‹ Les voyages du marquis de NointelChapitre 46 sur 50 · A IM' KM) ICI · texte numérisé non relu

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qui (ibbatellf de nouveau les Juifs qui luy oui rendu ce service, et deffend aux negotians après le restabllssement du trafflc par l'autorité de la Porte d'acheter de ces denrées prises et réservées, aflin de les survendre, enjoignant de se pourvoir seullement de celles que les femmes apporteront de la campagne à l'ordinaire. J'ay accompagné ces précautions de deux lettres, l'une au Visir. et l'autre au Ueis Effendy, tant pour les instruire de la vérité, qu'affln de prévenir les ruses du Pacha auprès d'eux, ce que vous pourez voir par leur lecturre.

C'est là tout ce que j'ay lU'u nécessaire à l'eschelle de Seyde. J'en partiray lundy pour Tripoly, d'où je continueray de vous asseurer comme d'iey, et de tel autre lieu ou je puisse estre, que je suis avec un très grand et très inviolable respect, Monsieur, vostre très humble, très obéissant, et très obligé serviteur.

NOLNTEL .

M. (le yoiiili'/ il M. ilf l'omponiic.

\ Tripoly. ce 22juillel Ki'l Monsieur,

J'ai eu l'honneur de vous informer de ce qui s'estoit passé depuis mon départ de Hierusalem, et principalement des difficultés du nouveau Pacha de Seyde touchant les capitulations jusques à me réduire à l'interdiction du commerce dans cette eschelle, mais que je l'y avois restably, ce ministre s'estant rendu à la raison, le traffic asseurement seroit en estât de recevoir des avantages considérables, si lorsqu'il est sur le point d'en joiiir, il ne luy survenoit pas des traverses capables de l'anneantir sur toutte la coste de Sirie, et de la Palestinne. Elles sont des suittes de ce (jui est arrivé à la rade de Lernira de Chipres dont le Consul vous a particularisé l'enlèvement qui s'y est fait d'une voisle françoise à l'ancre, et toutte chargée, par deux vaisseaux qui pour la mieux surprendre en luy ostaut la defliance arborèrent, suivant qu'on me l'escrit. le pavillon de Malthe avec lequel ils s'en sont rendus maistres. Le commandant de ces fourbans est un personage qui se fie plus à la ruse, qu'aux cinquante canons dont son bastiment est monté, et qu'à ceux de l'autre qui le suit; son armement est de Majorque, il a appris son niestier sous un fameux corsaire Majorquin connu sous le nom de Papechin. et il estoit son pilotte il y a (|uinze ou seize ans à la prise d'un vaisseau marchand de Marseille à la rade de Lernica; il se nomme La Flèche, il est soubçonné d'être François, et il a continué le succès de son entreprise en venant

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au golfe dAlexandrette, qui estant sans defTence de la part des Turcs, il a pu avec facilité s"y saisir de deux voisles françoises qui estoient au moment d"acheti?r leur chargement; ce sont deux vaisseaux conduits l'un par Mataillan, l'autre par Bertet, mais ce qui est de plus extraordinaire, pour ne pas dire davantage, c'est d'avoir esté pris à la veiie, et sous la protection d'un vaisseau de guerre anglois dont le commandant a commis en ce rencontre la plus grande laseheté qu'on se puisse imaginer, puisqu'outre le deshonneur qui en rejaillit sur sa bannière, il y a de fortes présomptions pour l'accuser d'intelligence avec les Jlajorquins; je ne crois pas que l'on en puisse avoir des preuves plus solides que celles tirées du fait envoyé par ce traître qui se desbitte par les Anglois en cette manniere :

Ils disent, que le lundy second juillet deux voisles ayant paru au golfe d'Alexandrette, elles furent soubçonnées par les capitaines des bastiments françois pour estre espagnolles, ce qui obligea l'un deux nommé Mataillan de recourir au commandant anglois nommé llebbin qui luy promit sa protection sur la première réquisition qui luy en fut faitte, mais à cette condition, que Mataillan se tiendroit en repos sans tirer qu'après que le vaisseau anglois auroit commencé, et qu'il mettroit sa flamme bas. Cet accord ainsy fait, ainsy qu'ils prétendent, les vaisseaux qui en estoient la cause arrivèrent, et furent reconnus pour Majorquins accompagnés de la prise de Chipres; leur amiral s'estant approché du Capitaine Rebbin luy demanda si les François estoient de son convoy, et la responce ayant esté qu'il les protegeoii, et qu'il se donna bien de garde de les molester, cet avis fut suivi de l'engagement d'y satisfaire par le Majorquin qui sexpli(]ua de son dessein de voulloir mouiller, et rendre visitte au Capitaine llebbin. Il passa à ce suject auprès de luy, et laissa tomber son ancre, mais ce fut si proche des François, que Mataillan en ayant pris defllance commenceast malheureusement à tirer, en sorte qu'estant le transgresseur du droit du port, l'espagnol leva son ancre, et ayant mis les voisles au vent, il attaqua, et pris Mataillan; Bertet qui estoit l'autre François ayant tiré trois coups de canon se jetta à terre avec son bastiment où ses gens l'abandonerent, ce qui facilita la prise de son vaisseau à l'ennemy qui s'en rendit maistre avec sa lance, ou grande ca'ique, n'ayant tiré qu'un coup de canon. Les .\nglois adjoutent pour une autre deffence que l'un de leur vaisseaux mouillé auprès de celuy de guerre avoit rompu son arbre, ce qui l'avoit obligé de retourner avec le convoy en cet endroit; qu'il estoit chargé de plus de cinq cent mil escus, et incapable de se dellendre. Ils n'ont pas cherché de prétexte pour l'autre bastiment marchand, maispour celuy de guerre, ils n'he-

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