‹ Les vrais mystères de Paris (volume 5)Chapitre 4 sur 9 · UN COUP D'OEIL EN ARRIERE · texte numérisé non relu

UN COUP D'OEIL EN ARRIERE

ardeur à isoler l'incendie. Ce brave militaire , sans penser aux nombreux dangers qu'il allait affronter, s'élance sur le toit du bâtiment dont faisait partie la cellule habitée par Silvia : les flammes, la fumée, rien ne l'arrête, il arrive près de la cellule. Silvia , presque étouffée par la fumée, était tombée évanouie sur sa modeste couchette. Le brave pompier, qui voit derrière lui l'incendie faire de rapides progrès, n'hésite pas; il frappe à coups redoublés sur les barreaux qui garnissent la fenêlre de la cellule ; il en descelle un, puis deux ; enfin, il parvient à entrer dans la cellule de la malheureuse prisonnière, qu'il prend entre ses bras, et malgré les flammes et la fumée, qui ont redoublé d'intensité pendant les quelques minutes qui viennent de s'écouler, il reprend le chemin qu'il vient de parcourir, et à l'aide d'une échelle que lui tendent ses camarades, il arrive enfin dans la cour, où il dépose la femme qu'il vient de sauver au moment où le toit du bâtiment incendié s'affaisse et tombe.

Tout cela avait demandé, pour se passer, moins de temps qu'il ne nous en a fallu pour le raconter. Le pompier avait déposé Silvia dans un coin isolé de la cour, et, pressé de retourner où son devoir l'appelait, il l'avait quittée sans plus s'oc-

cuper d'elle, de sorte qu'elle était seule lorsqu'elle reprit l'usage de ses sens.

Nous laissons à nos lecteurs le soin d'apprécier combien fut grande la joie qu'elle éprouva lorsqu'elle fut tout à fait revenue à elle : elle venait d'échapper à un effroyable danger, à la mort la plus cruelle, et elle avait recouvré l'usage de la parole î

Mais qu'allait-elîe faire de cette précieuse faculté? Devait-elle s'en servir, ou la cacher avec soin? Après avoir réfléchi quelques instants, elle prit ce dernier parti , et c'était en effet le plus sage ; on avait perdu l'espoir d'en obtenir quelque chose, puisque l'on était presque décidé à lui rendre la liberté, et quelque confiance qu'elle eût dans la finesse de son esprit, elle n'était pas bien certaine de répondre d'une manière satisfaisante aux nouvelles questions qu'on ne manquerait pas de lui adresser, si l'on venait à apprendre qu'elle n'était plus muette.

Mais tout à coup elle se rappela qu'avant de tomber évanouie sur le lit , elle avait poussé des cris perçants et demandé du secours ; ou ces cris avaient été entendus, puisque l'on était venu l'arrachera la mort, ou elle ne devait sa délivrance qu'au hasard , qui avait rappelé à l'un

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