FORMATION DES VOLCAN S
lion plus ou moins grande, que l'on peut considérer roinme l'axe concave du cône vers lequel convergeraient les versants (le la montagne.
L'ile de Palma lui parut lui type parfait des phénomô-nes (|u"il voulait expli(|uer. Elle se compose de couches de tuf, de lianes de scories, et de masses de laves et de basaltes sur iiiic épaisseur de plus de 1,000 pieds. Tout autour de l'ile, le terrain s'élève vers le centre et forme ainsi une masse bombée dont la crête a plus de 5,000 pieds d'élévation. l,cs versants en sont garnis de nombreux cônes de scories, i)0urvus en partie de cratères, et qui ont versé jadis de grands courants de laves.
A la place du sommet règne une grande excavation de 5,000 pieds au moins de profondeur ; les parois sont presque perpendiculaires et sillonnées de nombreuses fissures, qui partent des bords supérieurs et rayonnent vers le l'nnd de la cavité.
Ce gouffre formidable communique avec la côte par une vallée étroite et profonde appelée Barranco ou plutôt Barranca de las Angustias. Elle donne passage aux eaux des pluies amenées par ces fissures qui, avons-nous dit, descendent dans le fond même de la cliaudière ou Caldera : c'est ainsi que les liahitauls des îles Canaries, descendant'- des conquérants espagnols, appellent ces cavités d'origine volcanique.
D'autres montagnes de même origine nous offrent parfois le spectacle d'un grand nombre de ces sillons étroits qui tous s'éloignent en rayonnant du point central. Toutefois, ils
37fi I.KS VOLCANS.
HP so trouveni pas toujours en ('ommunication nvpc l'iiilt''lit'ur (II' la Caldera ou iiraride cavité du sommet, et, dans la pluparl des cas, une de ces iioiniireuses tissures seule yconduil.
Telle est la structure de Tile de Palnia, dont la vue a iiisjiin'' à de lîuch sa llK'orie de soulèvement, théorie d'apré> laquelle toutes ces couches de basalte et de scories de Tile de Palma auraient ('■(('■ dans l'oriiiine disposées horizontalement sur le iond de la mer, et auraient été ensuite soulevées par la force souterraine.
Kn résumé, Léopold de Buch a tenté d'expliquer les formations de ces grandes cavités et de ces ravins par un brusque et violent soulèvenu'iit, de haut en has et verticalement à travers la couche horizontale. Par suite de ces elTcnts, les couches du tenain se seraient dressées, et les ravins ou barrancos se seraient produits en même temps (pu'la Caldera se serait lornn'-e. Cette excavati(m, cette Caldera ou chaudière, est précisénuMit le ciatère de soulèvement du géologue que nous venons de nommer.
H est piobable que, dans la pensi'e de Léopold de liuch, le cône, si violemment sorti de terre, était creux ; quoi qu'il en .soit, cette opinion a été nettement exprimée par IlumbohU. Se déparlant, cette fois, de sa réserve accoutumée, le grand naturaliste affirme qu'au moment de la formation d'une montagne volcanique, le terrain se soulève en forme de cloche ou de vessie gigantesque. Dans cette hypothèse, rinti'iieur de ce cône étant creux, le sommet s'affaisse, ou [)lulùt il reste dans le gouffre et laisse à sa place une énorme cavité. H suit
FOPiMATKiN [li:S VOLCANS. Till
de l;i que, si la force expansive souterraine continue d'a^^ir en ce lieu, les matières incandescentes qu'elle presse vers la suiTacc , (li'vniut nécessairenieiil ouvrir la terre dans l'endroil où elles rencontreroni le inoins de résistance, où la paroi de la cloche sera le moins éi)aisse : or, cet endroit, c'est précisément le fond de la cavité, le fond du cratère de soulèveuu'Hl ; ce fond est diu\c soulevé de nouveau; mais en s'élevaul il s'ouvre et laisse l'cliapiier la matière incandescente.
I.'érujilioii avant eu lieu, ou se trouve eu présence de loui un autre (lalèie, du cratère d'éruption : le volcan est foruH-. et désormais les matières cpTil icjette conibleut la cavili- ei s'élèvent au-dessus d'elle.
C'est ainsi que, d'après cette tiu'orie, s'expliquerait le lirand spectacle sur lequel nous avons plus d'une fois appelé l'atteiition du lecteur, le spectacle dun cratère entouré d'immenses parois; celui d'un grand cône brûlant qui s'élève comme du milieu d'un cirque gigantesque. D'après la théorie deBucli et de Ilumboldt, théorie qui, naguère encore, dominait les esprits, ce cirque volcanique, cette terrasse seraient les bords de la Caldera, les jiarois du cratère de soulèvenu'iil au sein duqutd se serait produit l'autre cratère, le cratère d'éruption. Le pic de Ténériffe a ét('' fréquemment cite ((unnie nu exemple de cette succession de plii'uomènes. Ou montrait du versant méridional de la montagne les parois de ce que l'on croyait être l'ancienne Caldera, fornutut un anqiliithéi'itre de rochers magnifiques ; ou vous faisait embrasser d'un coup d'œil, dans toute sa grandeur et sa beauté, le pic
(le Teyde qui, de formation plus ivconte, étnit, d'après la théorie, le cratère d'éruption.
Le lecteur se rappelle l'imposant spectacle olTert par le volcan javanais, le Dasar, où l'on voit également une monlagne, le Bromo, entouré d'un rempart abrupt. Le volcan de l'île Bourbon, qui s'élève à une hauteur de 2,500 mètres du sein d'une vaste enceinte semi-circulaire, un grand nombre d'antres montagnes volcaniques, encore brûlantes ou éteintes, offrent le même phénomène ; mais nulle part le cirque dont nous parlons ne se dessine plus nettement et plus vigoureusement que dans le volcan de Barren Island, volcan toujours actif, toujours en agitation, comme le volcan de Stromboli.
Hanen Klaïui.
C'est une lie située dans la itaie du Bengale, à l'est des îles Andaman. Elle lorme un cône d'environ 4,000 pieds de hauteur, s'élevant du sein d'une rangée circulaire de roches qui l'entourent complètement, excepté un endroit où les va-