‹ Les volcans et les tremblements de terreChapitre 59 sur 98 · QUATRE VOLCANS NOUVEAUX · texte numérisé non relu

QUATRE VOLCANS NOUVEAUX

ptères,des coléoptèros et des arachnidos, que les vents avaient apportés. On sait, du reste, ([iie lliiiiilioldt rencontra des insectes au milieu des neiges éternelles du Chimborazo , à une lianleur de dix-sepi nulle pieds au-dessus du niveau de l'Océan. Sur le versant de Flsalco on ne voyait aucnn aulre être vivant ; pas nièiiie un oiseau de proie ne planait au-dessus de la cime embrasée, et le calme effrayant qui relouait dans ces régions dans Finlervalie de deux éruptions, contrastait avec le gazouillenn'ut joyeux des oiseaux que le voyageur avait entendu quelques heures auparavant en descendant la montagne voisine de Cerro de Chino.

« L'ascension de llsalco, dit M. Wagner, n'est donc pas sans péril, et quoique j'eusse |iu de nouveau profiter de lintervalle entre deux crises pour tenter d'atteindre les bords mêmes du cratère, je crus prudent d'opérer la descente. Il était à peu près certain que j'aurais été blessé par la chute on par Téhoulement des pierres; incapable alors de me traîner jusqu'au pied de la montagne, j'aurais péri misérablement. En outre, le sentiment de l'abandon dans lequel on se trouve, brise les plus fermes résolutions. J'étais absolument seul, aucune promesse n"a\aMt pu dt'cider mes deux Indiens à m'accompagner. Je les trouvai einlormis tons deux lorsque je revins épuisé, les mains et les pieds ensanglantés.

'«Nous passâmes encore hi nuit au jiied de \a montagne. Le IS mai, le volcan avait repris toute son activité, et les éruptions de scories se succédaient (U'dinairement par intervalles de quelques minutes. Le somnnH du volcan était caché par les nuages, et je me remis en route pour le village d'Isalco,

persuadé que toute nouvelle tentative d'ascension serait inutile. »

Il paraît qu'il n'existe aucun document écrit sur la formation de risalco, ni dans les archives de San Salvador, ni à Sansonato, ni chez les] particuliers ; il faut donc avoir re-

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C(»urs aux 1 1 adiliuns uiales des anciens habitants. Ces derniers n'oiil |i;is élé, il est vrai, les témoins oculaires de la première éru|iti()n, mais ils ont conservé le souvenii' des récits de leurs pères concernant cr niénioraldi' (■■v(''nemeiit. It.ms leiiienfance, l'isalco ivé'tait, disent-ils, qu'une colline de cinq cents pieds, munie dun large cratère.

quatrf: volcans nouveaux. 4it

Nous avons dit, d'après M. Squier, que le nouveau gouffre s'ouvrit, le 25 février 1770, après une secousse violente qui avait L'branlé toute la contrée vers la fin de I7G9; mais, comme ce voyageur n'indique pas la source où il a puisé ce renseignement, M. Wagner pense qu'il ne faut pas considérer cette date coiiiiin' Ition établie. En effet, l'ingénieur anglais liailv, qui parcourut le pays quelques années avant M. Squier, ue put, malgré de nombreuses recherches, savoir la date précise de la catastrophe, bien qu'il eût rencontré dans le voisinage )in vieillard plus âgé probablement que la montagne.

Le vieux Francisco Castilio, que M. Wagner vit au village d'Isalco, était né en 17(39; il se rappelait parfaitement que, dans son enfance, le volcan était une montagne très-peu élevée, vomissant des flammes par une ouverture énorme, avec un bruit épouvantable. Son père lui racontait souvent, disait-il, que la terre s'entr'ouvrit tout à coup avec un fracas semblable à celui du tonnerre, et qu'il eu sortit une (|uantité considérable de pierres enflammées, de cendres et de laves.

Il n'avait pas connaissance d'une formation subite de la uiontagne; il affirmait, au contraire, de la manière la plus énergique, d'accord avec d'autres témoins oculaires, qu'elle s'était accrue graduellement par l'accumulation des laves et des scories. Étant enfant, il se rendait souvent avec ses compagnons dans le voisinage du cratère, atin d'admirer de plus près les magnifiques gerbes de l'eu qui s'en échappaient, et, à chaque nouvelle visite, il reiuarquait que la montagne s'agrandissait. Ce |)hénonu''neeut lieu surtout après trois grandes éruptions dont il avait parlailcuient gardé le souvenir, sans

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en avoir conservé la date précise dans sa mémoire. La première eut lieu dans son enfance et dura trois mois ; pendant cet espace de temps, loute la contrée fut éclairée par une haute colonne de feu qui s'élevait du cratère. Les courants de lave se dirigèrent du côté de Santa-Anna, au nord-ouest, sur une étendue de deux lieues.

Trente ans après, une nouvelle éruption, plus considérable que la précédente, ravagea le pays, et, cette fois, les laves coulèrent à trois lieues du volcan. Une pluie de cendres tomba sur le village d'Isalco.

La dernière grande éruption eut lieu en 1802, et les vieillards s'en souviennent encore. La colonne de scories atteignit des proportions incroyables, et les cendres recouvrirent les champs à quatre lieues du volcan. On ne put ensemencer le terrain que cinq ans après ; les récoltes ont été depuis fort abondantes. La lave coula lentement vers l'est, pendant une durée de trois mois, et les maisons d'Isalco et de Sansonato furent ébranlées jusque dans leurs fondements.

Le docteur Ihivoii, (pii liabito Sansonato depuis de longues années, confirma tous les renseignements que M. Wagner avait recueillis au sujet de l'accroissement graduel de l'Isalco, et il est certain que cette montagne, qui n'était à Forigine qu'une colline oïdiiuiirc, mesure aujourd'hui près de 5, "200 pieds de liaiileui-, qu'elle égale déjà le Vésuve, et que, chaque année, elle augmente de volume.

Aussi, est-il regrettable qu'Alexandre de Hundioldl, lors de son voyage en Amérique, n'ait pu visiter les Liais de TAmérique centrale, et surtout qu'il n'ait pu contempler l'isalco,

or.vTi;i: volcans nouveaijx. 4iô

(jni ('tait à rcllr r'|»()(|iie lM'aiu-(iii|) moins r\c\i' (lu'aiijciiird"!!!!!. Le sagaco naturaliste, qui savait toujoiu's si Lieu liisceruer les pliéiioniènes caractéristiques de chaque pays, uCùl ihumI uiau([U('' (liM'ceueillir des inlonnatious [trécises sur liuà^ine et sur le développenieul île ce volcan, (|u'il auiail pu voir grandir sous ses yeux. Et, eu |)réseuce de ces faits évidents et palpables, il se serait rel'usé à pi'éter ra[ipui de sou i;raud nom à la llu'orie de soulèvement, (jui l'ail sortir des enti'aillcs de la terre, suliitenient et d'un seul coup, des uiontagnes colossales. Pour achever ses a-uvres, la terre a devant elle le temps inlini : elle agit sans cesse, mais sans hâte ; elle peut travailler avec lenteur, elle ([ui semble éternelle quand ou compare sa durée à la courte carrière des êtres qu'elle enl'aute et qu'elle noui-ril.

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