LES V0YA(;ES DU MARQUIS DE XOUMEL
la présence de rambassadeiir, les religieux grecs avaient député l'un de leurs patriarches auprès de la Porte : le litige s'était renouvelé devant le Divan, qui statue en dernier ressort dans ces matières, qui fait le juge entre les parties, juge vénal et facile à prévenir. Les Latins, il est vrai, étaient forts de leur droit : ils pouvaient invo(|uer des litres vénérables et lantériorité de leur possession, les enipiélements de leurs ri\ aux n"ayant guère commencé que depuis un demi-siècle. Par contre, les Grecs trouvèrent à la cour ottomane de puissants appuis : le drogman de la Porte, ce premier de leurs coreligionnaires, se considérait comme leur protecteur naturel. Panaiotti les avait assistés tant qu'il avait vécu; on assurait même qu'avant de mourir il avait ohlenu en leur faveur des promesses et des garanties secrètes. Son successeur Mavrocordato ne montra pas moins de zèle. Ainsi encovu'agés, soutenus, les Grecs manceuxrèrent audacieusement tous les ressorts dont ils disposaient, intriguèrent, corrompirent, marchèrent avec plus d'insolence à l'assaut du Saint-Sépulcre.
Finalement, la position fut emportée. Par sentence souveraine, le vizir Kupiuly remit exclusivement aux Grecs, sans égard au droit des Latins, la garde du Saint-Sépulcre, avec tous les privilèges honorifiques (ju'elle comportait (1). Ce fut une douleur pour la catholicité entière et un alIVoiil pour la France. Louis XIV ordonna aussitôt à son représentant les plus pressants offices; il écrivit en personne au sultan pour demander la "estitution du sanctuaire; aucune dcMiiarciie ne réussit. La picHé du Roi s'en affligea, son orgueil s'en t'inut. Sans connaître exactement les (h'tails et les causes premières du conflit, il ne pou- ^ ait que ressentii' (|uelque humeur contre l'euNoyé qui lui avait valu ou du moins n'avait su lui épargner cette mortihcation.
En tout, d'ailleurs, il semltlait que Nointel eut lassé la fortune : les circonstances les plus diverses conspiraient |ioui- le jjcrdre. Le Grand Seigneur annoni;ail rintention de rétablir le siège du
(t) .Nuinlt'l à l'omponiic, G noveiiiljre t(i75.