CHAPITRE III
lumière dans le sanctuaire, afin qu'elle éclairât les fidèles en les échauffant de ses feux. Jérôme n'était pas encore prêtre, car il nous a lui-même conservé à la fin de son livre contre Jean de Jérusalem, un entretien avec Paulin, qui faisait tous ses efforts pour l'amener à ses fins et le disposer au sacerdoce* : « Ai-je demandé, dit-il, mon ordi- « nation? Pouvez-vous me faire prêtre sans que je cesse « d'être moine? Vous répondrez de votre décision. » Jérôme finit par se rendre aux exhortations de son évêque ; il ne posa qu'une condition, c'est qu'il serait toujours libre de reprendre le chemin de la solitude, et qu'aucune charge ne l'obligerait à remplir les fonctions du saint ministère dans une Eglise qu'il ne pourrait plus quitter. La clause fut acceptée, et Jérôme ordonné prêtre par Paulin à la fin de l'année 379, quelques mois après son retour de Chalcis à Antioche. Il avait alors trente-trois ans. Le sacerdoce n'amena aucun changement extérieur dans son existence; il continua à vivre chezÉvagre d'une vie partagée entre l'amitié et l'étude, entre la prière et la mortification; au milieu du monde, au sein même d'Antioche, il avait su se créer une petite solitude à l'imitation de Chalcis. La foule s'agitait autour de lui sans l'émouvoir, les partis continuaient leurs discussions sans le troubler; fidèle à la résolution qu'il avait prise, il n'accepta aucun emploi, aucun ministère, et demeura libre de toute attache pour vaquer à l'étude ou pour continuer ses voyages.
' Adi\ Joannemi Hierosol., t. IV, pars 11* p. 333.