‹ Les voyages de Saint Jérome, sa vie, ses œuvres, son influenceChapitre 88 sur 236 · VOYAGE DE SAINT JEROME A CONSTANTINOPLE · texte numérisé non relu

VOYAGE DE SAINT JEROME A CONSTANTINOPLE

Saint Jérôme et saint Grécjoire de Nazianze.

La fable des sirènes est une des plus gracieuses et des plus terribles fictions de l'antiquité : création mystérieuse du génie d'Homère, au dire de Cicéron *, c'était une allégorie dont les voiles transparents laissaient voir dans la pensée du poète les séductions et les dangers qui menacent l'esprit humain avide de tout connaître. Ce n'est ni par la douceur de leurs voix, ni par la nouveauté de leurs chants, ni par la variété de leurs accents qu'elles attiraient les voyageurs engagés dans la mer Tyrrhénienne ; elles prétendaient savoir beaucoup de choses, et se flattaient de voir les hommes poussés par le désir de s'instruire, adhérer tous aux rochers de leur île. Tel est le moyen qu'elles emploient pour arrêter Ulysse : en proposant au roi d'Ilhaque de le rassasier de toute espèce de connaissances, leur dessein est de l'éblouir par l'éclat de la science dont elles pro-

* De fitiibus bonoriun et malorum, liv. V, 18.

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