‹ Les volcans et les tremblements de terreChapitre 80 sur 98 · LES · texte numérisé non relu

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LE TREAÏBLEMENT DE TEURE

Lorsque les volcans entrent en fureur, ils inspirent l'épouvanto et couvrent de luinos la contrée soumise à leur empire ; mais le naturaliste, habitui' à braver la colère de ces monstres, peut souvent les contempler sans péril. Pour les aborder, il peut clidisir le moment ou Tendioit favorable, il peut rester calme durant leur longue fureur, et, s'il a l'esprit fortement trempé, il peut observer, il peut étudier en repos la scène tumultueuse qui s'offre à ses regards. Et puis, il n'y a pas seulement de la grandeur dans le spectacle qu'il conlein- ]tle, il y a aussi une beauté suprême qui réconforte son âme oppressée.

Il n'en est pas ainsi du phénomène que l'on se propose d'étudier : il est sombre, il est brusque comme la mori ; il est grand et mystérieux comme elle. La terre a Ircndib' pendant quelques secondes, et ([uelques secondes ont sulli poiii' bnnieverser de fond en comble dévastes territoires, pour dé- Iruire de grandes cités et briser d'innombrables existences.

oiO LES TP.EMBLEMENTS llE T E T. R E.

C'ost là le plus terrible, le plus inquiétant de tous les phénomènes qui se produisent sur noire planète. Et quiconque a été témoin de ces terribles commotions, aura pu s'assurer combien Humboldt avait raison de dire que l'impression pi'ofonde et inexprimable que laisse en nous une jtarcille catastrophe, n'est nullement causée par le souvenir des scènes navrantes auxquelles on a assisté. Ce qui nous saisit d'une manière si frappante, c'est surtout l'ébranlement, la destruction de notre confiance dans l'immobililé de l'écorce terrestre. Une puissance occulte, inconnue, agite mystérieusement le sol sous nos pieds, et aussitôt s'écroule cette confiance qui nous était chère, qui nous était inni'c, et que nous croyions la vérité même. Désormais, le moindre bruit, le plus léger frémissement de l'air, tout attire notre attention, et nous n'osons plus nous lier au sol qui nous porte.

Les Iromiilenieiits de terre les moins piononcés sont ceux (pii' les lialiitiints de rAniéii(|ue du Sud ap])ell('iil des Trcm- Idores, et qui oui une certaine analogie avec les frissonnements du corps humain. Ils sont très-fréquents dans les contrées sujettes aux plus violents ébranlements; et ils produisent t.nit(it une espèce de bourdonnement, tauLùt un bruit comparable à une explosion lointaine. Ces frémissements sont semblables à ceux qui se manifestent dans les volcans pendant les éruptions, i^t dont la sphère d'activité se borne au cône volcanique ou tout au plus au voisinage imm(''diat. Fréquemmeul ils viennent à la suite des grands tremblements

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