‹ Les Voyages de Samuel de Champlain au Canada, 1603-1618. --Chapitre 6 sur 54 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Défart de Tadoussac four aller au Saut, la description des îles du Lièvre, aux Coudres, d'Orléans et de plusieurs autres îles et de notre arrivée à Québec.

Le mercredi, 18 de juin, nous partîmes de Tadoussac, pour aller au Saut St-Louis. Nous passâmes près de l'île aux Lièvres. De là, nous rangeâmes la côte du Nord jusqu'à une pointe qui avance à la mer et qui se trouve à une lieue de l'île aux Coudres qui a environ 2 lieues de large et est unie, s' amoindrissant par les 2 bouts, au bout de l'ouest il y a des prairies (aujourd'hui, les Prairies). Il y a force ardoise, et la terre est un peu granuleuse ; au bout de l'île, il y a un rocher qui avance à la mer environ une demi-lieue, elle est distante de l'île aux Lièvres de 12 lieues.

Le jeudi suivant, nous vînmes mouiller l'ancre à une anse dangereuse du côté du Nord ,oii il y a quelques prairies et une petite rivière où les sauvages cabanent quelquefois. Ce dit jour, rangeant la dite côte du Nord jusqu'à un lieu oii nous relâchâmes pour les vents qui nous étaient contraires, où il y avait force rochers et lieux forts dangereux, nous fûmes là 3 jours.

Toute cette côte n'est que montagnes au Nord et au Sud, la plupart ressemblant à celle du Saguenay.

Le 22, nous partîmes pour aller à l'île d'Orléans qui est à une lieue de la terre du Nord. Le côté de la terre du Sud est bas. Il fait dangereux de passer du côté du Nord, à cause des bancs de sable et rochers qui sont entre l'île et la grande terre.

Au bout de la dite île j'ai vu un torrent d'eau (le saut Montmorency) qui descendait d'une grande montagne, et dessus la dite montagne est terre unie et plaisante à voir.

Nous vînmes mouiller l'ancre à Québec qui est un détroit de la dite rivière du Canada. Il y a à ce détroit du côté du Nord, une montagne assez haute, qui va en s' abaissant des deux côtés; tout le reste est pays uni et beau, où il y a de bonnes terres pleines d'arbres comme chênes, cyprès, bouleaux, sapins et trembles, et autres arbres fruitiers sauvages et vignes, ce qui fait qu'à mon opinion, si elles étaient cultivées, elles seraient bonnes comme les nôtres.

Il y a, le long de la côte du dit Québec, des diamants dans des rochers d'ardoise, qui sont meilleurs que ceux d'Alençon.

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