‹ Les voyages du marquis de NointelChapitre 32 sur 50 · L.\ DISl.liACK -iOI · texte numérisé non relu

L.\ DISl.liACK -iOI

conquérant, lorsqu'il se dôlassail des combats par leur image.

Justement, l'occasion s'offrait de réjouissances exceptionnelles. Seule contre une coalition d'cimeniis, la France reprenait l'avantage et ne cessait plus de vaincre : il y avait une succession de beaux combats à célébrer, llessusciter h ce propos l'Europe féodale en pleine Turquie, avec sa chevalerie, ses jeux guerriers, ses passes d'armes, semblait une entreprise singulièrement hasardée; mais Nointel, en l'ait de faste et de plaisirs, ne connaissait pas l'impossible et savait réaliser l'invraisemblable.

Dans le domaine de France, sur une esplanade située au devant du palais, une lice est tracée : on l'entoure de balustres monumentaux, avec arc de triomphe à l'entrée. Une nombreuse cavalerie est recrutée ; une armée de figurants se distribue les rôles et se confectionne des costumes. Nointel est V;\\i\e de ces préparatifs, mais il s'est réservé plus particulièrement d'organiser la partie littéraire et artistique de la fête, c'est-à-dire de composer les devises et de faire exécuter les peintures allégoriques qui doivent rappeler, sous une forme délicate, que Louis XIV est le héros de cette solennité et le dieu qu'on honore.

Il se livre ardennnent à cette tâche et fait appel h tous ses moyens pour réussir; à lui les mille ressources de son ingéniosité, de son goût audacieux ! Il aboutit ainsi aux inventions les plus extraordinaires, disons les plus bouffonnes. Près de la lice, une haute pyramide s'élève, peinte sur toutes ses faces, et chacune fie ces peintures va contenir une allusion voilée et d'autant plus piquante aux gloires de la France. Nointel imagine de mettre nos hauts faits en énigmes, en rébus, qu'il explique ensuite |)ar des inscriptions latines ou franraises destinées à tirer d'embarras le spectateur et à porter la lumière dans son esprit intrigué.

Ce qu'il faut coimnénmrer d'abord, c'est une série de faits darmes dont loute la .Ah'dilcrranée a retenti. Notre escadre, rencontrant dans les eaux de la Sicile la flotte combinée des Hollandais etdes Espagnols, l'a combattue trois fois et trois fois vaincue. Au cours de ces luttes a péri Uuyter, le grand Ruyter,

Page 1