‹ Les volcans et les tremblements de terreChapitre 50 sur 98 · LE MONT A RABAT · texte numérisé non relu

LE MONT A RABAT

tières volcaniques qui s'échappaient du cœur de la montagne avec une violence inouïe. Les blocs rejetés atteignaient parfois un volume considérable ; quelques-uns pesaient plus de 500 quintaux.

L'éruption avait duré à peine une heure, mais lorsqu'elle cessa, le village d'xVrguré avait disparu, le grand monastère, célèbre dans toute la chrétienté était englouti, les champs étaient détruits, et toute la i)opulation avait ])i'ri.

Le Mûict Aiaial.

Ce tremblement de terre lui un des jilus terribles qui aient, de mémoire d'homme, ravagé cette partie de l'Asie. Ile nombreuses fissures se formèrent dans le voisinage de l'Araxe et (lu Karasu, et il en s<irtil des gaz, de l'eau, du sable el de la

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terre, et du sein même de la rivière s'élevèrent des vapeurs dont la chaleur faisait bouillonner les eaux sur une grande étendue.

Les ravages occasionnés par le fléau furent énormes, surtout dans les pays à l'est et au sud de l'Ararat. La ville d'Erivan, voisine du foyer de l'éruption, ne souffrit que fort i)eu. tandis que la ville de Makau, en Perse, et le village de Bajasid, en Turquie, furent entièrement détruits.

Après un intervalle de quatre jours, le volcan éclata de nouveau, et un malheur, plus grand peut-être que la première catastrophe, frappa le pays. Le cratère , après l'éruption, avait formé un vaste gouffre qui fut bientôt comblé par les eaux provenant des pluies, de la fonte des neiges, et d'un torrent descendant de la montagne.

Le poids de celte masse liquide rompit la digue que lui opposaient les pierres rejetées lors de l'éruption, et l'élément destructeur se répandit dans la plaine avec une puissance effroyable. Les eaux boueuses envahirent le lil du Karasu, dont le cours tut immédiatement changé. La partie du territoire d'Arguré, épargnée par la première éruption, fut entièrement couverte d'une boue visqueuse, entraînant avec elle des fragments de roches, des troncs d'arbres et des cadavres humains.

On manque de données Iden précises sur cet événement, qui se renouvela à trois reprises différentes. En effet, les rares survivants de la première catastrophe avaient pris la fuite, et le pays était du reste inaccessible, par suite de la couche de vase qui le recouvrait.

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