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ont (''U'' dc'crils on ()(''lnil pnr Spnlhinzaiii : « Cheiiiin faisant, (lit-il. mon g-uido ni'aiiprit que les feux brûlaient encore la veille, mais que l'orage ([ui s'était élevé pendant la unit les avait éteints. Onaml nous fûmes arrivés sur les lieux, je pris une mèche ardente, la jetai au milieu d'un petit espace couvert de poussière et dénué de plantes, et les feux se rallumèrent aussitôt. «Avant que la mèche eût touché la terre, il en sortit à Timproviste une flamme d'abord peu considérable, mais qui en un clin d'œil se ramifia et s'étendit comme si le sol avait été couvert de grains de poudre. Ces flammes produisirent, en s'allumant, un bruit semblable à celui que fait un fagot qui prend feu tout à coup, après avoir longtemps fumé. Elles formaient un groupe qui, à sa base, avait tout au plus '2 pieds de circonférence; les plus hautes montaient à I pied et demi ; les plus basses ne s'élevaient qu'à quelques pouces.
Spallanzani faisait cette observation tmis heures avant le coucher du soleil. Ces flammes sont donc visibles pendant le jour, et non point, comme l'ont affirmé quelques auteurs, pendant la nuit seulement.
Curieux de savoir ce que produirait le déplacement de la terre, Spallanzani l'éparpilla avec une pioche. Aussitôt les ilammes en sortirent plus vives, plus bruyantes; elles s'élevèrent plus haut, occupèrent deux fois plus d'espace qu'auparavant, et ce redoublement d"incendie se maintint ensuite constamment. Il ne se produisit aucune fumée; les pierres enveloppées par les flammes ne devinrent poiiil fuligineuses. Les flammes continuèrent à se montrer à
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travers une couche de pierres et de terres jetées sur le sol. Barigazzo et Pietra-Mala ne sont pas les seuls endroits de l'Italie où se montrent ces singuliers phénomènes. A 1 ou 2 kilomètres à l'est de ce dernier village, se trouve un petit ruisseau dont le lit laisse dégager du gaz inflammable qui prend feu très-aisément. Les habitants donnent à ce petit cours d'eau le nom d'Orto dell' Inferno.
Entre Barigazzo et Sestola se trouve, au milieu d'un champ cultivé, uneautresource d'hydrogène carboné, que les paysans appellent la Spenda del Gatto. C'est un fossé dont le bord est percé de six petits trous. En approchant la main de ces trous, on sent un léger souffle; si l'on prête l'oreille, on entend un petit sifflement, et on peut provoquer l'inflammation du gaz en approchant des orifices un corps enflammé. Spallanzani fit naître de la sorte six petites flammes azurées, qui s'éteignirent d'elles-mêmes au bout d'une heure. Il remarqua que les canaux d'où provenait le gaz devaient communiquer ensemble, car, en bouchant deux des orifices, il donnait aux quatre flammes restantes une nuance rouge blanc assez vivo. Les paysans qui l'avaient conduit à cet endroit, lui racontèrent qu'ils avaient quelquefois songé à y bâtir une maison, et à placer la cuisine sur le foyer de ces feux pour épargner le bois; mais que le médecin de Sestola les avait détournés de ce projet, en prétendant que ces flammes venaient de l'enfer.
Près du village de Saint-Barlhélemy, à 4 lieues au sud de Grenoble, se trouve un endroit autrefois très-renommé, d'où sDitaicul des exhalaisons qui s'enlliiuiiuaieut l(U's(pi'(tu
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approchait une alluiiiette, la flamme d'une bougie ou un corps enflammé, quel qu'il fût. On i\ donné à ce lieu le nom de fontaine ardente.
Il est possible que le sol y ait été autrefois recouvert d'eau, à la surface de laquelle montaient des bulles de gaz inllainmable, mais ce n'est plus aujourd'hui qu'un étroit espace de terrain offrant à peine quelque trace d'huniiditi''.
Plusieurs auteurs dn siècle dernier ont parlé de cette fontaine, classée parmi les merveilles du Dauphiné. Le premier qui ait donné du phénomène une description exacte et une explication raisonnée d'après l'état de la science à cette époque, est de Montigny, de l'Académie des sciences de Paris, qui parcourut le gouvernement du Dauphiné en 1768. «Nous approchâmes de cet espace, dit-il, une bougie enflammée; en un moment, la flamme se répandit sur unipartie du terrain que nous avions découvert avec la pioche. — Chaque coup de pioche faisait sortir une flamme roussàtre, presque semblable à celle que l'on allume au-dessus de l'orifice d'une bouteille où l'on a fait une dissolution de fer pai' l'acide vifriolique affaibli... Cette inflammation doit s'attribuer à ([uelque vapeur souterraine qui se développe, ou ijiii trouve de nouveaux passages pour se répandre dans l'air, ;'i mesui-cnne l'on fouille dans la terre. »
D'antres foiix naturols brûlent près du village de Bakou, à quatre kilomètres de la mer Caspienne, dans la piMiinsule d'Abscheron. Là se trouve un espace d'environ deux lieues de largeur, qui jouit d'une merveilleuse propriété. La terre V l'orme une couche peu épaisse, recouvrant un sol rocailleux. Si, après en avoir remué la surface, on approche un corps enflammé, il se produit l)rusquemeut des flammes qui ne s'éteignent que lorsqu'on les étouffe en y jetant de la terre. Il existe à cet endroit un bâtiment fort ancien où viennent eu ])èlerinage les descendants des Parsis, les fidèles de l'antique religion parse, les partisans du ciilte de Zoroastre. Les mahométans les appellent Guèbres, c'est-à-dire incrédules ; eux-mêmes s'appellent Behdius, ou croyants. Ils adorent la divinité bienfaisante sous la forme du feu sacré, qui est entretenu dans des temples; et leurs traditions font remonter à plusieurs milliers d'années l'origine des llammes de Bakou. Le temple qu'ils ont élevé snr ce terrain ardenl. est voûté et crénelé ; ses murs sont jileius de crevasses, el si l'on approche une lumière d'une de ces fissures, il s'y produit aussitôt une llanime qui se communique à toutes les autres crevasses avec la rapidité de l'éclair. Ce f(ni éternel, (dijet de la vénération des Parsis, brûle partout : il brûle à l'entrée et dans la cour intérieure dn couvent, il brûle
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au iiiilicii (lu la plaiiie, dans uul' fosse qu'oiiloiiiciil les caliaiics iIl'S lidrlcs l'iifants de Zoroastiv, il brillt- au iailL' inèuie (lu tcuiplc, sur la cnupolo, au haut des colonnes (\m couronnent rédifice, il s(H't par toutes les crevasses, il s'échappe en jets vacillants du sol sur lequel s'élève le sanctuaire. Toutes ces Ihunuies produisent un effet magique, el le voyageur, saisi d'admiration à la vue de ce spectacle uni([ue dans l'univers, se croit en présence d'un de ces palais enchantés dont parlent les légendes orientales.
Les ermites Parsis font cuire leurs aliments, sans janiai.s se servir de bois, an nu)yen de ces feux , dans des vases adaptés à des trous faits tout exprès. En guise de flambeaux, ils se servent de roseaux plantés en terre; pour les allumer, ils appliquent le feu à l'extrémité supérieure et il en sort aussitôt une flamme Manche qui brûle sans consumer les cannes ; veulent-ils les éteindre, ils en bouchent l'orilice avec de petits couvercles faits en forme d'éteiguoirs et destinés à cet usage.
Pour faire de la chaux, les habitants de cette contrée entassent dans une fosse des pierres calcaires, et approcheui une lumière du tas, les flammes sortent de terre et s'insinuent, en pétillant, dans le monceau de pierres. Au l)oul de trois jours de combustion, la chaux est cuite. Uuelque vives que soient les flammes, elles ne (h'gagent ni fumée, ni odeur.
Cette province de Schirvan offre encore un autre phénomène non nmins étonnant. Après les beaux jours d automne, quand l'air du soir est tiède, les champs autour de
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Diikoii |i;ir;iisseiit oiillaymiés. I^irfois ces tt;uiiiiies seiiilileiit couler rMjiirlcment et par groupes du liant des rochers, laiulis que louLe la chaine des collines environnantes reluit d'une lueur bleuâtre. Selon M. Ilansteen, les innombraliles flammes qui, tantôt séparées, tantôt réunies couvrent la plaine, quand les nuits sont noires et chaudes, effrayent vivement les chevaux et tous les êtres aiiiuiés ; mais elles durent rarement plus de quatre heures. C'est dans les mois. d'octobre et de novembre qu'elles se montrent le plus fréquenunent, mais ce feu aérien ne brûle aucune étoffe inflammable. Les joncs et l'herbe sèche ne prennent jamais feu, quoique toute la surface de la terre semble recouverte de flammes ; et si l'on se trouve an sein même de ce merveilleux incendie, ou ne ressent aucune chaleur.
Ou peut ranger, je crois, parmi les terrains ardunts, une partie de celte curieuse région volcanique de l'Amérique centrale où s'élèvent les petits cônes que les indigènes a])pellent marabios. Il y a de nombreux endroits où le sol est criblé d'orifices d'où s'échappent constamment des va})eurs lumineuses. Pendant le jour, on ne remarque, àces endroits, qu'une sorte de vibration de l'atmosphère échauffée à la surface du sol; mais, pendant la nuit, le site est éclairé d'une lueur éthérée, vacillante et bleuâtre, analogue à la ilamme des alcools, qui tantôt couvre toute la surface du sol, tantôts'élève eu hautes spirales, pour s'abaisser ensuite en s'éteudant de toutes parts : c'est un spectacle étrange el qui n'a l'ien de terrestre. La population des caïupagnes donne à ce singulier
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|ilit''UoiiièiiL' le 111)111 (II' llailc de lus Demonivs, la danse des démons.
Les terrains ardents de la Chine, snrtuiil les moiitai;iies luiniiieuses, préseiiteul, |iaiaiL-il, nii spectacle analogue, mais sous un asj)ect [tins imposant. Ces montagnes dégagent contiiuiellement des gaz endammés qui épanclienl sur tonte la loiiliée une lueur transparente comme celle de Taniore.