DES ÉRUPTIONS
On a rcclicrL-liL' avec soin s'il oxisli' uiir loi «iiii (Irtriiiiiinla durée et la fréquence des éruptions; mais on n'a [lU encore arriver à un résultai satisfaisant. Les éruptions les plus faibles sont souvent les plus courtes; toutefois il n'est point rare de voir un volcan épuiser ses forces dans une action violente et passer ininiédiatement à l'état de repos.
Ouoiqn'il y ait eu des éruptions qui se terminèrent en(|ue!- (jues heures, cependant la plupart durent au moins quelques jours.
Au mois de décembre ISo'i, le Vésuve demeura neuf jours en activité, et l'éruption de janvier 1859, qui ne dura (|ue quatre jours, fut une des plus violentes.
Les phénomènes volcaniques se manifestent quelquefois pendant un laps de temps beaucoup plus considérable, et certains volcans restent des années entières en activité. La tler-
nière éruption du mont Etna, en 1865, dura plusieurs mois, etla crise du Tomboro à Sumbava se ciuitinua pendant quatre années consécutives, ainsi que celle du Kliutschwskaya , dans le Kamtchatka.
De plus longues périodes d'activité paraissent se présenter très-rarement ; cependant l'éruption du volcan de Lanzerote dura du 1" septembre 1750 au l(j avril 1756, et Ton affirme que r.Mlar, dans l'Amérique méridionale, eut une éruption qui dura huit années.
La durée des intervalles de repos est très-variable. De l'étude des phénomènes que présentent les volcans actifs, on avait cru pouvoir dégager cette loi : que la hauteur d'un foyer volcanique est ordinairement en raison inverse de la fréquence des éruptions. C'est-à-dire que ces dernières sont rares, mais violentes, lorsqu'elles se manifestent dans un volcan élevé, et que le contraire a lieu à l'égard d'un cratère de moindre dimension. In seul exemple nous prouvera combien cette règle est chancelante : le Sangay, dont l'altitude est de 16,000 pieds, est dans un état d'activité plus grande et aussi constante que le petit volcan de Stromboli, qui a 700 mètres à peine de hauteur.
On croyait pouvoir artirmer aussi que dos éru})tions simultanées n'avaient lieu ([ue fort rarement aux cônes volcaniques d'une même séi'ie, et voisins les uns des autres. Mais les tableaux dressés avec beaucoup de soin par M. Kluge nous démontrent le contraire ; les éruptions du Kiiutschevvskaya-Skopa, du Schiwelutsch et du Sematsch, volcans du Kamtchatka, ont eu lieu en 1854 dans des volcans d'une même chaîne. 11 en
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tut do uicmc en Islande en lôiO et ;i diflerentes époques ; et cependant l'on sait que tous les foyers de cette île sont situés sur une ligne qui la traverse du sud-ouest au nord-est.
On observe parfois un certain antagonisme beaucoup plus prononcé dans l'activité de doux volcans, antagonisme qui semble démontrer qu'il existe entre eux une relation directe. Lorsque l'un d'eux entre tout à coup dans la période de repos, au moment où l'autre en sort, on ne peut s'empêcher d'être frappé de la coïncidence de ces phénomènes, et l'on est amené forcément .à supposer entre eux une communication intime. Le Vésuve et l'Etna alternent souvent dans leur action, et l'on a remarqué que l'éruption du premier en 1733 suivit de près celle du second.
De nos jours, le même fait s'est reproduit, et, en 1865, le Vésuve, qui était resté en repos pendant tout le temps que se manifesta l'action volcanique chez son voisin, commença à s'agiter lorsque l'éruption de l'Etna fut terminée. Toutefois on ne peut tirer de ces faits isolés une règle générale, car il arrive fort souvent, nous le répétons, que plusieurs volcans très-rapprochés se trouvent dans un état d'activité simultané.
M. Rluge a classé avec le plus grand soin les éruptions connues; le nombre s'élevait, au moment où il achevait son travail, à 1-207, réparties entre 548 foyers différents. On en compte 568 jusqu'en l'année 1700; le reste s'applique au dix-huitième et au dix-neuvième siècles. On peut juger par là combien sont incomplètes les données concernant les éruj)tions des siècles précédents.
La fréquence des éruptions parait s'accroilre à certaines époques de l'année, principalement pendant les mois d'été. Sur 787 éruptions dont les dates sont bien connues 581 oui eu lieu dans la partie septentrionale de noti'e globe; 51 i uut pris naissance de mars en août et *267 jjendant les autres mois de l'année. L'hémisphère austral en compte 129 de septembre à février, saison d'été, et 77 seulement pour l;i saison d'hiver.
On croit avoir observé dans quelques volcans un retour jiériodique des éruptions. 11 est certain que le Gotopaxi n'a (juc deux grandes crises dans l'espace d'un siècle. Les violentes éruptions du lunui llécla se succèdent par intervalles de quatre-vingts ans, et d'après M. Sartorius de Waltershauseii, le mont Etna éclaterait tous les six ans. Toutefois, cette périodicité n'esl iKiiiit bien établie ; car entre les crises qui uni causé de grands ravages, il y a en parfois des éruptions dont la violence, quoique moindre, était encore formidable; et d'autres fois la crise n'a pas eu lieu à l'époque présumée.