‹ Les vrais mystères de Paris (volume 4)Chapitre 2 sur 9 · SN.VU · texte numérisé non relu

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Ces maisons sont ordinairement tenues par des vétérans de l'île de Cythèrequi ne manquent pas d'esprit, etqui par leur ton ei leurs manières palaissent appartenir à la bonne compagnie ; toutes ces femmes, s'il faut les croire, sont veuves d'un officier général, ou tout au moins d'un officier supérieur; mais ce serai! en vain que Ton chercherait les litres et les états de services des défunts époux qu'elles se donnent, dans les cartons du ministère de la guerre.

Nous venons de dire que ces sortes de maisons étaient plus dangereuses que les tripots jadis autorisés; en effet, ces derniers n'étaient tolérés qu'à la condition qu'il serait permis à l'autorité d'y exercer un contrôle de tous les instants ; les gens qui les fréquentaient pouvaient donc facilement être tenus à l'index, et si toutes les chances du jeu étaient calculées de manière à assurer au banquier des avantages considérables , lorsque la fortune paraissait vouloir favoriser un ponte, on lui laissait le champ libre. Dans les maisons dont nous parlons, au contraire , ce n'est pas seulement contre les chances fatales du jeu que l'on est forcé de combattre , on doit encore se tenir constamment en garde contre les ruses d'une infinité de fripons de tontes les espèces et de tous

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les sexes auxquels elles servent de lieux de réunion.

Beaucoup de gens qui jamais n'auraient mis les pieds dans un des antres de l'administration Bénazet, fréquentent cependant ces maisons auxquelles les fripons connus sous le nom de grecs (i) ont donné le nom d'étouffés ou $ élouffoirs (2). C'est que pour les y attirer la veuve du général ou du colonel a ouvert les portes de son salon à une foule de femmes charmantes : ce n'est point, il est vrai, par la vertu que ces dames brillent; mais elles sont pour la plupart jeunes , jolies et bien parées, la maîtresse du lieu ne leur demande pas autre chose.

Des chevaliers d'industrie, des grecs, des faiseurs, forment avec ces dames le noyau de la société de ces établissements , que dans le langage ordinaire on nomme des tables d'hôie r société polie, mais assurément très peu honnête.

Il y a peut-être à Paris des réunions de ce genre, composées principalement de personnes recommandables; mais ce sont justement celles-

(1) Celui qui s'est fait du jeu un métier, et qui lorsqu'il joue friponne son adversaire.

(2) Maison où Ton se réunit pour jouer et poiir exploiter des Joueur!» inexpérimentés..

là que recherchent les flibustiers eu tous genres, car là où il y a des honnêtes gens, il y a nécessairement des dupes à exploiter.

Les tables d'hôte dans lesquelles on joue ne sont pas seulement fréquentées par des escrocs, des grecs et des chevaliers d'industrie, on y rencontre aussi des donneurs d'affaires (i) ; ces derniers chercheront à connaître la position , les habitudes de l'individu qu'ils veulent prendre pour dupe, les heures durant lesquelles il est absent de chez lui , et lorsqu'ils auront appris tout ce qu'il leur importe de savoir , ils donneront à celui qu'ils nomment un ouvrier (a), et qui n'est autre qu'un adroit cambriolleur (z) , le résultat de leurs observations ; cela fait, l'ouvrier prend l'empreinte de la serrure , une fausse clef est fabriquée , et au moment favorable , l'affaire (4) se trouve faite. Il n'est pas nécessaire d'ajouter que le donneur d'affaires sait toujours se ménager un alibi incontestable , ce qui le met à l'abri des résultats que pourraient amener se& questions hardies et ses visites indiscrètes,.

(1) Indicateurs de vols.

(2) Voleur.

(3) Voleur qui dévalise les appartements à l'aide de fausses, elefs.

(4) Le vol.

Viennent ensuite les emporêeurs (t) , qui son! chargés de lever (2) ; ce sont ces derniers qui amènent dans les labiés d hôte où Ton joue cette foule de jeunes gens sans expérience qui, trouvant là tout ce qui peut les corrompre , le jeu, des vins exquis , une chère délicate , des amis empressés , des femmes agréables et d'une complaisance extrême lorsque leur bourse paraît bien garnie , viennent y dépenser leurs plus belles années en folles orgies et en débordements de toute nature.

La plus suivie et la plus luxueuse de toutes les maisons de ce genre fut patronée par un vieux généra! (un général pour de vrai) , mort depuis peu d'années , et dont le nom est souvent cité dans le recueil des Victoires el conquêtes; elle est tenue par une femme que les liens du sang allaclient à une comédienne qui fut, sous l'empire , la plus sémillante, la plus jolie et la moins cruelle de toutes les prêtresses de Thalie. Ce fut dans celte maison que Roman fut conduit. Deux individus que nous avons vus figurer au dîner donné chez Lèmardelay par Alexis de Ponrrièrcs , le

(1) Fripon chargé de découvrir des dupes. (2j Découvrir.

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comte palatin du saint empire romain , et son digne ami qu'il avait rencontré par hasard, furent ses introducteurs.

Roman était assez expérimenté pour apprécier au premier coup (fceil la valeur morale des individus qui composaient la masse des habitués de celle maison ; mais ses introducteurs , qui croyaient avoir mis la main sur un oiseau qu'il serait facile de plumer, lui firent tant de politesses qu'il ne put se dispenser d'accepter un souper fin à la Maison dorée.

Le bon vin , le café et les liqueurs ayant mis les convives en belle humeur, le comte palatin du saint-empire romain lui demanda ce qu'il pensait de la maison dans laquelle il avait été conduit.

« Voulez-vous que je vous parle avec franchise? répondit- il.

— Vous nous ferez plaisir.

— Défunt mon pauvre père m'a dit souvent qu'il y avait dans Paris une foule d'individus qui conduisaient les riches étrangers dans des maisons de jeu tenues par des femmes galantes, afin de pouvoir les dépouiller à leur aise. Je suis bien loin de croire que vous êtes des individus de ce genre ; mais je crois que la maison dans laquelle vous m'avez mené n'est pas très-catholique.-

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— Cependant le général...

— Le général me fait l'effet d'un vieux voltigeur du camp de la Lune.

— Mais les dames de la compagnie ne vous ont-elles pas paru aimables , jolies et spirituelles?

— Oh ! vous leur accordez beaucoup trop de qualités ; elles ne sont aimables que lorsqu'elles gagnent ; jolies, elles l'ont été peut-être; quant à leur esprit , il ne m'a pas été permis d'en juger.

— Ainsi , mon cher monsieur, celle maison ne vous convient pas?

— Non, cher comte, et si vous ne pouvez m'indiquer quel jue chose de beaucoup mieux , je serai forcé de garder dans mon portefeuille les quelques billets de mille francs que j'étais déterminé à perdre.

— Le gouvernement, en faisant fermer les anciennes maisons de jeu , a commis un abus de pouvoir intolérable, dit le comte palatin qui avait renoncé à l'espoir de tirer quelque chose de sa nouvelle connaissance; mais puisque vous êtes si fort tourmenté de l'envie de jouer, pourquoi n'allez- vous pas chercher le remède à vos maux dans le lieu où il existe?

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— Vous voulez sans doute m'envoycr bien loin? dit Roman.

— Comment ! vous ne savez pas , répondit le comte palatin , que le digne M. Bénazet a transporté sur le territoire hospitalier du grand-duché de Bade ses lapis verts, ses râteaux et ses croupiers, et que l'impôt qu'il paye au souverain de ce pays forme la partie la plus claire du revenu du prince Léopold?

— Je le savais, mais je n'y pensais pas, d s'écria Roman qui partit avec la rapidité d'une flèche , après avoir souhaité le bonsoir à ses deux compagnons.

Roman, lorsqu'il quitta le comte palatin et son ami , était déterminé à aller tenter la fortune à Baden. Comme tous ceux qui se laissent dominer par la passion du jeu , il n'attribuait pas à un hasard qui pouvait bien ne pas changer les nombreuses perles qu'il venait de faire, il n'accusait que sa maladresse, et il était aussi persuadé qu'il est possible de l'être, qu'une martingale qu'il venait de combiner amènerait la ruine de la banque. Après avoir fait les préparatifs de son départ, préparatifs qui ne lui prirent pas un temps considérable , car, ainsi qu'il a été facile de s'en apercevoir, il était ennemi du faste et des

grandeurs, Roman alla voir Salvador qu'il trouva dans son hôtel du faubourg Saint-Honoré, entouré de toutes les recherches du luxe , et d'une foule de fournisseurs, marchands de chevaux, carrossiers et tapissiers, dont il soldait les mémoires.

« Ainsi tu ne renonces pas à celle funeste passion? dit Salvador à son ami, lorsque celuici lui eut fait part de son projet.

— Mon cher ami, l'amour du luxe et des jolies femmes, l'ambition et l'orgueil constituent une passion aussi coûteuse au moins que celle du

— Tu as peut-être raison ; mais qu'y faire ? Nous obéissons à notre destinée, et nous arriverons probablement au même but après avoir suivi une route différente.

— Allons, encore ces folles idées ; je te quitte; je n'aime pas à entendre parler de ce que l'avenir me réserve ; adieu , mon ami.

— Adieu , et fais en sorte de revenir millionnaire. *

Roman , avanl de quitter Salvador, lui demanda cinquante mille francs , avec lesquels il voulait , disait-il , tenter la fortune une dernière fois. Salvador, qui de son côté avait fait d'énormes dépenses pour monter sa maison et celle de

.sa mnîlresse, qui plus que lui peut-être était dominée par un amour effréné du luxe, et qui ne pouvait se dissimuler que les droits de son complice sur l'héritage sanglant d'Alexis de Fourrières étaient au moins égaux aux siens , lui remit celte somme, sans se permettre d'autres observations que celles qu'il lui avait déjà faites à Fourrières, et les deux amis se quittèrent en apparence salisfaits l'un de l'autre .

11 n'en était rien cependant. Salvador s'était peu à peu habitué à ne considérer son complice que comme un subalterne, et ce n'était pas sans éprouver un vif sentiment de contrariété, sentiment, dont, après quelques instants de réflexion, il reconnaissait l'injustice, mais auquel il obéissait à son insu, qu'il le voyait agir avec indépendance. Roman, pour sa part, ne voyait pas avec plaisir la liaison qui existait entre son ami et Silvia, et il trouvait assez peu convenable qu'une fortune, qui ne devait appartenir qu'à deux individus, fût devenue la proie de trois.

Salvador, après le départ de Roman, fut pendant quelques jours soucieux et taciturne. Silvia saisit cette occasion pour tacher d'apprendre quelque chose.

« Pourquoi donc, dit-elle à son amant, ce

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bon M. Lebrun vous a-l-il quitté? Vous Pavez sans doute renvoyé sans motifs; vous êtes si vif quelquefois ; vous avez eu tort de le laisser partir : on ne rencontre pas tous les jours un... intendant, aussi fidèle, aussi dévoué. »

Elle appuyait sur ces derniers mots avec une sorte d'affectation dont Salvador saisissait parfaitement Tintention , mais dont il ne voulait pas avoir l'air de s'apercevoir ; et comme il lui faisait observer que son intendant ne s'était absenté que pour terminer quelques affaires, et qu'il serait de retour dans quelques jours, Silvia fit semblant de ne pas le croire.

« Si vous voulez me dire où il s'est retiré , continua ~l-ellc , je me ebarge de le faire revenir sans blesser en rien les convenances. De grâce, mon ami , accordez-moi cette faveur. J'aime beaucoup M. Lebrun , et si je ne dois plus le voir près de vous, je vous assure que cela me fera beaucoup de peine. »

Toute l'adresse diplomatique de Silvia éeboua contre la réserve de Salvador , et celte fois encore elle dépensa , sans obtenir de résultats , tous ies trésors de son éloquence.

Une chaise de poste, attelée de deux vigoureux chevaux , attendait Roman à la porte de

l'hôtel de Salvador. Le misérable se berçait de si étranges illusions, il était si bien convaincu de l'infaillibilité des calculs auxquels il avait soumis la chose la moins susceptible d'être calculée, le hasard, qu'il aurait voulu pouvoir franchir d'un seul bond l'espace qui le séparait des tapis verts de Baden Baden , et que la seule crainte qu'il éprouvait é'ait celle qu'un autre , plus diligent, que lui, et possesseur d'un secret semblable au sien, n'arrivât avant lui et ne fil sauter la banque de l'administration des jeux, qu'il regardait déjà comme sa propriété.

Après avoir traversé le Rhin sur un pont de bateaux , on arrive à Bischofsheim , première poste sur la grande chaussée de Bastadt et de Francfort, dont un embranchement conduit à Baden Baden.

Cette route est d'abord aussi monotone qu'un sentier tracé au milieu des guérels de la Beauce, ou des plaines crayeuses de la Champagne Pouilleuse ; elle est éiroite, sablonneuse, et se prolonge à travers une ligne interminable de peupliers, et la rive droke du Rhin qu'on entrevoit de temps à autre.

Ce n'est qu'après avoir traversé Stollhofen que le paysage prend un autre aspect et* que la route,

jusque-là monotone, change tout à coup et offre à la vue des collines couronnées à leur sommet par des villages ou de simples hameaux , dont la pierre blanche contraste avec le vert éclatant d'une végétation vigoureuse , couvertes à leur pied de vignes, de vergers et de riches moissons, et dominées par les sommets bleus d'une chaîne de hautes montagnes qui se confondent à l'horizon avec la cime toujours verte des sapins de la forêt dont le nom rappelle à la mémoire une foule de vieilles chroniques, d'antiques traditions, de mélodrames oubliés et de refrains populaires.

Celle longue et sombre chaîne de hautes montagnes court parallèlement au Rhin depuis les frontières du nord de la Suisse jusqu'à l'Eus, près de Pforzheim , et renferme dans son sein un nombre considérable de belles vallées C'est dans la plus belle de ces belles vallées qu'est située la petite ville de Baden-Baden , à deux lieues de Rastadt , où furent assassinés les plénipotentiaires français en 1799 , et à sept de Carlsruhe, capitale des États du grand-duc de Bade.

On arrive à Baden-Baden par une chaussée bien entretenue , tracée au milieu d'une riche prairie, bornée à droite par des champs couverts

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de riches moissons et de magnifiques vignobles, et les villes éparses des plus riches habitants de la ville ; à gauche, par des bois de sapins, de fortes masses de rochers et les ruines pittoresques du vieux burg , berceau de l'antique maison des margraves de Bade.

Au centre, au bout de cette chaussée, est située l'ancienne civitas Aurélia- A quensis, baina de l'empereur Àurélien , aujourd'hui Baden- Baden , nom que les Allemands lui donnèrent vers le milieu du vue siècle , et le château que les margraves , que jusqu'à celle époque la nécessité d'être toujours en garde contre les attaques imprévues avait forcés de résider au burg , firent bâiir vers le commencement du xine siècle.

Ce château a éprouvé des fortunes diverses. Il ne fut achevé qu'en 1417. Rebâti sur un meilleur plan par les soins du margrave Philippe de Bade, et complètement achevé en 1579 , il fut peu de temps après incendié et complètement dévasté par les généraux français, forcés d'obéir aux ordres qu'ils avaient reçus de l'impérieux Louvois ; mais on le rétablit bientôt dans l'état où il existe maintenant.

Une roule large et commode , construite par les soins du grand-duc actuellement régnant ,

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conduit à ce château qui , à part sa positron qui est magnifique puis jti'elle domine au loin toute la contrée, et ses souterrains, n'offre rien de bien remarquable.

C'est dans ces souterrains que , suivant quelques savants, se tenaient les séances d'un tribunal de francs juges, semblable à ceux qui existaient à la même époque en Westphalie ei dans plusieurs autres contrées de l'Allemagne.

Ces souterrains sont formés d'une suite de voûtes profondes sous lesquelles on entre par la tour de l'angle droit du château , après avoir descendu un escalier à vis et passé près d'un ancien bain à nager de style romain , et deux cuves de pierre incrustées l'une sur Tautre dans le mur, à l'entrée des souterrains. Après avoir descendu encore deux degrés , on entre dans une allée courbe et étroite, haute de sept pieds et longue de six , qui conduit dans un vestibule d'environ seize pieds de diamèlre; après ce vestibule, on parcourt plusieurs autres allées de différentes longueurs, dont une, dans les murs de laquelle on remarque, à gauche, deux lignes parallèles de trous , et à droite , six soutiens de bancs en pierre , mène à une salle à laquelle la tradition a conservé le nom de chambre de laques-

lion , à cause sans doulc de plusieurs anneaux de ïer encore scellés dans le mur; après la chambre de la question est une voie étroite fermée autreibis par une porte à trappe. (Test là qu'existait le fameux cachot du baiser de la Vierge; s'il faut croire ce que rapporte la tradition, lorsqu'un criminel s'approchait de la fatale trappe , elle s'ouvrait subitement et il tombait entre les bras garnis de lames tranchantes d'une statue mobile de la Vierge. On découvrit dans ce cachot , il y a quelques années, des débris de vêtements, des ossements , des fragments de roues garnies de lames tranchantes et plusieurs autres objets qui avaient sans doute appartenu aux malheureuses victimes du tribunal vehmique.

A l'heure qu'il est , le cachot du baiser de la- Vierge est entièrement comblé ; cependant ce n'est pas sans éprouver un vif sentiment de crainte mystérieuse, que les gens du pays approchent du lieu où il existait aulrefois.

Une partie de la ville de Baden-Baden, qui est protégée à l'est par les montagnes appelées Grosse-Siauffenberg-Mercurius et par le petit Stauffenberg , à l'ouest par le Prémersberg , et au nord par la chaîne de montagnes dont les plus hautes sont situées dans cette direction, est assise

au dos (le la colline qui s'élève en (errasses superposées Tune au-dessus de l'autre; l'autre partie couvre la colline et est dominée par le château dont nous venons de parler.

Le Grosse-Slauffenberg-Mercurius , le petit Slaufïenberg et le IVémersberg , qui forment autour de la ville une ceinture naturelle , sont couverts des bois aciculaires qui font la richesse de la Suisse alpestre ; mais leurs collines les plus avancées nourrissent les essences spéciales aux climats tempérés , le hêtre , le chêne , l'orme , qui sont entremêlés de bouquets de châtaigniers, du bouleau pittoresque , du houx toujours vert et du genièvre branchu dont les baies bleues se groupent dans les taillis.

Les vieux murs de la ville de Baden-Baden , qui depuis seize ans a été considérablement embellie , ont été abattus ; les fossés des vieilles fortifications ont été comblés et convertis en boulevards bordés de belles maisons bourgeoises et de brillantes boutiques; l'ancien Stadt-Graben n'existe plus ; cependant Baden-Baden , comme toutes les villes situées sur les bords du Rhin , a conservé cette couleur pittoresque particulière aux cités du moyen âge , couleur qui plaît tant aux imaginations rêveuses et aux amateurs des

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