‹ Les volcans et les tremblements de terreChapitre 47 sur 98 · LE TAAL · texte numérisé non relu

LE TAAL

I/ilo (le Luçon, l'ile principale de l'archipel des Philippines, est une des plus belles du monde ; elle est également une des contrées dont le sol est entièrement volcanique ; on V voit des montaanes encore bridantes, de nombreux ( latères éteints; partout se montre la marque du feu souterrain.

Le plus remarquable et le plus célèbre volcan de Luçon. c'est le Taal, qui s'élève du milieu du lac Bongbong ou Boml)ni\. Cette lagune a environ douze lieues de circuit; à quelque distance du rivage, elle est, dit-on, d'une insondable profondeur. Les requins et les caïmans y abondent ; quant à l'eau, elle est potable, quoique un peu saumàtre. Cette lagune communique avec la mer de Chine, par une rivière autrefois navigable, et dont le parcours est de deux lieues environ.

Le eratèri^ ressemble :'i un vasie cinjue et conliciil

une eau sulfureuse jaunâtre souvent en ébullition, dont le niveau paraît être le même que celui de la lagune. Au sud, se trouvent des collines, composées presque entièrement de soufre et qu'entoure une ceinture de rochers formant un nouveau cratère dans le cratère principal.

La première éruption du Taal dont il soit fait mention, date de 1716, mais la plus terrible est celle de 1754, dont Juan de la Conception a donné une relation dans son Histoire des Philippines.

Le volcan paraissait éteint depuis longtemps, et on se livrait en toute sécurité à l'extraction du soufre qu'il renferme, lorsqu'au mois d'août de l'année 1754, il commença à lancer de la fumée, bientôt suivie de flammes. La panique fut portée à son comble lorsqu'on vit le cratère rejeter des quantités considérables de sable, de cendres, de boue et d'eau. Les ténèbres, les éclairs, un bruit souterrain effroyable et de violentes secousses alternant sans interruption, rendaient encore plus terrible cette scène de désolation. La ville de Taal, située à cette époque sur les bords de la lagune, fut entièrement détruite, ainsi qu'un grand nombre de villages. En même temps, l'orifice du cratère s'agrandit et il s'y forma un nouveau gouffre; la lagune elle-même se ressentit de la fureur du volcan; ses eaux furent agitées tumultueusement, et elles devinrent tellement chaudes, qu'on pouvait à peine y plonger la main. A Manille, éloignée de plus de vingt lieues, on entendait des détonations semblables à celles de la grosse artillerie.

Page 1