‹ Les volcans et les tremblements de terreChapitre 48 sur 98 · LE TAAL · texte numérisé non relu

LE TAAL

Les éruptions ont perdu peu à peu de leur intensité, et paraissent même avoir complètement cessé depuis une vingtaine d'années. On croit que ce volcan a des communications souterraines avec la haute montagne de Mainit, située à cinq lieues du lac do Rdinbon. M. do la Gironière, qui a longtemps habité ces parages et qui savait observer les phénomènes de la nature, pense que cette montagne pourrait bien, à une époque prochaine, se transformer en un énorme volcan. Elle menace continuellement de faire éruption ; à son sommet, plusieurs crevasses laissent parfois échapper de la fumée et souvent des flammes. A sa base, dans les parties baignées par les eaux du lac de Bay, surgissent de nombreuses sources thermales, à la température de l'eau bouillante. Toutes ces sources se jettent dans les eaux froides du lac, et dégagent une si grande quantité de vapeur, qu'à une petite distance, cette partie du lac parait dans une ébiillition continuelle.

Au sud de la ville de Cavité, le terrain s'élève graduellement jusqu'aux hauteurs qui dominent la lagune de Bongbong, d'où surgit le Taal. Le cratère, dont le diamètre mesure environ une lieue du nord au sud, parait avoir subi de nos jours de fréquentes transformations. En effet, lorsque M. Hoffmann le visita, deux cônes de cendres percés de plus de trente ouvertures s'élevaient du centre même du cratère, tandis que M. Monténégro, qui vit le gouffre quehpies années après, signalait la présence de quatre petits monticules d'où s'échappait une épaisse fumée exnalant une forte odeur d'acide sulfurique.

Ces jets de fumée ont lieu principalement pendant la saison des pluies, c'est-à-dire de juillet à octobre ; ils sont toujours accompagnés d'un bruit souterrain semblabli' aux mugissements des vagues, et qui se fait entendre parfois à une distance de plus de douze lieues.

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