I.UnOVICI GODI."i, PET. BOUGCER, CAR. MARI.E DE L\ COXDAMtNE
E REGIA PARISIENSI SCIENTiARCJl ArATEMIA
INVENTA SUNI QUiTI
l,ATITUnn nUJUSCE TEMPLI, AIISTRALIS GRAD. 0. min. l'i SEC. 18. LONGlT'.
noCUi'. AB OBSERV". REG". PARIS, GRAD. SI. MIS. H.
ALTITIIDINES SUPRA LUlELLAM MAillS, CEOMETRICE COLI.ECT.F. IN
IMiXAPEDIS PARISIENSIBUS;
SPECTABILIORUM, NIVE PERENNI, HmCS PROVINCJ* MONTIIM,
QBORCM PLERIQUE FLAUMAS EVOMOERCNT,
noTocACiiE, 2567; catambl'r, 502S; antisana. '.nir, ; COTOPAVI, 2fl.-i2; TUNGi;R\GtiA; 2G25;
SANCAÏ ETIAM". ARDENT". 2078 ; CHIMBORA.S.SO, 'diil: ILINISSA, 2'I7.
l:i (Icsrciitc lie l;iis--:iit |i;is d'iMic i';i|iitli'. Nous riMicnnlrfinics à iiii-iùlo iidln^ t'xcclli'iii iliavscur d'oiseaux, Vicente, qui icvciiait iruiic expédition contre les colibris, et que nous di'cidaiiics ;'i rctoui-uei' sur ses pas pour nous accompagner. .Nous l'iiMCs une couile halte à la Capilht ih'l Ciiili\ chapelle élevée au milieu ih's hois par la dévotion des premiers Espagnols en riioiinenr de la Vierge, protectrice des accouchements. Les l)on^ hahitants des Cordillères, dont la siniplicili' Miper>tiliensr contond les images avec les saints (pielles figurent, vantent la statue de la Vierge del Cinlc comme très-puissante et fertile en miracles. »
Les voyageurs entrèrent dans un valliui plein de Heurs et de colibris, d ajirès avoir traversé une ces forêts ombreuses, comme on iTt'ii iKinvr (jne dans les régions équatoriales, ils s'adjoignirent un nouveau guide, et arrivèrent à la nuit close à une ferme appartenant anx religieuses de la Conception de Uuito. Us établirent leurs quartiers dans nue masure démantelée. Au milieu de la luiit, des cris d'honunes et des aboiements de chiens éveillèrent leur allenlion: e'c'tait un lion, (pii p(''in''ti'ant du côt('' de la renne, avait eidevé- une brebis au troupeau. Tout le camp se mil à sa |)onrsnite; niais il ('cbapiia facilement, sans lâcher le mout(m qu'il étreignait dans sa puissante mâchoire.
La vallée dans laquelle on se trouvait campée, était située à In. (100 pieds au-dessus de la mer et était environnée de hantes mmilagnes. Ile cet endroit, les voyageurs conteni|ilèrenl avec lavissement le soninn-t du Pichincha ipie les ombres de la nuit semldaient i-ap|u'ocliei- ; puis, après l'iMuolinu
causée p.ir r;i|i|i:irili(iti du lion, ils s'ôtondirent sur les dalles du iiauuar el s'endormirent au cliaul lunnotone des psalmodies.
i.i' Icndi'Miaiu. Inulc la earavaue lui de liouiii' heure à (•li('\al el l'ou se mil à ;:'ravii- f^aieuienl le l'icliirudia. Ou ne larda |ias à iHUK'Irer dans les r(''>iiuns hoisi'es où croissenl des (ircliiil(''es (•|iar^(''es de iMillaiiles o\ lùzai'res corolles, des uKMisses, d(\s lichens cl nue i^raiule vai'ii'lé d'arbres. A celle hauleiir, où la V(''i;(''lali(Mi ue couserve presque plus rien des loruies lidpicales , ou Iniuve, ainsi (pic le l'ail oltseivcr \i. ilcuiy, une More iul(U'iu(''diaire dans laquelle deux zones se couroudeut avaul de se sr'pai'cr ueltemenl. « Nos f;ens nous huil reniar(pier nn i^raud aihre qu'ils appelleul (di- \ier, cl (pii u'a l'icn de counuiiu avec uoire arbre dlùirope. Ile j^i-os oiseaux Ideus (diauleiil dans r(''paiseur du liois, landis (pic de (diaiiuanls oiseaux-mouches voltii^enl avec la rapidih' de r(''(dair... Le cheuiiii esl uiauvais, coup('' de lr(Mis |)roronds, el s(inv(Mil end)arrass(' par des éboulelui'nls el des troncs d'arbi'cs. »
(lu a liientôl Iranclii la i-('^ion boisée du IMchiucha el Tou |ii'nèlre dans la réiiiou des jiaramos: c'est ainsi que les Espagnols désigueul la zone IbruiiM' pai' des prairies lia In relies, (pi'on rencontre an-dessns des bois dans la (haine des (ioi'dillères. Les voya<>eurs aperç(dveut d(>s con- 'liiis (pii \(ileul à des hanleiirs prodigieuses, comme ces laucoiis ipu' M. de Mùller voyait lourliilhniuer au-dessus i\\\ pic d'Orizaha. nii;ii|,l Mcxiiudre de lluiul)(ddl lil. iiii deinisi(''cle avaul M. lîeuiv, rasccusiou du l'iclùncha, il v vil des
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(•(tiidors en si iii';iii(l iidiiilirc, i|iril (liuiiiii le iioiii ilc « ciinc (les coiiddi's I) Il riiii (les miiiiiiii'Is du voIcMil. « l.(^ (•(iiiddi-, dil M. Ui'inv. csl Ir plus i;|-;md et le plus lurt des (iis(';iii\ lie r \iiii''i-iipi('. Il di'passc soiivciil ipiiilic pieds d'cin cr^iiri', l'I ipiaud il s'csl icpii, il dcviciil si hiiird (pi'il csl (dilii;/' de ciMirii- pciidaiil loii^îlcnip^ a\aiil de piciidi'c smi \iil... Les ciniddi's riiii'ii! en riMiiaiil, cl (|iiaiid les chevaux, Idiiidins au ualuji. s(uil près de les alleiiidi-e, ils s'arrcicul. se reliiurneul cl se rcudeiil an chasseur eu d(''pl(iyaul Icuis ailes à demi, ciiuiuie uu vaincu (pii rend les armes. »
Les vovageurs, liuil eu suivaul du regard ces oiseaux, conliniiaieal leur asceusiiui du v(d<au. Ils se Iruuvèreul hientùl à nue liauleur où ils virent se dérouler uu laldeau magnifique. Les hautes cinu^s de la (Jtrdillèreétaieiit langées devant eux. « C'étaicul riiumeuse ("otupaxi, toujours fn- Mianl, h' Siucholaiiula, \r ilnuie iuiposaul de l'Antisana, \(' ('-ayaml)e, res])!endissanl de ucIl^c dans la ligne même de l'i'ipialcur', \c liuminahui. (■(■léhre dans riiisloire par ses
' Le snmniPl rlii Cayamlip, Inil nlisorvcr M. Uoiny, offre cette particularité remari|iiable ilètre exactement cciupé par la ligne équinoxiale. An pied de la nionlagne, se trouvent deux pyramides qui marquent le point ipii a servi de base aux opérations de la Condamine et de ses deux compafinons. l'en de temps après que ces savants eurent élevé ce monument, il fut renversé par l'ordre des rois d'Espagne. Cent ans pins tard il l'ut rétabli par les soins du président de la république d'Hqualein-: il s'y trouve l'inscription suivante que nous traduisons de l'espagnol :
«Les académiciens français, MM. Louis Godiu, Pierre Bouguer et Charles-Marie de la (!iindamine, envoyés par Louis W roi de France, et sous le ministère de M. Maurepas, érigèrent ces pyramides au mois de iiovendire 1 75G ; elles furent détruites |iar ordre il:'s roisd'Kspagneet rétablies cent ans après, en 185fi, à l'endroit même qu'avaient déterminé les académiciens Ir. nçais, par ordre de Son Excellence Vincent Iloratuerle. président de la république d'Equateur, le général Antonio Morales étant ministre des afi'aires étrangères. A cette même éporpie, le troue de France était occupé par
(''niptions lorriblcs.» Les grondenients fréquents du Cotol»;i\i saisissaient à chaque inslaiil les voyageurs d'une « volii|iliieus(> liayeur, » à laquelle les indigènes, bien qu'ils y fussent accoutumés dès l'enlaïue, n'étaient pas insensibles.
A])rès avoir fiauclii une cùle iaj)ide, les voyageurs pénétrèrent dans celte région (pii précède immédiatement celle des neiges perpétuelles et (pie, dans le pays, on appelle arenal. Ils gravirent un terrain escarpé. La marche était dilTicile; on euloneail ius([u'à mi-jambe dans le sol ponceux cl (h'sagrég'é. Kniiii on aileint au sommet. C'est M. lîeiny qui arrive le premier. Il a devant lui r(''norme cratère qui a |)lus de '2,r)HU ]iieds de profondeur et une largeur à peu près égale. Dans l'aliinu', il distingue un banc de sonIVe, et um^ boucli(^ (Tcti'i sort constamment de la fumée.
M. lirenchbn, (pii avait ét('' rclar(l('' par l'examen des pierres volcaniques, atleignil le sonnnet (pielques instants après son compagnon de voyage. « A la vue de la fumée et du soufre, se rappelant les délicieuses ('■Indes que nous avions laites pendant plusieurs mois sur les volcans de llavaï, il se trouve rrapp('' comme de vei'tige, et sans entendre mes observati(ms, il s'éloigne à la liàte, dans le dessein de chercher un p(niil praticable jtour la descente... Je
Sa Majesté Louis-Pliilippe, roi des Français, ayant pour président de son conseil des niinislres M. Tliiers ; et dans cette capitale de Ouito se trouvait M. Jean-Baptisie W, de Meiideville comme consul général de France dans la république d'É(|ualenr. Celle planche a été faite et gravée ârh(')telde la Monnaie de Quito, le 20 novembre 18,îG, M. Alberto Zalarzo étant directeurde cet élablissement; et elle a été placée à la base de cette pyramide, le 25 du même mois de novembre de cette année 18,^6. »
iiiavaiu'i' sur le |iiiiiil ciiliniiiaiil de la iiiunlai^iic, en Miivaiit la l'ivtf lin cialt'Mc. A peine |iarveiiii an pdinl le pins iMevi', i'apen-dis M. BrenciileN à une (listanee (renvinni liHiis kilinnèlre-, delinnl sni- les bords de l'aliiine. et parai^-sant linipHns lixei' les \en\ snr le loyer central, l'nis liienl('il il ednliiniiie un rneliei' diuil la niasse le cache à ma vue. »
\| lieinv. cniinaissanl la prndence de snii ami. se livra I ran(inillenieiil à des l'Indes sur la nalure du volcan el île l'alnKisiilière ; jmis il se mil à ramasser les piaules rares qui \i\i'ul snr ces liaulenr--. Inuletois 1 ali--ence de son cmnpai;uiiii se prnlnUL;e ; elle l'inipiiéle. Il >'inl'iuine aupré- des L^nides. el il appiend ipie mal^i'i' leni's averlissenn'nl- , M. Iii-enclile\ -T'hiii liinci' snr la pente du cratère el ipi il y avait dispain. Ans^iiTii mi -e inii ;'i sa recherclu". mi alluma de grands feux. M. Iiem\, dmil les pieds (''taieiil trop eusanlilautés pour lui peinudlre de ciuilinuer l'asceusion sui' des pierres pointues et Iramliaules, envoya Vincent, le cluisseui', el tous les guides sur les linnls du cratère eu leur recmnniaudaiit de pousser des cris, et de jeter de la viande sèclie et uu flacon de genièvre au l'nnd de laiiiuie. Les guides reviennent sans avilir api'icn M. l'>rencliley,et sans que celui-ei ail n'qionilu à leur appel.
lout le nioiule vent i-e-.|ci- l'veilli' ; mais à minnil les Immuies, harassés de latigue, se picniu'iil à dormir. Seul, M. Remy veille en songeant au moyen de retirer sou ami du sépulcre hori'ihle. << Aui'ais-je perdu poui' toujours mon nu'illeur ami, se disait-il, mou ((Hupagnou d inroi'tnue et de bonheur sur tant de terres loint.iines' nauiais-je pas dû
me joler à ses i;ciuiii\ |imir le sii|iiili('f de ne poiul s'engager diiiis une culrepi-isc si péi'illeuso? »
Aux ])reinières lueurs du jour, loul le monde est sur iiied ; (III ;invleuii plan de salnU cl cliacuii remplira avec zèle et avec inlelli^^enee la tàelie<pii lui est assignée, l.es guides se melli'iit à suivre les eoiiloui's du ci'atère, en tenant leurs veux lixés sur le fond de l'ajume, el .M. Kemy se dirige vers la ville de Uuilu jiuur aller rlieicliei- i\\i secours. 11 s'élanee sur la pente rapide, et (pKpiipi'il ('■|ir(iuve liieutùt une l'aligne désespérante, il continue son chemin, et arrive prcmiptemenl à cette lernie delà Cimceplinn dû Ton a\ait si gaiement passé la première nuit. Sanspcidrc un inslaiil, M. Hemy oi'ganisc uni' c\[M'(liti(m de plusieurs Indiens ; il les munit de vivres cl les envoie sur la cime de la uKuilagne pour explorer le ciatèi'c. F.u même Icmps il (h'pcclic un couri'ier à •Jiiilo pour appeler à son aide des amis i|ui lialiilcnl la ca- [lilalc.
\ussil(il ipic la nouvelle de la perle de M. ISrcnchley se l'iil rc|ianduc daii> l<' village de (iliillaLiallu, la [lupulalidU rwlière se mil en mouvcmi'iil. l n graïul ikhiiIii'c de jiersounes sdlTrirciil jKiur laire rasceiisioii (\\\ \olcau, el le curt', M. Acaud, (l(''clai"i ipTil iMail |irèl à descendre dans le cra- Ici'c p:mr pdrici' des cdusitlalions au \(i\ageur ci;ai'(''.
I.a jeurnc'c s'i'cdiile ; des ami^ de <juilii \ icnncnl se mi'Ier à la l'iiidc svmpalliiipic ; la nuil ap|ii(iclic cl les guides qui rcviciMicnl de la cime du volcan n'appeili'ul aucune nou- \clle de M. Brcnchicx. Ile^ sanglols l'claleni, dU se désole A une jdurni'e piMiilde succède une nnil de cruelles au-
goisses. Il y avait (|iiaiaiiU'-liiiil lioures que M. liiciulilcx avait (Jisi»aiii.
Le 4 octoliic, à trois liciircs du uiatiii, M. Remy, accuiupajiui'' d'uu i;iau(l nuiJihrc d auiis, se mit eu route pour taire de ut)uveau l'ascension du voleau. lu des notables de Cliillai^allo, M. (jieva, riiiinnue qui eouuaissail le uiieux le l'ieliiuelia, lui a\ail iironiis de le laiie deseeudie dans le eiatère au niosni de eoidcs dont on s'était muni.
• •il a|)|iideliail déjà des léjiions élevées lors(|U(iii icneonlra un Indien (jui aniKUiea (|ue M. Brenchley était rentii' la nuit dernière dans la fernu' de la Conception. Un pari au galop; les luinvlis des populations éclatent partout sni' le passage des cavaliers; on arrive à la ferme, et l'on trouve M. lîrenehU'y étendu sur une peau de butlle. Unoiipril lasse des elïbrts ponr lecevoir gaiement ses amis, sa iigure porte encoi'e l'enqjreinte du désespoir qu'il a éprouvé dans le cratère.
"n s'embrassa, on se livi'a à la joie que causait à Ions un si heureux dénoùment, et après ces premières émotions, M. iJreneliley fit à ses amis le récit des soulïranees (pi'il avail l'ud urées.
11 s'était senti attiré vers l'ahinie par une l'oiee iiivsti''riouse et irrésistible. Dès qu'il se lui lanei' sur la |iente inh'rieure du cratère, il avait glissé avec une eltrayaule ia|iidil('' au milieu « d'un bombardement de rochers » eonuin- s'exl)rime M. Remy. Toutefois, arrive' au tond du cratère, il s'i'-tait remis promptemeut de l'i'moticni causée par cette eluile vertigineuse, et il avait longuement et paisiblenienl exanuné
80 LES VOLCA.XS.
le liMiic (!e >(iiirrc et l;i boiiclic lit-aule d'où .sorlail iIl's ImiiiIfces (le vapoiirs. Mais lors(|iril voulut regagner Ich; Imnls du cratère il reeoiiinil i|u'il fallail rcuoiioer à nionlcr par le nième ciidroil où il ('tait deseendu. 11 ]iassa plusieurs heures à chercher vaiuenieut une issue. Il ('tail brisé pai' la fatigue, mais comme il lui répugnait de passer la uuil dans le cratère, il lit un eilurl suprènu:", et s'accrochaiil aux angles des rochers qui ensanglantaient ses mains et ses jambes, il parvint à sortir du gouffre, i.nrsfpi'il airiva au lund du eralèic, il nidurait di' suit, de laiiii cl de fatigue; il ('lait couvert de sueur, et cfpendant il greliùlait. Il s't'teudit sur un liane de neige, et malgré' ses soulTrances extrènn^s, il paivint à s'endornnr jnsipiau matin, lorsqu'il lut r(''vcill('' par le bruil (|M(' l'aisail autoni' dr lui un joyeux essaim de colibris, l'eu de lempsaprès il tut renetuitiM' par un d(''ta(dn'm(;ut desboiumes (pie M. Kemy avait envoyés à sa re(dn'r(die.
Lur>(pie M. Itcmy et M. Ilremdiley, a(coiiqiagU(''s de l"iirs lidéles amis, tirent leur cnli'i'e à (diillagallo, la p(qiulati(m se porta à leur rencontic, et couvrit de llcurs le voyageur dont on avait plenr('' la peite. Toute la commune, ses notables en tète, vint conqilimeiiler les deux anus; hommes, lemmes, entants les suivii'eiil jus(prà leur (hunicile ; on renom;a à tout tra\ail, ce l'ut une l'èle gc'MU'rale. Kt l(us({ne M. llcmy, avant de congédier la l'ouïe, ent pris la parole pour remercier les hahilanls de Chillagallo, l'excellent M. Cueva, lui i|iii connaissait si bien le volcan, i l'pomlit à la harangue du voxa^eni' Irançais par un magniii(pie discours dans leip;: 1 il disait « qu'il se trouvait lier d'être l'ami des Français, parce qu'ils
MO.\TA(;.\KS vol. C A.MOI i;.s. 81
élaioiil ( allmliqiu's, cl parce ()iic la France, (|iril supposait commencer dans le voisinage du cap llorn, élail reliée à son pays j»ai' la Cordillère des Andes. »
'jiiel((nc p('Miililc (jue soit l'ascension des volcans ([ue l'on vieni (le noniiiier, ([uelque dil'licile que soil l'accès du cratère qui couronne le Mauualoa aux iles Sandwich; quelque rapides que soieni au Chili les pentes de l'Autuco, le voyageur robuste, ([ui ne manque ni de courage ni de patience, peut espérer de toucher le sommet de ces montagnes embrasées ; mais il est d'autres volcans dont la cime est alisolnment inaccessible.
Tel est, par exenq)le, le Cotopaxi, ce volcan sublime et terrible, doni la cime élincelanle de neige et de feu appelle cl fascine le regard du voyageur. Lorsque vous avez atteiiil le pied du géant, vous vous trouvez au sein d'un inunense chaos de rochers entassés les uns sur les autres, rochers de seize toises cubes, que le cratère a lancés à trois lieues de distance, cl (pii rcirmeni en tous sens des Irainées dirigées vers le volcan. \ la vue de ces blocs cnm-mes el de la masse de scories qui couvreni la coiiln'-e enviionnante, on peut croire avec llumboldl (pu' leur réunion formerait une montagne colossale. Quoique la marche soii pénible dans celte enceinte, vous p-ouvez néanmoins continuer votre chemin
82 LKS NOLCA.NS.
hiiilùl, cil ('sc;il;ul;iiil les (|ii;iili('is de luclu'i'.s, laiilùl on les c(>nl<Hii'ii:iiit ; |niis vous gravissez, coiiiiiic aiilaiil (l"(''ch('lons, une siiilc de collines, dont quelques-unes sunl eonvertcs d'une belle véj^étalion, elles autres stériles et arides; enfin Vous alteignez la hase du cône terminal. lei une large zone de pierre |)oiu-e ai'rète vos explorations, vous plongez jus- (jn'aiix genoux dans des couches de cendre et de soiil're qui vous hrùleiit; et si, pour gagner la r('gion des neiges /'(erlielles, vous vous servez de c(n'des cl de crampons, les exhalaisons siilliireuscs et les coiiraiils d'air eliaiul et àprc (pii sorlciii des crevasses oppressent votre poitrine, cl, en gèiiaiil voire respiralion, ils paralysenl les dernières forces (pi i vous restaieul. I']piiis('' de raligue, vous vous arriMcz. Vos regards se porleiil une dernière l'ois vers celle cime mystérieuse, dont vous n'étiez pins séparé (pie par une laihle dislance; et vous renoncez à une eulre|»rise impossilde. .Jacques Arago disail, avec l'aison, (pie le condor est le seul èlre vivant qui ait vu le cratère du Colopaxi eu baissant la tèle.