FORMATION DES VOLCANS
L;i leclierclie des lois qui président à la formation des montagnes volcaniques constitui' un des problèmes les plus importants de la science. Elle a soulevé une guerre scientifique des plus vives, et je crois que du choc des opinions a jailli une lumière suffisante pour éclairer un des ])ointsles plus intéressants du vasie domaine de la géologie.
La théorie qui a itrévalu récemment, et qui chaque jour rallie sous sa bannière de nouveaux combattants, enseigne que la montagne volcanique s'est formée par les substances rejelées durant ses propres éruptions.
Cette manière de voir est complètement opposée à la théorie des cratères de soulèvement, théorie proposée parLéopold de Buch, défendue avec force par Alexandre de Humboldt, avec opiniâtreté par de nombreux et illustres géologues. De nos jours, elle règne encore en France; mais elle perd du terrain en Allemagne, où cependant elle avait pris naissance,
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et, en Angleterre, elle a perdu tout son prestige, grâce aux efforts de M. Charles Lyell et de M. Poulett-Scrope, qui la combattent avec ardeur.
Les promoteurs de la théorie des cratères de soulèvement ne s'accoi'dent pas toujours dans l'exposé qu'ils font de cette théorie; aussi n'est-il point facile d'en donner une définition bien nette et entièrement satisfaisante. Mais, comme en toute chose mieux vaut, dit-on, s'adresser au maître qu'aux apôtres, je dirai ce que de Buch entendait par le cratère de soulèvement et comment il s'imaginait les phénomènes qui, selon lui, en avaient accompagné la formation.
Le géologue allemand donne le nom de cratère de soulèvement à une dépression du sol, produite par les forces souterraines dont l'action a soulevé en forme de cône une étendue de terrain souvent considérable, et qui aurait dû offrir au centre un point culminant si l'élévation avait été complète.
La partie supérieure du cône, loin de se trouver dans cette dernière condition, n'a pas été entraînée dans le mouvement ascensionnel ; il en résulte, au centre même du cône, la formation d'une cavité plus ou moins circulaire, aux parois roides et dentelées, d'où les couches qui composent le terrain s'abaissent en pente douce vers les côtés extérieurs.
Cet aperçu a été suggéré à Léopold de Buch principalement par les observations qu'il avait faites aux iles Canaries. Il avait remarqué, en effet, que ces îles, comme tant d'autres d'origine volcanique, nombreuses .surtout dans l'Océan Pacifique, s'élèvent d'une manière uniforme au-dessus de la surface delà mer. Au lieu du sommet, se trouve cette excava-