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lier h des expéditions plus brillantes qu'utiles, à des guerres de magnificence, d'autres avis le ramenaient aux errements séculaires de nos rois, à ce système plus modeste par lc(jucl la France, refusant de s'associer à des conquêtes collectives en Orient, s'était bornée à s'y créer des intelligences utiles, à y chercher des avantages de connnerce, et avait préféré, dans ces contrées lointaines, l'influence exclusive à la domination partagée. Au lieu de ciioisir nettement entre ces deux politiques, Louis XIY s'imagina d'abord pouvoir les concilier : sensible aux séductions de lune et aux résultats pratiques de l'autre, il les suivit tour à tour et pensa combiner leurs avantages respectifs, recueillir l'hoimeur de la première avec les profils de la seconde. Cette disposition d'esprit ne pouvait que l'enlrainer à un jeu périlleux, oscillant, équivo(|ue, défavorable à tout effort suivi et à toute négociation de longue haleine.
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C'est ainsi qu'en Uiiil le Roi proposait au Pape, à l'Empereur, à Venise, de former avec lui une ligue chrétienne contre le Turc et se gardait cependant au cours de cette négociation plus ou moins sincère, qui ne devait pas aboutir, de déclarer la guerre au sultan; M. de la Haye ayant été remis en liberté, il le laissait rentrer en France, mais demandait à envoyer \v lils de l'ambassadeur insulté remplacer son père.
En ce temps, à côté de la dynastie régnante à Conslanlinople, une dynastie de ministres, celle des Kupruly, exerçait le pouvoir de père en (ils au nom de souverains dégénérés. Ces Kupruly étaient des hommes terribles, qui déployèrent parfois de iiauts talents dans l'adminislralion et la guerre. Jlobarninèd- Kupruly, premier du nom. s'était montré justicier féroce et grand massacreur ; il ordonnait, disait-on, cinq cents supplices par
IG LES VûVAGKS DU .AlAliUl'lS HE Xdl.NTEE
mois, le double de ce qui était légalement permis eu Turquie, d'après une tradition populaire. C'était avec son fds Ahmed- Kupndv, vizir omnipotent de Mohannned IV, que nous avions à traiter. Connue cet arrogant ministre condescendit à quelques explications satisfaisantes, une délente parut s'opérer, mais la politique française n'était pas au bout de ses contradictions. Le nouvel ambassadeur, M. de la Hayc-Vantelet, désigné en 16G1 , agréé en 1602, n'était pas encore parti en lOiii : il importait de savoir auparavant comment la Porte prendrait une démarcbe à laquelle le Roi venait de se résoudre.
En 166H , la guerre s'étant rallumée entre la Turquie et l'Empereur, une énorme armée de janissaires et de spahis, sous le commandement du grand vizir, s'était abattue sur la Hongrie autrichienne. A la vue de ses Etats en proie aux Turcs, Léopo]d I" avait fait retentir la chrétienté d'appels éperdus. En même temps, les princes de la ligue du ]{bin,dont le concours était requis pour défendre l'Empire, avaient réclamé de Louis XIV le contingent militaire qu'il leur devait, comme membre de l'alliance. Loin d'éluder ses engagements, le Roi les dépassa : il devait 2,i00 hommes; il en donna (i.OOO, cinq beaux régiments, plus une élite de volontaires recrutés parmi les premières familles du royaume; il regrettait, disait-il, que son fils ne fût pas en âge de porter les armes : il l'eùl mis à la tète de l'expédition.
On connaît dans ses principaux traits cette ébauciie de croisade, page héroïque et charmante de notre histoire militaire (l ). On sait que nos Fiançais marchèrent au coinliat connue à une fête, traversèrent allègrement rAlIenuigne et rejoignirent lés Impériaux en Hongrie, juste à temps pour prendre part à la bataille de Sainl-Gothard, gagnée le l"aoùt 1(164 sur l'armée du grand vizir, une part insigne. Ce qu'on sait moins, c'est qu'à l'instant où Louis XIV affichait ce zèle actif pour la cause de la chrétienté, il s'excusait auprès du sultan de lui faire la guerre.
(1) UoussKT, llixtoiri' Je Louvois, t. I, p. :i5 à 57. — L.^.ngsdouff, Une armée françiiise eu Honyrie, Revue ilex Deux Mondes du 1" juin ISUS.