‹ Les voyages de Saint Jérome, sa vie, ses œuvres, son influenceChapitre 109 sur 236 · DERNIER VOYAGE DE NOTRE SAINT A ROME · texte numérisé non relu

DERNIER VOYAGE DE NOTRE SAINT A ROME

Saint Jérônic et le pape Da.rxia.se.

Le dcparl de saiiil Grégoire atlrisla noire Dalmale, mais ne le découragea point; semblable à un guerrier d'Homère retiré sous sa tente, au lieu de s'abandonner à une douleur inutile, il préparait ses armes et se disposait à braver bientôt le soleil et la poussière des champs de bataille. L'Eglise d'Occident avait ressenti le contrecoup des discordes d'Anlioche, les erreurs des Apollinaristes s'étaient répandues en ItalieS comme des semences empoisonnées que le vent emporte à travers l'espace loin des arbres qui les ont produites. A la difficulté d'arrêter les progrès de ce mal et de trouver un terme aux dissensions de Paulin et de Flavien, se joignaient encore les embarras suscités par les Ariens de Milan, mécontents du zèle et de la fermeté de saint Ambroise'-'. Le ciel n'était pas sans nuages , mais la barque de Pierre

' Ep. LXXXVI, ail Euslocli. Opéra S. Hicron., t. IV, pars II, p. G71. * Le Nain de Tili-Emont, Saint Ambroise, art. XXXI.

voguait en ce momenl dirigée par un habile pilote capable de faire face aux flots et à la tempête. Il s'appelait Daraase. Pontife sage et éclairé, il venait de ce pays où les poètes placèrent le jardin des Hespérides, de cette terre d'Espagne, que les Muses avaient voulu visiter après avoir réjoui la Grèce et l'Italie; il n'était pas indigne de cette origine commune à la tribu d'écrivains qui, au déclin de la littérature, vinrent à Rome, les uns défendre les vieilles traditions cicéroniennes*, les aulres donner à la langue latine cet air de majesté un peu prétentieuse % qui ne s'est point perdue au pays, et que nous avons appelée du nom de grandesse espagnole.

Damase était poëte, ses compositions sont d'un médiocre intérêt; en cela, il ressemble à Richelieu , mais chez lui, comme chez notre cardinal, le goût des vers devait être de bon augure pour les gens de lettres, ils pouvaient compter sur son appui et sur sa protection. C'est là , il faut l'avouer, un de ses moindres titres de gloire aux yeux de la postérité : nous aimons mieux savoir que ses vertus et sa science lui avaient mérité l'amour et la vénération des fidèles, et qu'au milieu de l'orage il tenait d'une main ferme et assurée le gouvernail de l'Eglise. Pour mettre fin à tous les troubles dont nous avons dit les causes, il voulut, de concert avec Théodose, assembler un concile œcuménique*; l'empereur s'empressa d'appuyer cette grande mesure, il écrivit à tous les évêques d'Orient et d'Occident, i)our les convo- (jucr à Rome, en l'année 382.

Damase connaissait déjà Jérôme; il avait lu dans ses

* Quinlilien ne s'est point propose d'.nutie but dans ses Institutions oratoires.

^ Florus, Lucain, Sénèque.

^ Ep.LXXVI, ad Eustocli., id., p. 671.

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