CHAPITRE LXXIU
|iii adaint h Antonio de Faria , iuaques à son arriuée la montagne Gaogitanou, et de la deformité des âmes ausquels il paria.
JoNTiMUAirr nostre route à force de rames et
voiles , tournant la prouë par diuers endroits^
,^use des grands destours de la riuiere, le len-
^ 3inain nous arriuasmes à vne fort haute mon-
. jgtï^XiomméeBotînqfau , où couloient plusieurs
. iuieres d'eau douce. En cette montagne il y
^ auoit quantité de Tygres, de Rhinocéros, de
.^-Lyons, d'Onces, deZeures, et d'autres tels ani-
.. maiu de diuerses sortes , lesquels sautaus et
^- crians par vn naturel farouche, faisoient vue
454 YOTAGK8 ADUAffTDBEUX
crueUè guerre aux autres bestes plus comme Cerfs, Sangliers, Singes , Magots, Guenons , Loups et Renards ; à quoy nous prismes vn merueilleux plaisir, et nous amusasmes vn as* sez long-temps à les voir , mesme* ctes Nauires où nous estions nous criasmes tous à la fois pour leur donner Tespouuante; dequoy neantmoios ils ne s'effrayèrent que bien peu , pour n'auou accoustumé d'estre poursuiuis des chasseurs. Nous fusmes environ six iours à passer cette montagne, 'qui pouuoit estre à 4o. ou 5o. lieues de chemin. Au sortir de ce mont nous en treu* uasme vn autre qui n'est pas moins sauuage , et qui s'appelle Gangitanou ^ d'où passant outre, tout le reste de ce pays est fort raboteux et presque inaccessible. Dauantage il est plain de si espaisses forests, que le Soleil n'y peut communiquer ses rayons , ny la force de sa chaleur en aucune façon que ce soit. Similau nous dict, qu'en cette mesme montagne il y auoit enuiron nonante lieues de terre déserte , pour n'estre propre au labourage , et que seulement au bas de ke lieu habitoient certains hommes grandement difformes, appeliez GigauhoSj qui viuoientbnitalemeut, et ne se nourrissoient d'autre chose que delà chasse qu'ils pouuoient faire , ou du rix que les marchands de la Chine leur apportoient de Catan , en eschange des fourrures qu'ils leur
DR EERNkJiD MBfîJDEZ PIKTO. l^bS
>ailloient , en sifitte de cela il iipu^ (iict, qu'il ^stoit bien asseuré que les droits que Ton payoil de çç§ peaqx au^^ douanes d^ Poca^ser et de Lantau y se monf oient au nombre de 240000. Gates , et que chacun Cate ou Balot estoit de soi:[^ai)te peaux ; d'où Ton peut inférer que si le Chinois d.isoit vray , il sortoit tous les ans de ce pays plus de deuiL pent paille fourrures / (lont ces peuples se sier^pient en hyuer à doubler lei^ robe^ , tapisser ^e,s mgi^ons , et ^ £^ire (les couu^>*ture$ de lict, pour résister à la froideur du climat qui (BSt gran4e. Alors Antonio de Faria bien estouné de> cela» et de plusieurs autres choses que Similau luy disoit; mais plus ei)Core de. la difformité de ces Gigaiff^Sy dont ce Chinois Tentretenoit 9 il le pria qu'il ta^chast de luy e^ faire voir quelquVn j Tas^euranf que cela le tputenteroit plus que s'il luy donnqit tqus Içs thresors de la Cbme; à q^oy Similau luy ^st response , Seigneur Capitaine , puis que ie voy que cela m'importe, tant pour me maintenir en crédit enuers vous, que pour imposer silence à ceux qui murmurent contre moy , et qui se ppussant Wn l'autre se mocquent de moy , quand ie vqu^ raconte ces choses qu'ils tiennent pou^* autant de fables » afin que par vne vérité ils puissent entrer en cognoissance de l'autre , ie vous promets qu'auparauant.qup le Soleil soit couché ie vous feray voir
456 VOYAGES ADUÂHTDREUX
V ne COU pie de ces gens* là , et parler k eux , à concbtion que vous ne mettrez point pied à terre, comme vous auez tousiours £aict iusqu^ maân» tenant, de peur qu'il ne vous arriue quelque malheur, comme il aduient tous les iours aox marchands qui se veulent pourmener aux despens du bien «rautruy. Car ie vous asseure que les Gigauhos sont d'vn naturel si brutal et si farouche , qu'ils ne se nourrissent que de chair et de sang, comme tous les animaux qui vivent dans ces forests. Ainsi comme nous continuoos d'aller k voile et à rame le long de ces costes, voyant tousiours Tespaisseur des arbres et la rudesse des montagnes, ensemble vn nombre infiny de guenuches, singes, renards, loups, cer&, sangliers , et autres tels animaux sauuages , qui À force de courir dans ces lieux couuerts, s'em* barassoient les vns dans les autres, nous prismes garde qu'ils faisoient vn si grand bruit que nous ue pouuions nous entr'ouïr lors que nous parlions, chose qui nous desennuya vn asseï long^temps; cependant de derrière vne pointe que feisoit la terre , nous vismes venir vn ieune garçon qui n'auoit pas vn seul poil de barbe, et qui chassoit deuant luy six ou sept vaches qui paissoient là tout auprès. Sijmilau luy ayant faict signe auec vne seruiette, il s'arresta tout incontinent , puis quand nous eusmes abordé la riue
DE FBRVAHD MSITDEZ PIITTO. -4^7
OÙ il estoity Similau lui monstra rne pièce de taffetas yerd^ estofFe qu'il nous dict estre fort agréable à ces hommes brutaux. Par mesme znoyen il luy demanda par signe s'il la vouloit acbepter; sur quoy s'estant approché de nous , il nous respondit auec vne voix fort casse , Qui'ieu paran^faufau. Paroles que nous ne peusmes comprendre , à cause que pas vn de ceux qui estoient dans nos yaisseaux n'entendoit ce langage barbare , tellement qu'il falloit que tout ce commerce ne sefist que par signes. Alors Antonio de Faria commanda que de cette mesme pièce de taffetas on luy en donnast trois ou quatre aulnes, ensemble six pourcelaines; dequoy ce saunage tesmoigna d'estre fort content, si bien qu'ayant pris l'vn et l'autre , transporté de ioye qu'il estoit , il se mist à dire , Pur pacam pochjr pilaca hunangue doreu ; ce que nous ne pûmes entendre non plus que le reste. A l'heure mesme faisant signe de la main vers le lieu d'où il estoit , il s'y en retourna , et laissant ses vaches près du riuage il s'en alla courant vers le bois, vestu qu'il estoit d'vne peau de Tygre , les bras nuds , et les pieds aussi , et la teste descouuerte, n'ayant pour toutes armes qu'vn- baston bruslé par le bout. Au reste il estoit fort bien proportionné de ses membres, et auoit les cheueux roux et crespelus qui luy pendoient dessus les
45() ^VOYAGES ABUAHTURBUX
espiiulf S. Quant k S9 ^iU^ à W. qu'on ^n pouuou çpQJecturer, elle e^toit bien de plus de du pana de haut ; mais nous fuames tous estonnes qu'vn quart d'heure aprea il s'en reuinf au raespae lieu pprtant sur seaespaulea vn Cerf tout en vie ^ et ayant $n sa compagnie treize personnes, à sçauoir huict hommes et cinq feaimes. qui amenoieut trois vaches liées, et dansoient tgus ensen^blç au sou d*vn tarobour Impérial, sur lequel ils frapppient cinq fois de temps en temps I et en faisoient fiutant auec les mains , disans d'vne voix fort oasae , Cur qop hmaufa* Um. Alors Aptonio de Faria leur fit raonstrer cinq ou six pièces d'estoffe de soye , ensemble quantité de ppurcelaipes , pour les obliger à croire que nous estions marchands; ce qu'ils firent bien-aises de voir. Toutes oes personnes taat hommes que femmes estoient vesti^ dVoe mesme façon , sans qu'en leur habillement il j eust d'autre différencei sinon que les femmes portoient au milieu de leur bras de gros brasse* lets d'estain, et qu'elles auoieni les cheueuz beaucoup plus longs que les hommes y pu elles portoient quantité de fleurs semblables à cdhs que nous appelions flambes. Oauantage en leur col elles auoient des chaisnes de coquilles rou* ges, qui n*estoient gueres moins grandes que celles des huistres; pour les hommes ils portoient
DE FBBNAND MfiNOEZ PIVJTO. 4^9
«n Qiain de gros bastonsgarnis iusqu'au milieu
des mesmes peaux dont on lea voyoit couuerts.
An reste ils auoi^nt tou^ vne mine fort farouche,
les lèvres grosses , le nez plat, les narines larges,
et tout le reste du corps énorme, mais non pas
tant comme nous croyons; oar Antonio de Fariji
les ayant faict mesurer , il se treuua qne le plus
haut d'entr^eux ne passoit pas dix pans et demy
de hauteur^ reserué vn vieillard qui. en auoit
presque onze. Quant aux ffemmes leur taille n'es^
toit pas tout à fait de dix pans : à voir leur mine
ie iiigeay aussi-'tost qu'ils éstoient fort rudes et
grossiers , et moins raisonnables que tous les au*
très peuples que nous auions veus en nos con*
questes. Or Antonio de Fariq estant bien -aisé
qu'ils ne fussent point là venus inutilement, leur
fist donner soixante pourcelaines , vne pièce de
taffetas verd^ et vn panier tout plein de poivre;
dequoy ils tesmoignerent estre si eonte'ns , que
se prosternans à terre, et leuans les mains au
Ciel, ils se mirent tous si dire, Uumguahileif
opomgUapau lapaon ktpaon lapaon ; ce que nous
prismes pour des paroles de remeroiment à leur
mode; joint qu'il nous fut bien aisé de le iuger
par leur façon de faire , à cause que par trois dî^
uerses fois ils se ietterent par terre, nous don*
nant les trois vaches et le cerf, ensemble vne
grande quantité de poirée; puis ils dirent tous^
460 VOTaGBS ADDAITTCBBUZ
ensemble auec vne voix fort désagréable plusieurs autres mots selon leur jargon , doDt ie ne puis me souueDlr^ joint qu'il n'y auoit personne de nous qui les eutendist. Ainsi après auoir esté auec eux enuiroD trois heures parlant par signes, et n'estaus pas moins estounez de les Toir, qu'ils l'estoient eox-mesmes de nous regarder, ils s'en retournèrent dans le mesme bois d'où ils estoient venus, sautans à tous coups au son du tambour, pour monstrer qu'ils se departoioit d'auec nous grandement contens de ce que noos leur auions donné ; de U nous suiuismes nostre route à mont la riuiere par l'espace de câuq ioan, pendant lesquels nous les voyons tousioors le long de l'eau, et par fois comme ik se lauoteDt tous nuds. Mais nous ne voulusmes pas les aborder dauantage. Âpres auoir passé toute cette distance de terre , qui pouuoit estre de 4o- lieues, plus ou moins , nous nauigeasmes encore seize iours à £}rce de voiles et de rames , sans voir personne en ce lieu désert , si ce n'est que dnrant deux nuicts nous vismes quelques feux assez auant dans la terre. Â la fin après ce tempslà. Dieu nous fist la grâce d'arriuer à l'anse de Nanquiu , comme Similau nous auoit dict, auec espérance de voir dans cinq ou six iours l'effert tle nostre dessein.
DE FERRA RD MfiHDBZ PIRTO. 4^1
CHAHTRE LXXnr.
Des grands traaaux que nous eusmes en l'anse de Nanqnin , et de ce que Sîmilau uoas fit en ce lieu.
Abbiuez que nous fusmes en cette anse de Nanquin , le Pilote Sîmilau conseilla à Antonio de Faria de ne permettre qu'en quelque façon que ce fust aucun Portugais se fist voir à personne; adjoustant, que si telle chose arriuoit, il apprehendoit que quelque reuolte ne s'en ensuiuist parmy les Chinois , pource qu'en ce lieulà l'on n'auoit iamais veu iusques alors aucuns estrangers;' en suitte de cela il dit que luymesroe et les autres Chinois qui estoient dans les vaisseaux luy pourroient assez suffisamment rendre raison de ce qu'il demanderoit; qu'iiu reste son aduis estoit d'aller plustost par le milieu de l'anse^ que terre à terre, à cause du grand nombre de Lorchas et Lanteaas qui nauigeoient sans cesse de part et d'autre. Ce conseil fut trouué bon d'vn chacun , et il n'y eut celuy qui ne fust bien content de le suiure. Nous auions desia six iours à continuer nostre route vers
46a ▼OTA.OSS ADUANTimCinL
l'Est ' et l'Est Nordesl , lors que nous desom» iirismes deiiant nous vue grande ville nonnnée Sileupamor , où nous allasmes tout droit et 5 ontrasmes à deux heures de nuict dans le havre « où il faisoit fort bon ancrer à deux tieuës à Toh tour, aussi nous y vismes k Fancre td grand nombre de vaisseaux qui selon Taduis de qo^ ques vus estoient plus de trois mille de nombre.
ce qui nous donna si fort l'alarme , que sans oser
tant soit peu bransler^ nous en sortismes paisiblement. Trauersant donc la largeur de la riuiere, qui pouuoit estre desia de 6. ou 7. lieues , nous contiuuasmes tiostre route le reste du iour, et costoyasmes vne grande plaine , auec dessein de noua accommoder de viures au premier lien di nous en treuuerions. Or d'autant que nous n'en auions alors que fort peu y et qu'on nous les ds* tribuoit auec un grand ordre , nous passasmes 1 3. iours dans vne extrême nécessité , de telle sorte qti'on ue donnoit qu'à chacun trois bon* chées dé riz cuit dans de l'eati , satis autre chose quelconque. Comme nous estions en cette extre» mité nous arriuasmes près de certains édifices fort vieux que l'on appelloit Tanamadel , U nous mismes pied li terre vn matin auant le ioun et donnasmes dans vne maison qui estoit vn pen esloignée des autres , où il plât à Dieu que nous trouuasmes vne grande quantité de riz, en-
semble de petites febues de hâHquot^ de grands pots tous pleins de miel> dès oys^hs pàriFuroez^ d<es oignons , des auik et des éanes de sucre dont nous fismes telle prouision que noils irouhisnieâ. Quelques Chinois noU^ dSl*ent depuis que Cette maison estoit la despence d'Vn ho^pital qui se voyoit à deux lieues dé là, bù Toti feiisoit le^ prô-^ uisions des pèlerins qui pas^oient par là pour s'en aller en peterihàge visitier les tombéaut dès Roy^ de la Chine. Nouis éithJis l'embài'qUeï bien fbiinais de viuries ilbùis contihûlâsme^ nôstre voyagfe encore sèpi i^tlrs , qui faisoiènt dieux moià et demy , depiUs lé tettips que nous estions pjâHis de Liâtopoo. Déslors Antonio dé Fàriâ cûitimença d'entk'er en défiance de te que Similau lûy auoit dit, de lAâttiere qu'il se repentit d'àuoir èhttf'epris le voyage trohitne il le confessa publiqiikétne^t dèUânt toUSw Nëantifnoins pource qtfil n'y auoit point d'atatre remède pour luy que dé se i^doiiàmander à Dî^u, et se pt^eparet» anec prudence à tout ce qui luy pbuuoit àr'riuer , il lé fit îâiîiec beaucoup de courage. Il arriua cependant qu'vn matin ayant demandé à Similâu en quel Iteu il croyoit estre , il luy respondit fort tm\ k propos, et en homme qui serabloît =auoir perâtt le iugement , ou tjtn ne sçauoit quel chefrtin il âUroit faict ; Dèquoy Antonio dé Faria se mit si fort en cholere qu*il le voiilut tuer dVn
464 VOTAGES A.DCANTURBUX
poignard qu'il auoit à son costé , ce qu'il eust faici sans doute, s'il n'en eust esté diuerty par plusieurs personnes, qui luy conseillerenl de n'en rien fiiire , et que cela seroil cause de soo entière ruine. Alors ayant modéré sa cholere il obéit au conseil que ses amis luy donnèrent Pour tout cela neantmoins il ne fut pas si calme dans ce premier mouuement que portant sa main sur sa barbe il ne iurast : que si dans trob iours il ne luy faisoit voir ou le vray ou le frux de ce qu'il luy auoit dit il le poignarderoit in* failliblement* Dequoy Similau demeura si fort espouuenté, et en conceut vne telle apprehen* sion en son esprit , que la nuict suiuante comme ils estoient tous arrestez le long de la terre il se laissa couler du vaisseau dans la riuiere , ce qu'il fit si habilement qu'il ne fut apperceu de la sentinelle iusques à ce que les gardes furent finies qui en aduertirent incontinent Antonio de Fana. Cette nouuelle le mit alors si hors de soy-mesme, que peu s'en fallut qu'il ne perdist toute patience, ioinct que d'appréhension qu'il auoit qu'il n'arriuast quelque reuolte, à quoy il voyoit que les soldats estoient déjà disposés, il fiiiUit a tirer les deux sentinelles pour la mauuaise gaide qu'ils auoient faicte. A l'heure mesme il mit pied à terre auec tous les siens, et passa presque toute la nuict à chercher Similau sans le pouuoir ia-
DE FERN^ND MEjNDEZ PIHITO. 4^^ '
viais treuiier ny aucune autre personne viuante ^ui luy en peut donner des nouuelles ; #lais ce ij^u'il y eut de pire encore fut que s'estant rem* barque dans ses vaisseaux il treuua que de qna* rante-six mariniers Chinois qui estoient aueC luy, trente-six s'en estoient fuys pour preuenir le danger qui leur poiiuoitarriner; dequoy Ân^ tonio de Faria et tous ceux qui se treuuerent auec luy demeurèrent si estonnés^que ioignant les mains et haussant les yeux au Ciel f ils furent quelque temps sans pouuoir dire un seul mot , si bien que leurs larmes suppléèrent au defs^ut de leurs paroles > pour tesmoigner le secret res* sentiment qu'ils en auoient dans Tame: car ayant bien remarqué pour lors ce qui leur venoit d'ar« riuer , et l'extrême danger où ils se voyoient tous réduits ) la moindre chose qu'ils pouuoient faire dans cette confusion c'estoit de perdre le courage et le iugement , et à plus forte raison la parole. Neantmoins il fut question k la fin de prendre conseil sur ce qu'ils auoient à faire à Faduenir à quoy ils passèrent vn long temps sans rien résoudre, à cause de la grande diuersité d'opinions qu'il y auoit. Toutesfois il fut conclud en fin que nous poursuiurions tousiours nostre dessein , et tascherions de prendre quelqu'vn qui nous âist' combien il y pouuoit auoir de là iusques en l'Isle de Calempluy, ce que nous ferions TQir. I. 3o