‹ Les volcans et les tremblements de terreChapitre 44 sur 98 · LE PIC DE TËXÉRIFFE · texte numérisé non relu

LE PIC DE TËXÉRIFFE

L'ile de TéiiérilTe est formée par une grande et haute montagne; c'est un immense foyer volcanique. A une hauteur do 2,500 mètres, une rangée de rocs gigantesques taillés à pic entourent, ou plutôt forment un cirque immense, d'une figure ovale, et dont le grand axe ne mesure pas moins de douze kilomètres. .\u centre de cet immense et antique cratère s'élève le pic proprement dit. C'est un cône de 3,600 mètres de hauteur, en mesurant du fond du grand cratère, et de 4,600 mètres au-dessus de l'Océan . De chaque côté de ce pic sublime se trouvent deu.K autres cônes moins élevés et qu'on appelle, l'un, la Chahorra, et l'autre la Montana Blanca. Quoique beaucoup moins élevée que le pic, qui est la cime suprême du volcan, la Chahorra supporte un cratère beaucoup plus vaste et plus profond que celui qui se trouve au sommet. C'est de la Chahorra que sortit, en 179!S, l'énorme torrent de lave vitreuse qui ravagea la contrée.

324 LKS VULCAiNS.

La cime du j»ic de Téaériffe est couverte de uei^e, et h surface du volcan, jusqu'au-dessous du grand cirque, se compose de cendres, que sillonnent, comme des lleuves i)é- Iriliés, des coulées immenses d'une lave noire et vitreuse, qui a été vomie parle cratère terminal.

Aussitôt après la conquête de cette lie, les Espagnols lui donnèrent le surnom d'infernale, à cause de la fréquence et de la violence des phénomènes volcaniques qui s'y produisaient. Avant eux, du reste, les indigènes avaient appelé Echeyde, enfer, le pic gigantesque (jui les menaçait constamment.

On ne saurait gravir ce pic sublime sans remarquer la transparence de l'atmosphère, sans admirer l'azur éclatant du ciel, plus bleu que le ciel delà Sicile. La cause en est probablement dans la sécheresse de l'air, qui passe sur les déserts immenses de l'Afrique avant de s'épancher sur les îles Canaries. Du sommet du pic l'u'il embrasse un espace conipaniblc à la superficie de l'Angleterre; c'est une vue unique, plus étendue, sinon plus variée que celle dont on jouit de la cime du volcan sicilien. Aux pieds du spectateur se trouve l'ile de Ténériffe, parée d'orangers, de palmiers et de gracieuses cités; tout autour, des iles qui se ressemblent, et qui cependant offrent des aspects différents, surgissent des flots comme un groupe de sœurs; plus loin, l'oi-il plane sur l'immensité de l'Océan; plus loin encore apparaissent à l'horizon les côtes boisées de l'Afrique, et, au delà, les lignes dorées du désert de Libye.

La plus ancienne éruption que l'on connaisse de ce volcan, eut lieu au quinzième siècle. Une chronique, citée par Hum-

Page 1