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ÉRUPTIONS VOLCANIQUES

Existo-t-il un rapport intime entre les éruptions des volcans et les tremblements de terre? 11 règne à cet égard quelque dissentiment entre les observateurs. On pourrait citer un grand nombre de tremblements de terre qui eurent lieu sans être accompagnés d'éruption volcanique, et d'autres qui étaient évidemment liés à l'action des volcans.

Pendant l'éruption volcanique, le sol éprouve un ébraulenieiit qui parfois se propage à une grande distance. On en cul un exemple remarquable dans le tremblement de terre de Java, en 1099; il fut ressenti particulièrement à Batavia, où l'on apprit qu'il avait été causé par l'éruption du Gunung Salak, éloigné de cette ville de plus de cinquante lieues.

En revanche, il y a des éruptions non accompagnées de secousses du sol. C'est ainsi que le Maunaloa est entré presque

toujours en éruption sans le moindre ébranlement de l'Ile de Havai, et cependant le pays est sujet aux tremblements de terre.

Si l'on s'arrêtait aux résultats des travaux de M. Perrey et de M. Kluge, on serait amené à nier que les deux grands phénomènes puissent jamais avoir une commune origine ; car les belles recherches de ces naturalistes établissent que le plus grand nombre d'éruptions ont lieu en été, tandis que la plupart des tremblements de terre ont lieu en hiver.

On a constaté également que les plus terribles commotions de l'Europe et de l'Amérique méridionale, celles qui ruinèrent des villes considérables et des provinces entières, n'avaient pas été accompagnées d'éruption volcanique.

Il y a plus : contraii'ement à ce que l'on pensait autrefois, des recherches récentes établissent que ce n'est pas dans les terrains volcaniques que les secousses se distinguent par leur fréquence et leur fureur; l'Angleterre, par exemple, où l'on ne rencontre pas de roches volcaniques, a ressenti, dans les temps historiques, plus de deux cents tremblements de terre. Toutefois, certaines contrées n'en ressentent que très-rarement les effets et n'ont jamais été exposées à de grands ravages : tels sont les pays formés d'alluvion, à l'emliouchure des fleuves. On prétend aussi que dans la basse Egypte, et sur la C(jle orientale de l'Amérique du .sud, depuis le cap llorn jusqu'à renilioucluue de la Plata, il n'y a jamais eu de tremblement de teire; mais celte assertioîi parait reposer sur des données inexactes.

ÉRUPTIONS YOI.CAMQUKS. ofiO

On ju'ut, je crois, at'tiriiior ([u'aiicuiie région do la Iimic n'est complètement protégée contre l'action souterraine, et qu'il n'existe aucune contrée dont la nature du sol puisse exclure la possibilité d'une catastrophe. Et cependant ce serait méconnaître l'autoriti' des faits que de nier une relation directe entre l'activité des volcans et les tremblements de terre. Quoique des éruptions isolées aient eu lieu sans secousses apparentes, quiconque s'est trouvé près d'un volcan ne peut douter que les foyers d'éruption ne donnent naissance à des tremblements de terre d'une grande puissance.

Parfois, les ébranlements qui accompagnent l'éruption volcanique sont limités à un espace restreint : le sommet du volcan tremble et s'agite, sans qu'on ressente la moindre secousse dans les parties inférieures du cône ; la montagne entière oscille, sans qu'aucune commotion ébranle le sol environnant. Dans d'autres cas, principalement lors des grandes éruptions, toute la contrée est ravagée par de violents tremblements de terre.

On a remarqué surtout que lorsque surviennent de graves éruptions dans l'Amérique centrale, il se produit des ébranlements dans d'autres localités éloignées. C'est ainsi que, quelques semaines après l'éruption du Coseguina , toute la Nouvelle-Grenade fut ébranlée par des convulsions terrestres. Le tonnerre souterrain se fit entendre simultanément à Nicaragua, à Popayan, à Bogata, à Santa-Marta, à Caracas, à Haïti, à Curaçao et à la Jamaïque. Cette simultanéité d'action des forces souterraines s'est aussi manifestée dans les tremblements de terre (|n'(iiit éprouvés le Venezuela, le Pérou, le

Chili, les Antilles, le Mexique et la Californie. Chaque fois qu'au Venezuela et qu'au Chili les secousses ont été violentes, la république de Cosfa-Rica en souffrait ; et ce furent toujours les villes de San José, d'Hérédia et de Barba, voisines des volcans d'Orosi et de Cartago, qui en éprouvèrent les plus grands désastres.

Dans la plupart des contrées qui sont tour à tour ravagées par le feu des volcans et par les commotions souterraines, on considère la bouche du volcan comme une soupape de sûreté; on y a observé que pendant l'activité des volcans les secousses sont moins violentes, et que la plupart des grandes commotions ont eu lieu pendant le sommeil du volcan.

Somme toute, nous croyons avec U. Mallet qu'il existe plus qu'une vague relation entre les volcans et les tremblements de terre; comme lui, nous pensons qu'on a également tort de considérer le tremblement de terre comme la cause du volcan, ou le volcan comme celle du tremblement de terre : ces phénomènes sont tous deux des manifestations inégales des mêmes agents, mais dans des conditions différentes.

CATASTROPHE Di: SAN SALVADOR

Comme toutes les villes espagnoles de l'Amérique, San Salvador, capitale de la république, s'étend sur une superficie considérable, eu égard à sa population. Les maisons sont basses ; aucune d'elles n'a plus d'un étage ; les murailles sont très-épaisses, afin de pouvoir résister aux tremblements de terre. A l'intérieur de chacune des habitations se trouve une cour plantée d'arbres et souvent une fontaine. C'est à l'existence de ces cours, qu'en 1854, les habitants de San Salvador durent de ne pas périr tous sous les décombres; ils y trouvèrent un refuge contre la chute de leurs demeures. A cette époque, on évaluait à 25,000 âmes la population de cette capitale

San Salvador avait déjà plusieurs fois soulfert des tremblements du sol. On cite les tremblements de terre de 1575, 1595, 1625, 1656 et 1798. Un autre, survenu en 1859, avait presque complètement détruit la ville que la population

f,72 LES TliE M ELEMENTS DE T E U R E.

vouliiit ahandonner. Plusieurs lois aussi le volcan, au jiied duquel la ville est située, a vomi du sable et .menacé la cité d'une dévastation complète. Les habitants, accoutumés, du reste, à de légères oscillations, étaient plongés dans une sécurité complète et raillaient les « vieilles taupes » qui avaient établi leur demeui'e sous la ville. La fréquence des secousses avait fait surnommer la ville de San Salvador « le Hamac. »

Ces mêmes habitants furent cruellement détrompés lorsque, variant brusquement de caractère, les secousses, si bénignes d'ordinaire, firent place au paroxysme le plus furieux, et que les oscillations légères du « hamac » se transformèrent en une scène de dévastation que la plume est impuissante à décrire.

Une circonstance remarquable caractérise particulièrenu^nt les grands tremblements de terre de l'Amérique centrale, sur lesquels il existe des données historiques; nous voulons parler de la répétition périodique des secousses. La bibliothèque de Guatemala renferme des documents imprimés relatifs aux castastrophes qui ont bouleversé le pays depuis environ trois siècles, et il en résulte la preuve certaine que presque toutes ont été accompagnées de chocs répétés et plus ou moins violents'.

Mais aucune de ces catastroplies n'avait eu des effets aussi désastreux que le tremblement de terre dont on s'occupe en ce moment. L'épouvante qu'il jeta dans les âmes fut

' Maurice Wasner.

CAÏASTIKU'IIK m; SAN SAl. VAlml;. 573

si grande, qu'après la catasti'ophc, la population ne voulut plus s'établir au mémo endroit, et qu'elle proposa de choisir un autre emplacement pour y construire la capitale. II en avait été de même poiu* Guatemala qui. bâtie d'abord à l'endroit que l'on nomme maintenant Antigua, la vieille cité, fut presque complètement détruite en 177." par un tremblement de terre. Il est peu probable que la secousse qui ruina cette ville ait été aussi forte que celle qui détruisit San Salvador, et dont la violence ne saurait être comparée qu'à celle de l'ébranlement qui anéantit Caracas en 1812, et causa la mort de 10,000 personnes. Dans ce tremblement de terre, il y avait eu trois secousses teiTibles qui ne durèrent chacune que deux ou trois secondes; celles qui détruisirent San Salvador ne se prolongèrent pas au delà de dix secondes'. La nuit du 16 avril IS54 restera comme un triste souvenir dans la mémoire des citoyens de Salvador. En cette nuit funeste, l'heureuse et belle capitale fut réduite en un monceau de ruines. Dès la matinée du jeudi saint, on sentit des mouvements du sol précédés d'un bruit semblable au roulement de l'artillerie sur le pavé ou aux grondements lointains du tonnerre. Ce phénomène jeta l'alarme parmi les habitants, mais ne les empêcha pas de s'assembler dans les églises pour assister aux solennités du saint jour. Le samedi, tout était tranquille; la confiance était revenue, le peuple se réunissait selon l'usagepourcélébrer la fête dePàques. Le calme continua pendant la nuit et la journée du dimanche. La chaleur

' Squier, Jioiei on Central America. — Nicaragua, its Peopki etc.

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était très-forte, il est vrai, mais l'atmosphère était pure et limpide. Rien d'extraordinaire ne se produisit pendant les trois premières heures de la soirée ; mais à neul' heures et demie, une forte secousse, que n'avait précédée aucun des bruits qui se font habituellement entendre à l'avance, vint jeter l'effroi parmi la population. Un grand nombre de familles sortirent de leurs demeures et vinrent camper sur les places publiques; d'autres se préparèrent à passer la nuit dans les cours de leurs maisons.

Enlin, à onze heures moins dix minutes, sans aucun phénomène précurseur, la terre se mit à trembler avec une telle violence, qu'en dix secondes tonte la ville fut renversée; les maisons et les églises s'écroulaient avec un fracas épouvantable ; un nuage de poussière s'élevait des décombres et enveloppait dans ses ténèbres les habitants frappés de terreur. Les puits et les fontaines furent comblés ou desséchés; pas une goutte d'eau pour soulager les malheureux à demi suffoqués. La tour de la cathédrale entraîna dans sa chute une grande partie de l'édifice. Celle de l'église de San Francisco écrasa, en tombant, l'oratoire et le palais épiscopal. L'église de Santo Domingo fut ensevelie sous les débris de ses tours, et le collège de l'Assomption fut complètement détruit; le nouvel et bel édifice de l'Université fut démoli; l'église do la Merced s(> fendit par le milieu, et les murailles tombèrent de chaque côté. Un petit nombre de maisons restèrent debout; mais toutes devinrent inhabitables. Il est à remarquer que les vieux murs résistèrent seuls à ce furieux ébranlement; toutes les constructions modernes s'écroulèrent. Les édifices publics

CATÂSir.nPlli: DK SAN SAI.VMioi;. 575

lurent détruits aussi liii'u {\\\f les maisons particulières. Dix secondes suffirent |hiui' inoduirr une |)areille dcvaslaliou. Les secousses qui suivirent fuient terribles aussi et lurent accompagnées d'effroyables grondements souterrains ; mais elles no produisirent, en comparaison de la première, (pie des désastres peu considérables : le premier ébranlenieiil n'avait presque rien laissé debout.

C'était, en cette nuit funèbre, un tableau terrible et solennel; la foule, entassée sur les places publiques, implorait à genoux la miséricorde céleste; chacun appelait, d'une voix déchirante, ses enfants ou ses amis, que l'on croyait ensevelis sous les ruines. Lu ciel opaque, d'une teinte sinistre; un mouvement du sol, rapide et irrégulier, causant une terreur indescriptible ; une forte odeur sulfureuse emplissant l'atmosphère et faisant prévoir une prochaine éruption du volcan ; les rues encombrées de ruines ; les murailles penchées menaçant de tomber ; un nuage de poussière suffocant, — tel était le spectacle que présentait la malheureuse cité en cette nuit épouvantable.

lue centaine d'enfants étaient enfermés dans le collège; les hôpitaux étaient remplis de malades, les casernes pleines de soldats. L'idée de la mort terrible à laquelle tous ces malheureux n'avaient pu échapper se présenta bientôt à l'esprit. On croyait que le quart, au moins, des habitants était englouti. Les membres du gouvernement se hâtèrent de s'assurer de l'étendue du mal et de rassurer la population. On reconnut bientôt qu'il y avait beaucoup moins de morts et de blessés que l'on ne pensait. Parmi ces derniers se trouvèrent

l'évèque, qui reçut à la tète un coup terrible, et le président Duenas qui fut grièvement blessé.

Heureusement le tremblement de terre ne lut pas suivi de pluie, ce qui permit de retirer des décombres les archives l)ubliques, ainsi que beaucoup d'objets précieux'.

Les mouvements du sol durèrent longtemps ; la population, craignant que tout le sol sur lequel était bâtie la ville ne lût englouti ou couvert par une éruption soudaine du volcan, se hâta de s'éloigner, emportant ses dieux lares, ses doux souvenirs de l'enfance, ses animaux domestiques, les seuls biens qui restassent aux familles. Chacun pouvait s'écrier avec Virgile : Nos patrix fines et dulcia linquimus arva.

M. Maurice Wagner se trouvait à San Salvador au moment de cette épouvantable catastrophe. Il dit que la lime brillait d'une lumière éclatante, lorsque tout à coup une lueur lugubre se répandit sur l'emplacement qu'occupait la capitale. C'était la ville entière qui s'écroulait.

« En arrivant sur la place, qu'éclaraient encore les pâles rayons de la lune, dit le voyageur allemand, je fus témoin d'un spectacle étrange. La foule agenouillée, qui gémissait ou priait, appartenait à toutes les classes de la société. De vieux patriciens, descendants d'illustres familles créoles, se trouvaient mêlés aux gens de la condition la plus infime. Les femmes, surprises pendant le sommeil, faisaient peine à voir, et maintes senoras ou senoritas, des plus élégantes du pays,

' Boklin exlraordinario del Gobierno del Salvador.

CATASTROriIF. HK SAN SALVADOli.

gisaient çà et là à peine velues; heureuse encore celle (|iii avait pu, en fuyant, arracher de sa couche le drap qui l'enveloppait. »

Catastrophe de San Salvador.

Au milieu de cette scène de terreur, ou apercevait de temps en temps un ladino ou un Indien se glissant pjiruii les ruines et cherchant à enlever ce qui s'y trouvait de plus précieux.

Effrayés par un nouveau choc ondulatoire qui ébranla les murs restés encore debout, les maraudeurs indiens, semblables à des démons, s'élancèrent de leurs cachettes, et unirent leurs prières à celle de la foule assemblée. Ce sont en effet des chrétiens fervents que ces bandits lorsqu'ils pensent être au pouvoir de la mort, mais lorsque le danger est passé,

leurs instincts de rapine reprennent bien vite le dessus. Quelques instants après la secousse, ils retournaient à leur criminelle besogne, sans être inquiétés, car, dans le premier moment, les habitants étaient trop frappés de stupeur pour songer sérieusement à sauvegarder leur propriété. La vie leur pai'aissait le plus précieux de tous les biens, et courbés sous un sombre désespoir, ils n'opposaient aucun obstacle au brigandage des Indiens.

La malheureuse cité était non-seulement détruite, mais encore le char de l'État menaçait de dévoyer complètement. Il n'existait plus ni gouvernement, ni justice, ni police, ni même de clergé. La foule criait et priait près des ruines, mais aucun prêtre n'apportait aux fidèles des paroles de consolation ou d'encouragement. L'évêque, don Thomas Saldanna, vénéré par le peuple entier comme un saint, n'avait pu, à cause de son grand âge, quitter à temps son palais, et gisait sur le sol, la tête grièvement atteinte. «Lorsque l'évêque se releva, dit M. Wagner, son sang-froid l'abandonna complètement, et il donna le premier le signal de la fuite. Dieu, dit-il, a abandonné la ville au pouvoir du démon, à cause de ses péchés et malgré le nom qu'elle porte; la cité entière et ses environs seront précipités au fond des enfers. » La déroute devint alors générale, et avant l'aube l'évêque était parti avec tout son clergé dans la direction de Cajutepeque.

Dans cette situation critique, on pouvait craindre que l'hydre de l'anarchie politique ne relevât sa tête multiple. La guerre civile avait ravagé la malheureuse république pen-

CATASTFIUI'II 1-; ni' SAN SAI.VAlHii;. f,7'J

daiil (io longues années, et l'on rodniitail (1(^ iioiivclli's calamités. D'épouvantables désordres étaient a icildntii', mais au sein du péril un homme, d'une présence d rsiirit mcivi'illeuse et d'une énergie peu coinniuiie. apparut et tut le vi'iitable sauveur du pays.

Un ancien moine, don José Francisco Duenas. ex-avncal et député, ancien jursident de la répuMii|Ut', ictiii' (Icpuis dans la vie privée et propriétaire duue liaiicmla, réunit sur la place du Marché quelques-uns de ses amis les jdus fidèles, et ils recueillirent sous les débris des casernes toutes les armes qu'ils purent trouver. Dès ce moment, et quoique blessé à la tète, Duenas se multiplia, il sut coiuiuiiuiqucr quelque chose de son énergie au président nouvcllcuicul élu. don José Maria San Martin, l'ne troupe d'une cinquantaine d'iiommes de cœur se réunirent, et des patrouilles circulèlent dans les rues malgré les secousses continuelles qui se succédaient à chaque instant.

Tout pillard convaincu de vol l'ut immédiatement jugé et lusillé. Lorsque les maraudeurs euli'udirent le bruit de la fusillade, ils se dispersèrent dans la campagne ou volèrent du moins avec plus de précaution; le désir du gain lit place à la crainte de la mort. Des milliers d'Indiens crurent plus prudent de s'offrir comme portefaix pour retirer les objets précieux des ruines qui les recouvraient.

« Quant à moi, dit M. Wagner, abandonné de tous ceux que je connaissais, étranger au pays, et en proie à des accès de fièvre intermittente, je retournai le lundi de Pâques (la catastrophe avait eu lieu le dimanche) à la chacara du vice-

580 LES TREMBLEMENTS DE TEIil'.E.

consul de l'russc : on nomme ainsi de petites maisons de campagne, par opposition aux grandes haciendas. Cette villa était située dans une délicieuse vallée arrosée par le rio .4s.se/huatc, près d'une source thermale ombragée d'une ceinture de palmiers.

« J'avais quitté cette habitation la veille de la catastrophe. Uuel triste changement s'y était opéré dans l'espace d'un jour! Le maitre de la maison s'était réfugié à Apopa avec sa famille et ses domestiques; les murs seuls de sa demeure étaient restés debout, mais ils présentaient de nombreuses crevasses, et une partie de la toiture s'était effondrée. Les palmiers eux-mêmes avaient beaucoup souffert, et les secousses avaient détaché des montagnes environnantes d'énormes blocs qui, roulant dans la vallée, avaient comblé le lit du ruisseau. Tout enlin |)ortait la trace d'une dévastation complète. »

La scène d'horreur se prolongea non-seulement plusieurs jours après la catastrophe, mais elle s'accrut encore par suite de la panique qui s'empara de la population, quoique les secousses diminuassent sensiblement. Lorsque la nouvelle se répandit qu'Apopa, grand village indien situé à 4 lieues à l'est de la ville détruite, avait été respecté par le fléau, on vit des milliers de personnes se précipiter dans cette direction. D'autres s'enfoncèrent dans la campagne. Un grand nombre suivirent l'évèque et son clergé, espérant être plus en sûreté au|)rès du pieux pasleur.

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