‹ Les voyages de CyrusChapitre 12 sur 17 · acte, sans travail et sans succession. Il pense · texte numérisé non relu

acte, sans travail et sans succession. Il pense

(i) Voy. la mythologie des rabbins , dans le discours.

et lout d'un coup se pre'senlent devant lui toutes les manières par lesquelles il peut se peindre au-dehors. Un monde d'ide'cs se forme dans l'enlendement divin. Il veut, et soudain des êtres réels, semblables à ces idées, remplissent son immensité. La vaste nature est produite, distincte et séparée de l'essence divine. Le Créateur s'est dépeint en deux façons, par de simples tableaux et par des images vivantes. De là deux sortes de créatures essentiellement distinguées, la nature matérielle et la nature intelligente. L'une ne fait que représenter quelques perfections de son origine, l'autre le connaît et en jouit. C'est ainsi qu'il y a une infinité de sphères remplies d'intelligences qui les habitent.

Tantôt ces esprits s'abîment dans leur orir gine , pour en adorer les beautés toujours nouvelles; quelquefois ils admirent les perfections du Créateur dans ses ouvrages; c'est leur double bonheur. Us ne peuvent pas contempler sans cesse la splendeur de l'essence divine; leur nature, faible et finie, demande qu'ils se voilent de temps en temps les yeux. Voilà pourquoi la nature matérielle fut produite; c'était pour le délassement des intelligences. Deux sortes d'esprits perdirent ce bonheur par leur infidélité. Les uns , appelés Chérubins , étaient d'un ordre supérieur; ce sont

/aSo "VOYAGES

j^ présent les espjils infernaux. Les autres , appelés Ischims ^ étaient d'une nature moins parfj^ite^ ce sont le.s âmes qui habitent actuelleir ;uent les corps mortels.

Le c^ef (les Chérubins approchait plus près 4u trône que les autres esprits. Comblé des dons les plus éniinens du Très-Haut , il perdit sa sagesse par le vain amour de lui-même. Enivré de sa propre beauté , il se regarda ^ et s'é^ bleuit par l'éclat de .sa luraièi'^; il s'enorgueil- Jit d'abord^ se révolta ensuite, et entraîna dans ^a rebcjliojj la plupart des génies de son ordre.

Les Ischims s'attachèrent trop aux objets matériels; ils oublièrent, dans la jouissance des plaisirs créés , la souvei'aine félicité des esprit». Les premiers s'élevèient trop par vanité, les autres s'abaissèrent trop par volupté.

Alors une grande révolution arriva dans les ci,eux ; la sphère des Chérubins devint un chaos lénébreux où ces intelligences malheureuses déplorent gans consolation la félicité qu'elles ont perdue.

Les Ischims, moins coupables , parce qu'ils p' avaient péché que par faiblesse , furent condamnés par le Tout-Puissant à animer des corps mortels. Dieu permit qu'ils tombassent dans , une espèce de léthargie , pour oublier leur ancien étal. La terre qu'ils habitaient changea de forme ; elle ne fut plus un lieu de délices^

D£ CYRLS. 'i8i

mais un exil pénible où le combat continuel des élémens assujettit les hommes aux maladies et à la mort. Voilà le seus caché du grand législateur des Hébreux , quand il parle du paradis terrestre et de la chute de nos premiers pères. Adam ne représente pas un seul homme, mais toute l'espèce humaine. Chaque nation a ses allégories; nous avons aussi les nôtres. Ceux qui s'arrêtent à la lettre en sont blessés, et trouvent dans nos livres des expressions qui paraissent irop humaniser la divinité j mais le vrai sage en pénètre le sens profond, et y découvre les mystères de la plus haute sagesse.

Les âmes, détachées de leur origine, n'eurent plus entre elles un principe d'union fixe. L'ordre de la génération, les besoins mutuels et l'amour-propre , devinrent ici-bas les seuls liens de notre société passagère, et prirent la place de la justice, de l'amitié el de l'amour de l'ordre, qui réunissent les esprits célestes.

Il arriva plusieurs autres chaugemens dans ce séjour mortel, changemens conformes à l'état des âmes qui souffi-ent, qui méritent de souffrir , et qui doivent être guéries par leur.» souffrances.

Enfin, le grand prophète, que nous appelons le Messie, viendra rétablir l'ordre dans r univers. C'est lui qui est le chef et le cou-

ducteur de toutes les intelligences. Il est le premier né de toutes les cre'atures; la divinité s'est unie à lui d'une manière intime dès le coraraencenient des temps ; c'est lui qui venait entretenir nos premiers pères sous une forme humaine j c'est lui qui apparut sur la montagne sainte à notre législateur; c'est lui qui a parlé aux prophètes sous une figui'e visible; c'est lui qu'on appelle partout le Désiré des nations^ parce qu'il leur a été connu , quoiqu'imparfaitement, par une tradition antique dont elles ignorent l'origine ; c'est lui enfin qui viendra triomphant sur les nue^; pour l'établir l'univers dans sa splendeur et sa félicité primitive.

Voilà le plan général de la Providence. Le fondement de toute la loi et de toutes les prophéties est l'idée d'une nature pure dès son origine , d'une nature corrompue par le péché , et d'une nature qui doit être renouvelée un jour. Ces trois grandes vérités nous sont dépeintes dans nos livres sacrés sous plusieurs images différentes. La captivité des Israélites dans l'Egypte, leur voyage par le désert, et leur arrivée dans la terre de promission , nous représentent la chute des âmes , les peines qu'elles souffrent pendant cette vie mortelle, et leur retour dans la patrie céleste.

Cyrus, transporté et presque hoi's de lui,

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n'osait intcri'olnpre le philosophe; voyant enfin qu'il ne parlait plus : Vous me donnez , lui dit-il^ une plus haute idée de la nature divine que les philosophes des autres nations. Ils ne m'avaient représenté le premier principe que comme une souveraine intelligence qui a débrouillé le chaos d'une matière éternelle ; mais vous m'apprenez que celui qui est a non -seulement arrangé cette matière, mais qu'il l'a produite, qu'il lui a donné l'être comme le mouvement, et qu'il a rempli sou immensité de nouvelles substances aussi bien que de nouvelles formes. Vous ne me faites voir dans l'univers qu'une seule Divinité suprême, qui donne l'existence, la raison et la vie à tous les êtres. Voilà le Dieu d'Israël , si supérieur à ceux de tous les autres peuples.

Je vois de plus que votre théologie est parfaitement conforme à la doctrine des Perses^ des Egyptiens et des Grecs sur les trois états du monde.

Zoroastre , instruit des sciences des gyninosophistes , m'a parlé du premier empire d'Oromaie , avant la révolte d'Ariraane , comme d'un état où les esprits étaient heureux et parfaits. En Egypte , la religion d'IIormès nous représente le règne d'Osiris avant que le monstre Typhon eût percé l'œuf du monde , comme un état exempt de malheurs et de

passions. Orphée a chanté le siècle d'or, comme un élat de simplicité et d'innocence j chaque nation forme une idée de ce monde primitif selon son génie. Les mages , tous astronomes , l'ont placé dans les astres j les Egyptiens, tous philosophes , en ont fait uue république de sages ^ les Grecs, qui aiment les images champêtres , l'ont dépeint comme un séjour de bergers.

Je remarque encore que les Sibylles (i) ont annoncé l'avènement d'un héros , qui doit descendre du ciel pour i-amener Astrée sur la terre. Les Perses l'appellent Mythras j les Egyptiens, Orus ; les Grecs, Jupiter, conducteur et sauveur. Ils diffèrent ^ il est vrai , dans leurs, peintures; mais tous conviennent des mêmes vérités , tous sentent que l'homme n'est plus ce qu'il était , et qu'un jour il prendra une forme plus parfaite. Le mal a commencé , le mal finira. Dieu ne peut pas souffrir une tache éternelle dans son ouvrage; voilà le triomphe de la lumière sur les ténèbres , voilà le temps fixé par le destin pour la destruction totale de Typhon , d'Arimane et de Pluton infernal ;

(i) « Les anciens ont appelé de ce nom certaines « femmes auxquelles ils attribuaient la connaissance de a l'avenir et le don de prédire. » Noël.

L'Asie, l'Egypte , la Grèce , l'Italie , ont eu tour « tour des sibylles d'une plus ou moins gi-ande réputation.

DE CYRUS. aÔcï

voilà le période prescrit clans toutes les religions pour rétablir le règne d'Oromaze , d'Osiris et de Saturne.

Cependant , continua Cyrus , il se pre'sente ici une grande difficulté , que nul philosophe n'a pu nie résoudre. Je ne conçois pas comment le mal a pu arriver sous le gouvernement d'un Dieu bon , sage et puissant. S'il est sage , il a dû le prévoir j s'il est puissant , il a pu l'empccher ; s'il est bon , il a dû le prévenir. Montrez-moi de quoi justifier la sagesse éternelle. Pourquoi Dieu a-t-il créé des êtres intelligens capables du mal ? Pourquoi leur a-t-il fait un don si funeste ?

La liberté , répond Eléazar ^ est une suite nécessaire de notre nature raisonnable. Etre libre, cVst pouvoir choisir j choisir, c'est préférer. Tout être capable de raisonner et de comparer peut préférer, et par conséquent choisir. Voilà la différence essentielle entre les corps et les esprits ; les uns sont transportés nécessaii^ement partout où la force mouvante les pousse, les autres ne se laissent mouvoir que par la raison , qui les éclaire. Dieu ne pouvait pas nous donner l'intelligence sans nous donner la liberté.

Ne pouvait-il pas, reprit Cyrus, nous empêcher d'abuser de notre liberté , en nous dc- " couvrant la vérité avec une évidence si par-

îi^ Voyages

fiiite qu'il nous eût été impossible de nous me'prendre ? Quand le bien suprême se montre avec son allrait infini, il ravit tout l'amour de la Volonlë , il fait disparaître tout autre bien , tomme legrand jourdissipe les ombres delà nuit.

La lumière la plus pure, réplique Ele'azar , u'eclaire point quand on ne veut pas voir ^ or, toute intelligence finie peut de'tourner ses yeux de la ve'rile'. Je vous ai déjà dit que les esprits ne peuvent pas contempler sans cesse la splendeur de l'essence divine , ils sont de temps en temps obligés de se voiler les yeux.

C'est alors que l'amour-propre peut les séduire et leur faire prendre un bien apparent pour un bien réel. Ce faux bien peut les éblouir et les distraire du bien véritable. L'amour de nous-mêmes est inséparable de notre nature. Dieu, en s' aimant, aime essentiellement l'ordre , parce qu'il est l'ordre lui-même j ma.'s la créature peut s'aimer sans aimer l'ordre. Par là , tout esprit créé est nécessairement et essentiellement faillible. Demander pourquoi Dieu a fait des intelligences faillibles , c'est demander pourquoi il les a faites finies , c'est demander pourquoi il n'a pas créé des dieux aussi parfaits que lui-même ; c'est vouloir l'impossible.

Dieu ne peut -il pas, dit enfin Cyrus , employer sa toute-puissance pour forcer des intelligences libres à voir et à goûter 1^ vérité ?

DE CYRUS: 28t

Sous l'empiré de Dieu même , répond Eléa- 2ar y Je despotisme et la liberté sont incompa-' tiblcs. Le goût , la volonté et l'amour ne se forcent point. Dieu fait tbutceqti'il veut dan» le ciel et5ur la terre, mais il ne veut pas employer sa puissance absolue pour détruire la nature libre des intelligences. S'il le faisait , elles n'agiraient plus par choix , mais par force*' elles obéiraient, mais elles n'aimeraient pas. Or, Dieu veut être aimé; voilà le seul culte digmi de lui. Il ne le demande pas pour son propre avantage , mais pour le bien de ses créatures j il veut qu'elles soient heureuses , et qu'elles contribueutà leur bonheur j qu'elles soient heureuses par amour , et par «b amour de pur choix : c'est ainsi que leui- mél^tte aiig- ' mente leur félicité.

Je commence à vous entendre, dit Cyrufe, le mal moral ne vient point de l'Etre souverainement bon , sage et puissant , qui ne peut pas manquer à sa créature , mais de la faiblesse inséparable de. noli'e nature bornée , qui peut se tromper et s'égarer, expliquez-moi à présent quelle est la causedu mal physique. La bonté infinie de Dieu n'aurait-elle pas pu ramener à Tordre ses créatureé criminelles , sans les faire souffrir? Un bon père aurait tort de se servir de punitions, s'il pouvait gagner ses enfans par k douceur.

Je vous ai déjà dit , re'pondit Eléazar^ que nous sommes capables d'un double bonheui\ Si Dieu nous coniinuait, après notre révolte , ]a pleine jouissance des plaisirs cre'és^,' nous n'aspirerions plus k l'union avec le Créateur j ' nous nous contenterions d'une félicité inférieure ^ sans chercher la suprême béatitude de notre nature. Le seul moyen d'empêcher à jamais des êtres libres de retomber dans le désordre est de leur faire sentir pour un temps les funestes suites de leur égarement. Dieu doit à sa justice la punition des coupables, pour ne pas autoriser le crime , mais il la doit aussi à sa bonté , pour corriger les criminels. Le mal physique est nécessaire pour guérir le mal ;mpral , et la souffrance est l'unique remède du péché.

Je vous comprends, dit Cyrus : Dieu ne pouvait pas priver les esprits de liberté sans les priver d'intelligence , ni les empêcher d'être faillibles sans les rendre infinis j ni les rétablir , après leur chute , que par des peines expiatrices, sans'^lesser sa justice et. sa bonté. Exempt de toutes sortes de passions , il n'a ni colère ni vengeance , il ne châtie que pour corriger , il ne punit que pour guérir.

Oui , réj^ond Eléazar , tous souffriront plus ou moins , selon qu'ils se sont plus ou moins égarés. Ceux qui ne se sont jaiïiîus éloignés

de leur devoir surpasseront à jamais les aulre* en cou naissances et en bonheur; ceux qui tarderont à revenir de l'égarement seront toujours inférieurs en perfection "«t en félicité. La réunion des esprits à leur premier principe ressemble au mourement des corps vers leur centre j plus ils en approchent, plus leur rapidité augmente. Voilà l'ordre établi par la sagesse c'ternellej voilà la loi immuable de la justice distributive, dont Dieu ne peut se dispeuscr sans manquer essentiellement à luimême , sans autoriser la révolte, sans exposer tous les jêlres finis et faillibles à troubler l'harmonie universelle.

„JLa conduite de Dieu ne nous choque que parce qua nous sommes liuis et mortels. Elevons-nous au-dessus de ce lieu d'exil, parcourons toutes les régions célestes, nous ne verrons le, désordre et le mal que dans ce coin de l'univers. La terre n'est qu'un atome en comparaisou de l'immensité j tous les siècles ne sont qu'un moment par rapport à réleruilé. Ces deux inf^ni^le^t petits disparaîtront un jour j encore un moment , et le mal ne scr^ plus; mais notre esprit liorné et notre amourpropre upus grossissent les objets, et nous font regarder comme graa^l ce point qui entr'ouurre les deux élernilés. :

\oilà, continua Éléazar, tout ce que l'esprit

de lîhomme peut imaginer pouf ^ciadrcf intelligibles les voies de Dieu. C'est ainsi que nous confondons la raison par la raisonmèmcj c'est par ces priïicipes qae nos docteurs imposent silence aîUiX philosophes des nalions qui bîaspiièment contre la sagesse souveraine ^ Jt cause dés maux et dîcs crimes que nous voyons ici-bas. Au roSlc, noire religion no consiste pas d^ans ces .«^c'culations, elle est moins un système philosophique qu'un e'iablisscmenLsurnatvirel. Daniel vous en instruira: il est aujourd'hui le prophète du Très- Haut; l'Éternel lui montre quelquefois l'avenir comme prescrit ^ et lui proie sa puissance' pour opérer des prodiges j î1 doit revenir bientôt à^ Babylone, il vous fera Voir les oracles contenus dans nos livi^s sacres, et Vorts apprendï» les desseins de Dieu sur vous.

(>'cRt .'ÙHsi qu'Éleazar inslsiiisit Gynrt/ljB philosophe hébreu fatiguait «n Vain sfc/ù éS{)Mt ])our approfondir les mystères iinpdné trahie s de la sagesse divine^ • ce qu'il y avait de defee-*^ tueux dans ses opinions fut bientôt toûvêisé par les instructions plus simples et pWs sH- ^j limes de Daniel, qui revint à liafe'ylWiè jîciî ûc joui-s apreâ. '

C'était le" temps marque par Ids* J^i^opiiete^ powv la déiivrfmce de Nabuchôdonosor • sa Û'én&MC cessa, et la raison lui fut rendue. Avant qup de l'pnlrci' dans ^a ca^ il àlr, ^il voulut

rendre uu hommage public au Dieu d'Israolv, dans le mtiue lieu où il avait fait éclati:r sou impiété.

II oidonna à Daniel d^assembler les princâSi^l les magislrals, les gouvei-neurs de,s provii^çpsj^;, tous les grands de Babylone , et de. les cotn-^i duire dans les plaines de Dura, où il ^vaili^j^^. élever, quelques années auparavant; la iameu$%t statue d'or. Revêtu de sa robe . impériale ^ ^^ monte sur une éminence, d'où il pouvait èlT^ TU de tout le peuple; il u' avait plus riep,,.(i^., fc'xoce ni de sauvage j malgré l'élat aflieux où l'avaient réduit ses souffrances , ou découvrait sur sou visage ua air tianquille, ^.cj^i ïiiajeslueuxj il se tourne vers l'orient, il iff^^ son diadcjue, et se j>i-ostcrne le visage coulre^î, terre. Après, avoir adoré l'Éicriiel pcnd^M^[ quelque temps dans ua, profond silence ,« ^tM^*^ Jcve , et parle ainsi : Peuples assemblé;» 4^.^ toutes les nations, c'est ici que vous Q.¥^ Vu autrefois les marques éclatantes de luon oi^^[)^lj: insensé ; c'est ici que je voulus usurper Jç%{ <lroits de la Divinité, et vous forvcr d'adof^,-; l'ouvrage de mes mains. Pour panif cet exir^s d'irréligion, le Très -Haut m'a condamné h brouter l'herbe avec les animaux pciiuaui seiX; , années entières ; les temps sont accomplis, J,'^^ , levé mes yeux vers le ciel, j'ai rcco^,^;ç';lj|-, puissance du Dieu d'Israël; le s^5 et ViÇW^i^ij

agi VOYAGES

me sont ren(îus. Yolre Dieu, conlinua-t-il em se tournant vers Daniel, est véritablement le Dieu des dieux et le Seigneur des rois. Tous les habitans de l'univers sont devant lui comme un nëant ; il fait tout ce qu'il lui plaît dan? le ciel efe sUr la terre j sa sagesse égale sa puissarttîey et toutes ses voies sont pleines de justice; il humilie les superbes quand il veut, et relève ceux qu'il avait humiliés. Apprenez, princes, apprenez, peuples, apprenez tous à rèrtdre hemmage à sa grandeur et à sa gloire. A ces mots Tassemble'e poussa des cris de joie', et remplit l'air d'acclamations en l'honneur du Dieu d'tsiaël. Nabuchodonosor fut récdbdtiit- avec jiompe à sa capitale, et reprit lé gouVei-né'nient de 9on royaume; il e'ieva Daniel aux plus grandes dignités, et les Juifs fuirent hdilorés des ^ premières charges dans tomes les pi'Ovinces de son empire.

' PoU' de jours après, Amylis présenta Cyrus à N'àbilChodonosor. Le roi des Assyriens reçut le-'^eUtiKO'^yince avec tendresse, et l'ccouta fa'v'ërabiîrnient.

CËprndahl, lés grands de Babylone, qui entraient'*dàns "le conseil du i-oi, représentèrent viveTucnt qu'il serait dangereux d'irriter la cOtir d'Éç' alàiie, dans un temps où les forces dé' rÉïât avaient été très-diminuées pa-r les ti^Oiibfèy t^rvéhlis pendant la maladie du roi ;

que ïa bonne politique demandait qu'on fomentât les discordes des Mè«les et des Perses, afin que ces deux ennemis, pussent s'affaiblir mutuellement; et qu'enfin le roi pourrait profiter de leur division pour étendre ses conquêtes.

Nabucliodonosor , revenu de ces fausses maximes par les malheurs qu'il avait éprouvés , ne se livra point aux projets ambitieux 4e ses ministres. Cyrus profita de ces dispositions pour faire connaître au roi les avantages qu'il trouverait dans une alliance avec Cambysej.il fit sentir à >*abucliodouosor que les ^lèdes étaient les seuls rivaux de sa puissance en Orient ■ qu'il était de son intérêt de ne pas laisser accabler les Perses, mais plutôt de s'en faire des amis, qui serviraient de barrière à son empire contre les entreprises de Cyaxare- et qu'enfin la Perside , par sa situation , était un pays trèspropre à faire passer les Babyloniens dans la Médie, en cas que ce prince ambitieux voulût \cs attaquer.

Le prince de Perse parla dans les assemblées publiques et particulières avec tant d'é'oquence et de force, il montra pendant le cours de cette négociation, qui dura plusieurs mois, tant de candeur et de bonne foi, il mcnas'ea les grands avec tant de délicatesse et de prudence, qu'il gagna tous les esprits. L'alliance fut jurée d'une manière solennelle, et !Sab«.-

^4 TOYAGES

chodonosor y demeura fidèle lout le rcsle de sa vie.

Cyrus, impatient de roir les livre» sacre's des Juifs, qui contenaient des oracles sur sa grandeur future , entretenait tous les jours Daniel. Le prophète , de sau côté, ne clRnv ehail qu'à instruire le jeune prince de la re^ lîgion des Hébreux. Daniel ouvrit enfin les- Mvres d'isaïè, qui avait annoncé Cjrus par son propre nom, cent cinquante ans avant sa naiasaiicé, comm^e uii prince que Dieu destinait à être le conquérant de l'Asie et le libérateur dé son peuple.,

Gyrus fut saisi d'étonnement et de respect^

eii ''dorant une prédiction si claire et si cir-

■ cô*èïfÉafnciée , chose inconnue chez les autres

péupïeè, où les oracles sont touj"ours obscui's^

et 'éqtiivoqùcs.

Éléazar, dit-il au prophète, m'a déjà mon-

'tTé '^c les gi'ands pi-iiicipes de votre tliéologie

sur les trois étals du monde s'accordent avec

•c^c^rti dès aulrés ttJtindnis. 11 iii'a donné l'idée

d'un Dieu créateur que je n^ai point trouvé

chez les autres philosophes j il a levé toutes

m€s drlîicullés sur Torigine du mal par la na-

tti ré 'libre des esprits. 11 ferme la bouche à

'l'impiété par ses raisonneinens sublimes sur

la préexistence dca âmes, sur leur chute vo-

loui'Aire et sur leur réparation finale 3 mais il

DE CYîlOB. 29^

He m'a poiat parlé de rëublissément surna- UircI de voire religion. Je voua conjure, par le Dieu que vous ailorc/., de repondre à mes questions. ,Yolr€ ipadiUon a'-t+elle la naême source que ceile des autres peuples ? vous al-cllo été transmise par un canal plus sûr? votre Jcgislaleur dlail-il un simple philosophe ou uu homme divin?

Je sais, répond Daniel, tous.ksefîorls qu'ont laits fios Joctcurs 'poui; acx-oiaruoder la religion au goût des sages de Ja lerrej mais ils s'^égarent et se pcfdept. dans; une foule d'opinions incertaines^ il y a toujours quelque cudroit pai* oïl la vérité leur évhappe. Nos pensées sont faibles, et nos içop^ecluies Ironxpeuses j le corps a[)pesaulit l'âme , et cette demeure terresU^' abat l'esprit qui veut s'élever Uop haut.

Le désir de tout pénétrer , de iQut expliquer et de tout ajuster ^ pes idées imparfaites, est la plus dangereuse maladie de l'esprit humain; le plus sublime effort de noti-e faible rjii^ou e§t de se taire ,dçi\ am la raison SDU>^ei"ainje. I^aisscns à Dieu le soin de justifiei- un jour les voies incompréhensibles de sa providence; notre orgueil et noire imj^xitience fout que nous ne voulons pas attendre ce dénguciaent ; nous voulons devaacer.la lumière, et nous la perdons de vue.

Oubliez don;; toutes les sptlculalious sulttilçs

des philosophes; je veux vous parler tin larfgage plus simple et plus certain. Je ne vous proposerai que des faits palpables dont les yeux, les oreilles et tous l€s sens de Thomme sont juges.

Vous avez appris par la doctrine universelle de toutes les nations, que la nature humaine est déchue de la pureté' de son origine. En cessant d'être juste, elle cessa d'être immortelle j les souJK'rances succédèrent au crime, et kj Lommes furent condamnés à un état malheureux , pour les faire soupirer sans cesse après une meilleure vie.

Pendant les premiers temps q\ii ont suivi celte chute, la religion n'était point écrite- &ii morale se trouvait "dans la raison même, et la tradition des anciens transmettait à la postérité la connaissance des mystères. Il était alors aisé de coxisei*ver cette tradition dans sa pureté , parce que les mortels vivaient plusieurs siècles. - !

Les connaissances sublimes de 'ces premiers hommes n'ayant servi qu'à les rendre plus criminels, toute la race humaine fut détruite, hors la seule famille de Noé , afin d'arrêter le cours de l'impiété et la raulliplicàtioTi des vices. Les cataractes du ciel s'ouvrirent, les eaux sortirent des abîmes, et produisirent un fléluge universel dont il reste encore quelques

Yesiîges dans la tradition de presque toutes les nalions. La première constiiulioii de l'anivçrs, changée d'abord par la chute de l'homme, fut aitaihlie de nouvfau par celte inondation; leà sucs de la terre furent allérës, les herbes et les fruits u'eurent pi us leur première force : l'air, chargé d'une humidité excessive , fortifia les principes de la corruption , et la vie des hommes iul abrégée.'

Les descendanë de Noé, s'élanl lépahdus par toutes les régions de la terne , oublièrent bientôt cet elfet terrible de la colère de Dieu , et se livrèrent à toutes sortes de crimes.

Ce fut alors que rElernel voulut se choisiï un peuple pour être le dépositaire de la religion, de la morale et de toutes les vérités divines, .afin d'empêcher qu'elles ne fussent dégradées et perdues par l'imagination , les passions et les vains raisonnemens des hommes.

A,hraham mérita, par sa foi et par son obéis" sance, u'èire le chef et le père de ce peuple heureux. Dieu lui promit que sa postérité serait multipliée comme les étoiles du ciel j qu'elle posséderait un jour la terre de Chanaan , et que le Désiré des nations en naîli'ait dans la plénitude des temps.-

La famille naissante de ce patriarche , faible dans ses commencemens , descend en Eg^^te , s'y accroît, et devient esclave. Epurée pendant

se» VOYAGES

cjuairc siècles par loule sorte de malheurs, Dieu suscite enfin Moïse pour la délivrer.

Le Très-Haut;, apiès avoir e'claii'é notre libtîrateur par les lumières les plus pures, lui prête sa loute-puissaace, pour prouver sa mhsion divine par les merveilles les plus éclatantes j la nature entière est ckangée et dérangée à tout jnonaenl.

Le superbe roi d'Egypte refuse d'obéir atix ordres du Tout-Puissant; Moïse remplit sa cour de signes elFrayaus de la vengeance céleste. L«s .rivières se cliangcnt en fleuves de sang j une foule d'insectes venimeux portent les maladios et la mort sur les plantes, les animaux: et les liomracs: le- tonnerre , méld d'une pluie de grêle, répand piirtout ses exhalaisons pestiférées j une obscurité profonde, qui succède aux éclairs;, efface pendant trois j'ours entiers les lu!«niières du ciel j un ange exterminaleur dëtrujt dans une seulo nuit tous les premiers nés

^^ i'%ypte.

Le peuple de Dieu sort enfin de son exil j Pharaon le po.iu'suitavec une armée formidable. Une colonne de feu nous éclaire pendant la nuit, et un nuage épais couvre notre marche j>endant le jo<ir. Moïse parle , la mer se sépare en deux, nos pères la traversent à pied sec; soudain les vagues impétueuses se réuniissent avec fureur pour abmicr la nation infidèle.

DE CYiiUS. 209

Les Israélites errent pendant quarante ans dans le désert, où ils épixjuvent la faim , la soii", rintempérie des élémens. Ils murmurent contre Dieu, Moïse parle de nouveau. Une nourriture miraculeuse descend du ciel j des rochers arides deviennent des fontaines d'eau vive ; la terre s'entr'ouvre , et engloutit ceux qui refusent lie croire, sans voir l'accomplissement des pjfoxnesses.

C'est dans ce désert affreux que Dieu publie lui-même sa loi sainte, et qu'il dicte tous les rites et les statuts de notre religion. Il appelle notre conducteur sur le sommet de Sinuï; ia m.ontague s'chrunle, l'Elerncl fait entendre aa voix au milieu des tonnerres et des, éclairs , il, déploie son pouvoir i-edoutablepour frapper des esprits moins sensibles à l'amour qu'à la crainte. Cependant la boute de Dieu u'éclate pas avec moins de majesté que sa puissance j celui que les cieux et la terre ne peuvent contenir veut habiter d'une manière sensible parmi les é1\fans d'Israël, et diriger lui-m(;me tous leui"3 pas. Un temple mobile s'élève par son oriiie; l'arche d'alliance est construite , l'autel est sanctifié par la présence de la gloire du Très- Haut; les rayons d'une lumière céleste en\nronnent le laberûade, et, du milieu des Chérubins, le Seigneur gouverne son peuple, et lui fait connaître à tout moment ses volontés^

âdo VOYAGES

Moïse écrit y par l'ordre de Dieu mcme , noire' loi et notre histoire , preuves éternelles de la Lonlé souveraine et de notre ingralilude. Il ïiiet ce livre, peu avant sa moit, entre les mains de tout le peuple j il fallait le consulter à chaque instant pour connaître non -seulement la religion , mais aussi les lois po'itiqùes j diaque Hébreu est obligé de le lire une (ois par an, et de le transcrire au moins une fois pendant sa vie. On ne pouvait allércf ni corrompre ces annales sacrées, sans que rimpostuï'e fût découVerie et punie coiùme un crime de lèzemajesté divine, et comme un allenlat eonti*» i'auioriié civile.

Moïse meiirt, nos pèx-es sortent du désert. La ' nature obéit à la voix de Josué , noire nouveau conducteur j les fleuves remontent vers leur source, le soleil suspend son cours. Les murs des plus fortes villes s'écroulent à l'approche de l'arche; les idoles se brisent à son aspect, les nations les plus belliqueuses sont dispersées devant les armes triomphantes des Hébreux, qui se rendent enfin maîtres de la terre promisé.

A peine ce peuple ingrat et léger est-il établi dans ce pays de délices , qu'il s'ennuie de l'empire dé Dieu, et veut être gouverné comme lés autres nations; L'Eternel lui accordé un roi dans sa colère; le premier de nos monarques çst rejeté pour sa désobéissance. David règrie

DE CYRUS. 3oi

selon le cœur de Dieu j il étend ses conquêtes, et le trône est affermi dans sa maison } mais il n'est permis qu'à Salomon, son fils, le plus sage et le plus pac Tique d^ nos princes, d'e'lever un temple superbe à Jérusalem. Le dieu de paix fixe son séjour sur la montagne de Sion ; le miracle de l'arche se perpétue, la n^jesté divine remplit le lieu saint, et, du sanctuaire redoutable , on entend tous les jours des oracle» qui répondent à la voix du pontife.

Pour rappeler à tout moment la mémoire de tant de prodige» , et pour en démontrer la vérité à tous les siècles futurs. Moïse, Josiié, nos juges et nos monarques, établissent des fêles solennelles et des cérémonies augustes. IJne nation entière concourt hautement, universellement, successivement à rendre témoignage à ces miracles pai* des monumens continués de génération en génération.

. Tandis que les Israélites demeurent fidèles, le dieu des ai'mées les protège et les rend invincibles , selon ses promesses j mais aussitôt qu'ils sç laissent corrompre , il les livre en proie à leurs ennemis j il les châtie cependant çn père, sans les abandonner entièrement. Dans chaque siècle , il suscite des prophètes qui nous menacent, nous éclairent et nous corrigent. Ces sages, séparés de tous les plaisirs terrestres, s'unisient à la vérité suprême j le» veux de

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l'ame^ fermes depuis l'oiigiive du mal, s'ou- Yient dans ces hommes divins, pour pénétrer dans les conseils de la providience, et pour eu connaître les secrets.

Les jugemens de Dieu éclatent iiîusieurs fois sur les Hébreux indociles , et plusieurs fois la oifttian , choisie , ramenée par les prophètes , reconnaît le Dieu de ses ptares. Elle cède enfin au malheureux penchant qu'ont tous les mortels de corporaliscr la divinité et de «e former un Dieu gciublablc à leurs passions. Le Très- Ilaul, fidèle dans ses menaces comme dans ses promesses , nous a soumis depuis plusieurs années au joug de ISabucliodonosor j nous errons vagabonds , captifs et épkjrés sur les rives de l'Enphrate. Dieu , s'étant servi de ce conquérant pour accomplir ses desseins éternels , l'a humilié et terrassé dans sa colère. Vous avez vu sa punition et sa délivrance j cependant , la m.esure de la justice divine n^cst pas encore remplie sur la race d'Abraham. C'est vous, ô Cyrus-, qui êtes destiné par le Tout-Puissant à être son libéi'alour. Jérusalem se repeuplera , la maison du soigneur sera rebâtie , et la gloire de ce nou^ veau temple , qui doit être iiouoré un Jour de la présence du Messie , surpassera de beampoup la magnificence du premier,

Q^ud est donc , dit alm's C)^us , le dessein

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de celte loi , diciée par Dieu même avec tant -de pompe , conserrée par ros pères avec tant <le soin , et renouvelée par vos prophètes au milieu de taat de prodiges? En quoi diiïcre- *-elle de la religion des autres peuples ?

Le dessein de la loi et des prophètes , reprit Daniel , de nos cërcmouies^ de noire culte, -de U08 sacrifices , est de montrer que tontes les cpéalures étaient pares dès leur origine ; que tous les bommesnaisvnt à présent malades, oorlompus, ignorans jusqu'à uepas connaître leur maladie^ que ki uatui"e humaine ne peut être «•élrblie dans sa perfection que par i'avénenient un À^essiç.

•iCcs taxais idcee , dont les traces se remartjuent -dans toutes let religions , ont été irans- «lisc^ de siècle en siècle , depuis le déluge j-usqu'ù nous, fioé les enseigna ai ses cnfans , dont la postci'iu? les rcpaudilpar toute la terre j riais , en passant <le baudie eu bouche , elles ont été allérées et obscurcies par l'imagination des potH.es , par la superstition des prêtres, et |»ar le ^génie différent de chaque peuple. Ou en voit des vestiges plus marqués parmi les Orieniaiiî et les EgyplieuG, parce qu'Abraham a clé célèbre dans l'Asie, <ît que le peuple de Ddeu a clc long-temps captif sur les bords du Nil f mais ces véiités antiques n'ont été conservées pures ■ et sans mélange que dans les

toi VOYAGES

oracles écrits par notre le'gislaleur , par no« historiens et par nos prophètes.

Ce n'est pas tout. Il y a un mystère propre ,i noti'« religion seule , dont je ne vous parlerais point , ô Cyrus , si vous n'e'tiez pas l'oint du Très-Haut et son serviteur choisi pour la dëlivrance de son peuple.

Les prophéties annoncent deux avéneraens du Messie , l'un dans la souffrance , l'autre dans la gloire.. Le grand Emmanuel paraîtra sur la terre dans un état d'abaissement , plusieurs siècle^ avant que de paraître sur les nues dan$ l'éclat de son triomphe. 11 expiera le crime par son sacrifice , avant que de rétablir l'unie vers .dans sa première splendeur.

Dieu n'a pas besoin d'une victime sanglante pour apaiser sa colère j mais il blesserait sa justice^ s'il pardonnait au criminel sans montrer son horreur pour le crime. C'est pour concilier la justice divine avec sa clémence que le Messie viendra. L'Homme - Dieu descendra sur, la terre pour faire voir , par ses sou/ïVances , l'opposiilou ipfinie de l'Etjerael au renversement de l'ordre, ,

Jç vois de loin ce jour qui fera la-joie des anges et la consolation d^s justes. Toutes les puissances célestes seront présentes à ce mys^ tère et en adoreront la profondeur • les raort«lf n'en verront que i'écorce et le deliors,

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Les Hébreux , qui n'attendent qu'un Messie triomphant , ne jnmprendront point ce premier avènement; les Taux sages de toutes les nations , qui ne jugent que pai' les apparences, blasphémeront contre ce qu'il? ignorent; les justes,. menxes ne verront pejijidant celte vie que comme dans une énigme la beauté , l'étendue et la nécessité de ce grand •acrifice .

E^fin, le Messie viendra dans sa gloire pour renouveler la face de l'univers. Alors tous les esprits du ciel , de la terre et des enfers j fléchiront le genou devant lui; alore les propliéties s'accomp'iroal dans toute leur plénitude.

Le prince de Perse, ébranlé pur la force du discours de Daniel^ balançait en lui-même; il sentait qu€ toutes les lumières de Zoroastije , d'Hcrmcs, d'Orphée, de Pylhagore, n'élai^ent que des traces ijnparfaites et des rayous échappés de la tradition des Hébreux. li'u'^vait rencontré dans la Perse, dans l'Egypte., dans la Grèce et ch«z les autres peuples , que dt-i opinions obscures, incertaines et vagues, y il trouvait chez les Juifs des livr^y des prophéties, des prodiges, dont on ne poavai|.,çop,tesJ.er l'autorité. Cependant, il nev^'vnt la vcU.jlé qu'à travers un nuage; son, esprit cL .L •.■ '.\x.xé j mais son coeur- , n'était pas^ pç^oy^ ,J;oul]}J ; iiulteudtùt l'accomplisoemsut des piciictions'

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j'îsaïe. Daniel connut les dilTerens mouvement qui l'agiXaient^ et lui dit :

O Cyrus ! la religion n'est pas un système d'opinions philosophiques ni une histoire merveilleuse d'evéncAiens surnaturels^ mais une s:iénce de^eiitiment que Dieu ne révèle qu'aux ;lmcsparcs. 11 ïaùt qu'une puissance supérieure à l'homme descende en vous , s'en empare , et vous enlève à vous-mêm^. Alors , vous sen- 'ifrez par lé céeur ce que 'vous ne faites qu'enl'rev'oîr a présent par les faibles lumières de l'esprit. Ge temps n'est pas encore venu , mais ïf VLënâra un jour; (i) en attendant ce moment heureux , qu'il vous suffise de savoir que le dilch d'Israël vous aime y qu'il marchera devant vous , et qu'il accomplira par vous toutes ' ses volontés'. Hâtez-N'^ous de justifier ses oracles ^ x'I retournez promptement en Perse , où votre 'présence est nécessaire.

Le jeune hci'Os quitta bientôt Babylone. L'année'Stiiranle', Nabuchodonosor mourut, et «es successeurs violèrent l'alliance jurée entre les ' Assyriei>s et les Perses.

'• Cyrus employa vingt années entières à faire là guerre 'aux Assyriens et à leurs alliés ; il conquit d'abord les Lydiens , soumit les peuples de l'Aslie mineure , rendit tributaires la Cappadoce , l'Arménie et l'Hyrcanie , et marcha (0 Fkk Tîiecdoret. De fide.

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ensuite vers la haute Asie. Après l'avoir réduite sous sa puissance , il s'avança vers Babyloxie, qni était la seule vtHerqui hii résistait.

Les différens peuples de l'Orient , voyant sa modération au milieu des triomphes, s'empressèrent à »e soumettre à sa domination^ 11 s'atina tous les cœurs par son humanité , et At plu.s de conquêtes par sa douceur que par ses artnes. j, Ton jours invincible et toujours généreus, il oe ^ul>jugua les nations que pour travailler à leur bonheur , et n'employa jamais son auUûrité que pour faire fleurir la justice et les bonnes lois.

La prise de Babylone le rendit enfin maître de rOrient, depuis le fleuve Indus jusqu'à la Grèce j et depuis la mer Ca^ienne jusqu'aux extrémités de rEg>^le. Voyant alors l'entier accomplissement des oracles d'isaïe, son cœur fut pénétré des vérités que Paniel lui avait enseignées ; tous les nuages se dissipèrent^ il reconnut hairtemenl le dieu d'Israël, et délivra les Hébreux de leur captivité, par cet édit , qu'il (it pul)liej dans toute l'étendue de son vaste empire : Le Seigneur, le Dieu du ciel , m'a donné tous les royaumes de la terre, et m'a commande de lui bdtij^ une maison dans la ville de Jérusalem, qui est en Judée. O vous, qui êtes son peuple , que votre Dieu soit avec vous. Allez a Jérusalem , et rehulissez la maison du Seigneur Dieu d' Israël : lui seul eft Dieu,

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