‹ Les Voyages de Samuel de Champlain au Canada, 1603-1618. --Chapitre 15 sur 54 · CHAPITRE 1er · texte numérisé non relu

CHAPITRE 1er

Plusieurs voyages qui n'ont fas réussi. — Résolution des Français à cet effet — Entreprise du sieur de Mous. — Nouvelle commission pour continuer son entreprise.

En 1496, le roi d'Angleterre envoya Jean Chabot et Sébastien son jBls ,à la recherche d'un passage par le Nord, pour se rendre en Chine. Dans le même temps, le roi de Portugal y envoya Gaspard Cortercal. En 1534 et 1535 Jacques-Cartier partit au nom du roi François 1er. Six ans après le sieur de Eoberval envoya Jean Alphonse, Saintongeois, plus au nord le long de la côte du Labrador. En 1576, 1577 et 1578, Martin Forbicher fit 3 voyages. Sept ans après Hunfrey Gilbert partit avec cinq navires, et alla se perdre sur l'île de Sable, où demeurèrent 3 de ses vaisseaux. En la même année et les 2 suivantes Jean Davis fit 3 voyages pour le même sujet. Et depuis, le capitaine Georges en fit un en 1590.

Tant de voyages inutiles ont fait résoudre les Français, en ces dernières années, à essayer de faire une demeure arrêtée de ce que nous appelons la Nouvelle France. Ce qui avait engagé le marquis de la Roche en l'an 1598 de prendre commission du roi pour habiter la dite terre. A cet effet il déchargea des hommes et munitions en l'île de Sable; mais les conditions à lui accordées par Sa Majesté lui ayant été déniées, il fut contraint d'abandonner son entreprise et laisser là ses gens. Un an après le capitaine Chauvin en prit une autre pour y conduire d'autres hommes; et peu après étant aussi révoquée, il ne poursuivit pas davantage

Après ceux-ci, le sieur de Mons voulut tenter une chose désespérée, et en demanda comnûssion à Sa Majesté. Il proposa à Sa Majesté un moyen pour supporter l'entreprise sans rien retirer des deniers royaux, savoir : de lui octroyer uniquement la traite des pelleteries. Ce qui lui fut accordé. Il se mit en grande dépense, et mena avec lui bon nombre d'hommes de diverses conditions, et y fit bâtir des logements nécessaires pour ses gens ; laquelle dépense il fit pendant 3 ans, après lesquels, par l'importunité de certains marchands Basques et Bretons ,ce qui lui avait été octroyé fut révoqué par le conseil, au grand préjudice du sieur de Mons: lequel par telle révocation fut contraint d'abandonner tout.

Mais comme il avait fait rapport au roi de la fertilité de la terre, et moi du moyen de trouver le passage de la Chine, sans les incommodités des glaces du Nord, ni les ardeurs de la zone torride. Sa Majesté commanda au sieur de Mons de faire nouvel équipage et renvoyer des hommes pour continuer ce qu'il avait commencé. Il le fit et pour ôter aux envieux l'ombrage qu'il leur avait apporté, il changea de lieu et vint au milieu des terres où il est plus facile de planter la foi chrétienne, que le long des rives de la mer, et ainsi faire que le Roi en puisse tirer un profit inestimable.

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