CHAPITRE V
connaît, ne sont qu'un lissu de méchancetés contre les femmes^ ; je lais Slésichore% Gallimaque^ et x\lénandre% dont les noms ne sont pas oubliés dans ses ouvrages.
Parmi les orateurs, Démosthène et Gicéron ont une large part à son admiration, et les expressions seules lui manquent pour célébrer dignement leur louange: il sait les chefs-d'œuvre d'éloquence de l'adversaire de Philippe % il a lu les discours de l'Orateur latin, ses traités do rhétoriques ses Dialogues et surtout son Brutus \ C'est à Jérôme que nous devons ce mot admirable en l'honneur de Gicéron, et en môme temps à la gloire de Démosthène" : « Sans loi, il serait seul, sans lui, lu seu rais le premier orateur. » Ges deux grands hommes ne sont pas les seuls dont il ait vanté l'éloquence : il connaissait aussi Galon ^ et les Gracques ", Domitius et Antoine; il n'était pas resté insensible à la douceur de Pline*\ aux traits de Quintilien,àla gravité de Fronton, et pour juger d'un seul coup la longue el ennuyeuse faconde de ces orateurs dont Quintus Alérius était le modèle, il rappelle le joli mot d'Auguste'^ : «Noire Quintus a tou- « jours besoin qu'on lui souffle dessus. ^)
' Aàv. Jovinian., \\b. I, p. 191.
- Ep. XXXIV, ad Nepot., loc. cit.
•'' Comment, in Epist. ad Titum, t. IV, pars I, p. i20.
* fdem, p. 421.
« Ep. XXX, ad Pamin., pais H, p. 236. - Ep. XXXJH, ad Pamm., id., p. 250 et 25G.
" ApoL adv. Rxif., lib. I, id., p. 355.
' De viiis illust. Prolog., id., p. 98.
" Ep. XXXIV, ad Nepot., id., p. 2(!2. « Demoslhenos lil)i praîiipnit ne o-ipos lui mus orator, tu illi, ne soUis. »
" Ep. XCVU, ad Demctriadeni, id., p. 792.
'" Ep. LVII, ad Lœtam, id.,\>. 592.
" Ep. XCV, ad Rusticum, id., p. 174.
'- Adv. Joan. lliersol., id. — « Q. Alciius, qui ingcnlum in numcrafo liaht'liat, ut sine nionitore lacère non pos.sct : de quo cgrcgiè t]a'.sar Auguslus : « Quintus, inquit, nostcr sufllaniinandus csl. «
Les philosophes ont été pour Jérôme rohjet d'une attention particulière ; il avait commencé cette élude à Rome, lors de son premier séjour, il la continua dans la suite, comprenant de plus en plus les avantages qu'il pouvait en retirer pour la réfutation des hérétiques. En effet, le plus souvent ils allaient chercher des armes contre le christianisme dans les essais philosophiques de l'antiquité païenne, dans les écrits de Pythagore *, par exemple, ou dans les ouvrages de Zenon, et les Ariens avaient essayé de faire servir les arguments d'Aristole à la défense de leurs erreurs \ Il faudrait un volume pour rappeler ce que saint Jérôme a dit des représentants de la philosophie antique: que de fois n'a-t-il pas entretenu ses amis et ses lecteurs de la secte des Académiciens, de l'ancienne Académie avec Socrate et Platon', de la nouvelle illustrée par Gicéron*? Que de choses n'a-t-il pas rapportées des Pythagoriciens , des opinions de leur chef % de ses ouvrages, de ses disciples parmi lesquels il connaît surtout Lysidès" et Archippus?
Et les stoïciens? leurs maximes austères devaient offrir un sujet intéressant et sympathique aux méditations de l'ermite de Chalcis : ils étaient peut-être ceux qui enseignaient les idées les plus saines, mais elles se trou-
^ Ep. XLHI, ad Ctesiph., ici., p. 474 : « Omnium liœreticorum vencna complecli, qusc de philosophorum et maxime Pythagorœ et Zenonis fonte manârunt. »
* Adversus Lucifer/anos, id., p. 290.
■■' Adversus Rufinum, Ub. Ul, id., p. 4G5 : « De natiira rerum possem tibi vel Lucrctii opiniones juxta Epicurum, vel Aristoteiis juxta Pcrlpateticos, vel Platonis et Zenonis sccundum Academicos et Stoicos dicere. »
* Ep. XLIII, ad Ctesiph., loc. cit. : « Academici novi quos sequitur Tullius. »
* Id. Adv. lluf., Ub. ni, p. 4G9 : « Respice omncm oram Italiœ quœ quondam magna Grœcia dicebatur, et Pythagoricorum dogmatum incisa publicis litteris œra cognosces. »
" Id. « Quorum Archippus et Lysidès in Grœcia, id est, Thebis, scholas habuêre qui memoriter tenentes prœcepta doctoris, ingénie pro libris utebantur, »