‹ Les Voyages de Samuel de Champlain au Canada, 1603-1618. --Chapitre 27 sur 54 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

Le sieur de Poitrincourt part du Port Royal pou" faire ses découvertes. — Tout ce que Von y vit. Et ce qui arriva jusqu'à Mallebarre.

Le 5 septembre nous partîmes de rechef de Port Royal.

Le 7 nous fûmes à l'entrée de la rivière Ste- Croix où nous trouvâmes nombre de sauvages, entre autres Secondon et Messamouet.

Le lendemain nous fûmes à l'île Ste-Croix, où le sieur de Mons avait hiverné. Après avoir visité l'île, nous retournâmes à notre barque, et prîmes avec nous Secondon et Messamouet, qui vinrent jusqu'à Chaoucoet dans une chaloupe, où ils voulaient aller faire amitié avec ceux du pays en leur faisant quelques présents.

Le 21 arrivâmes à Chouacoet où nous vîmes Onomechin, chef de la rivière et Marchin.

En ce lieu le sieur de Poitrincourt retira un prisonnier qu'avait Onomechin, auquel Messamouet fit des présents de chaudières, haches, couteaux. Onomechin lui en fit en réciproque qui ne donna pas contentement à Messamouet qui partit d'avec eux fort mal content.

Continuant notre route, nous allâmes relâcher en une pointe où nous vîmes environ 200 sauvages en ce lieu qui est assez agréable. Le chef s'appelle Quiouhamenec qui nous vint voir avec son voisin Cohouepech, à qui nous fîmes bonne fête.

Onomechin nous y vint aussi voir, on lui donna un habit qu'il ne garda pas longtemps, et en fit présent à un autre.

Le lendemain le sieur de Poitrincourt aperçut dans le bois quantité de sauvages qui venaient en

intention de nous faire quelque déplaisir. Comme je me promenais le long de la chaussée, les sauvages m'aperçurent et pour faire bonne mine ils commencèrent à danser, puis s'en vinrent à moi avec leurs arcs; flèches, carquois et autres armes. Je leur fis signe de danser encore, ce qu'ils firent en rond, mettant toutes leurs armes au milieu d'eux. Ils ne faisaient que commencer, quand ils avisèrent le sieur de Poitrincourt dans le bois avec huit arquebusiers, ce qui les étonna. Nous revînmes à notre chaloupe pour nous en aller. Ils nous prièrent de retarder un jour, disant qu'il viendrait plus de deux mille hommes pour nous voir, mais ne pouvant perdre notre temps, nous ne voulûmes différer davantage. Je crois que ce qu'ils en faisaient était pour nous surprendre.

Le dernier de septembre nous passâmes par le cap St-Louis et fûmes au cap Blanc le matin avant le jour. Le jour étant venu, nous aperçûmes une côte de sable fort basse et notre chaloupe alla reconnaître s'il y avait lieu pour un bon port. Ayant reconnu nous entrâmes et nous trouvâmes force huîtres très bonnes et le nommâmes Port aux huîtres.

Le lendemain, 2 octobre, nous arrivâmes devant Mallebarre et après avoir reconnu le lieu nous retournâmes en notre vaisseau, où le vent, venant bon, fîmes voile le long de la côte courant au sud.

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