‹ Les voyages de Samuel de Champlain au Canada de 1603 à 1618 [microforme]Chapitre 42 sur 54 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

Départ de France pour retourner en la Nouvelle-

France, et ce qui se Passa jusqu’à notre arrivée en l'habitation.

Le temps venant favorable, Honfleur avec fûm

ce de faire le voyage, je m'étais

France, au Havre malade.

J’espérais, recouvrant ma santé, pouvoir me seau qui était à Honfleur, Marais, gendre de Pont à Honfleur toujours fort aisseau d’où j'étais sorti usqu’au 8 d’avril. Durant

ce temps je me remis en assez bon état; toutefois encore que faible et débile, je me rembarquai.

Nous partimes le 8 d’avril et arrivâmes sur le grand banc le 19 du mois.

Le 26 du mois nous arrivâmes à Tadoussac, où il y avait des vaisseaux qui y étaient arrivés dès le 18. C'était le peu d'hiver et MS de glaces qui favorisèrent les dits vaisseaux. Nous sûmes par un jeune gentilhomme appelé du Parc qui avait hiverné À notre habitation, que tous ses compagnons se portaient bien, et qu’il n’y en avait eu que quelques-uns de malades, encore fort peu, et nous assura qu’il n’y avait presque point eu d’hiver, et avaient eu de ls viande fraîche tout le temps.

Les sauvapes nous attendaient de jour à autre pour aller à la guerre avec eux. Quand ils surent que le Pont et moi étions arrivés, ils se réjouirent

ort et vinrent nous parler.

. Je fus à terre pour leur assurer que nous irions avec eux, qu'après le retour de leur guerre, ils me mèueraient découvrir les 3 rivières, 1 u’à un lieu où il y a une si grande mer (Baie d- Hu n) qu'ils n’en voient point le bout, et nous en revenir par le Saguenay au dit Tadoussac ; toutefois j'avais promis aux Algoumequins et Ochateguins de les assister aussi en leurs guerres, lesquels m’avaient punis de me faire voir leur pays, et le grand lac (le lac Huron) et quelques mines de cuivre et autre chose : si bien que j'avais deux cordes à mon arc, de façon que si l’une manquait, l’autre pouvait réussir.

Le 28 du dit mois je partis de Tadoussac pour aller à Québec,où je trouvai le capitaine Pierre Sha. vin qui y commandait, et tous ses compagnons en bon état ; et avec eux un capitaine sauvage appelé Batiscan et quelques-uns de ses compagnons qui

mme gamme

nous y attendaient, lesquels furent fort réjouis de ma venue, et se mirent À chanter et danser tout le soir. Je leur fis festin, ce 3 leur fut très agréable, et firent bonne chère. Ils m'invitèrent avec 7 de mes hommes pour aller chez eux festoyer et nous partimes portant chacun notre écuelle, comme c’est la coutume, et de la rapporter chacune pleine de viande, que nous donnions à qui bon nous semblait. 4 Quelques jours après que nous fûmes partis de 1 adoussac, les Montagnais arrivèrent à Québec au à nombre de 60 bons hommes pour s’acheminer à la à guerre. Ils y séjournèrent quelques jours, s’y donnant du bon temps, et m’importunaient souvent à savoir si je ne manquerais point à ce que je leur avais promis. Je les assurais, et Fe de rechef. Ils se réjouirent fort lorsque je leur réitérai mes promesses, Et ils me disaient, voilà beaucoup de Basques et Mistigaches (Normands et Malouins) qui disent u' ils viendront à la guerre avec nous, que t’en semble ! disent-ils vérité ? Je leur répondi que non, et que je savais bien ce qu’ils avaient au cœur ; et que oe qu ils en disaient n’était que pour avoir leurs commodités, Ils me dirent:

Castors ; avec plusieurs autres discours facétieux, et de l’état et = d’aller à la guerre Ils se résolurent

ui me devaient

re des Iroquois, comme ils m’avaient promis l’année précédente, et y amener 400 hommes, pour aller à la guerre.

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