SAINT JÉRÔME ET PELAGE
Vers l'an 413, Jérôme s'écriait avec douleur' : « L'hy- « dre renaît, on frappe les hérétiques, mais l'hérésie ne a meurt pas, elle laisse des héritiers de ses haines; ils « nous imitent, mais ils gardent le venin de leur mère. » Ces paroles étaient comme un cri d'alarme jeté par notre saint en présence de quelques pronostics qui lui faisaient pressentir un prochain orage : ainsi les vieux marins formés à l'expérience de la mer savent, par des signes certains, prédire les tempêtes.
Un fils d'Albion, un Écossais % dont le nom rappelle l'orageux Océan, près duquel il était né. Pelage, avait embrassé la vie monastique et vivait à Rome en odeur de sainteté. Aucuns disaient à voix base que le serpent se cachait sous les fleurs, et que cette piété n'était qu'un masque sous lequel il se présentait pour semer discrètement des erreurs qu'il n'osait pas encore enseigner au grand jour. A deux reprises, il passa en Afrique, y gagna le prêtre Célestin, qui se fît le propagateur des nouvelles doctrines sur la grâce. De là Pelage se rendit à Jérusalem et s'y fixa. 11 se lia même avec Jérôme qui ne le connaissait pas, et n'avait aucune raison de le tenir pour suspect : une fois même la discussion engagée, notre saint le traita d'abord avec beaucoup de ménagements pour ne pas blesser leur ancienne amitié.
• Comment, in Egech., praefat. in lib. VI, t. III, p. 815. » Ibidem, prœfat. in 11b. I et III, p. 628 et 586.