avait arrachés sur la muiitagne et qui lui servaient de torches. Si ma mémoire me sert bien.

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