‹ Les vrais mystères de Paris (volume 5)Chapitre 3 sur 9 · UN COUP D 0£IL EN ARRIÈRE · texte numérisé non relu

UN COUP D 0£IL EN ARRIÈRE

Pendant près de cinq mois, qu'elle passa en prison avant d'être rendue à la liberté , elle ne se démentit pas un seul instant ; elle travaillait avec ardeur el sa douceur était inaltérable. Enfui, elle manœuvra si bien, qu'elle intéressa l'aumônier de la prison, qui fit d'activés démarches afin de lui faire rendre la liberté.

Ces démarches allaient être couronnées dé succès et SiJvia attendait chaque jour l'ordre de sa mise en liberté, lorsqu'il lui arriva un événement heureux pour elle, bien qu'il prolongeât sa captivité de quelques jours et qu'il mît ses jours en danger.

Elle était à la fois si belle et si douce, il j avait tant de distinction dans ses manières, que le directeur de la prison n'avait pas voulu qu'elle fût confondue avec les autres prisonnières. A cet effet, il lui avait assigné une cellule isolée qui faisait partie d'un petit bâtiment dans lequel on serrait le bois destiné au chauffage de la prison ; elle était chaque soir enfermée dans celte cellule que Ton ouvrait le malin afin de lui laisser la faculté de se promener par toute la maison tant que durait la journée.

Silvin avait reçu, le matin, la visite du bon ecclésiastique qui s'intéressait à elle, et elle s'élait

endormie heureuse de savoir que bientôt elle serait mise en liberté , lorsque vers le milieu de la nuit elle fut réveillée par les cris de ses compagnes de captivité et les exclamations des employés de la prison , qui couraient à travers les cours et les corridors ; une fumée épaisse remplissait sa cellule, et à travers les barreaux de sa fenêtre , elle put voir les flammes dévorer la partie du bâtiment où était enfermé le bois.

Encore quelques minutes et ces flammesallaient l'atteindre, et personne ne venait à son secours ! Les gardiens, occupés à contenir les prisonnières qu'ils avaient été forcés de faire sortir de leurs dortoirs et qui poussaient des cris effroyables, bien qu'elles fussent à l'abri de tout danger, paraissaient l'avoir tout à fait oubliée. Sa frayeur fut si vive, qu'une révolution subite s'opéra dans tout son être et qu'elle put pousser des cris perçants, suivis bientôt de cette exclamation : Au secours! au secours !..*

Elle avait recouvré la parole!

Les cris de Silvia ne furent pas, heureusement pour elle, entendus des employés de la prison , qui se trouvaient dans la cour; mais ils attirèrent l'attention d'un pompier qui, debout, la hache à la main, sur une solive embrasée, travaillait avec

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