E PAU
Beppo à se mettre aa lit, elle le iaîMa seul dans sa chambre et alla pleurer dans la sienne.
Soigné par un médedn habile, BeppQ recouvra bientôt la santé, et moins de quinze jours après Tévé-- Bernent que nous venons de rapporter, ses blessures étaient complètement cicatrisées et il se trouva en étal de sortir. Il avait seulement à regretter la perte d^in de ses yeux, que la mèche du fouet du cocher Anglais de Silvia, avait enlevé de son orbite.
Il n'avait pas dit à sa mère qu!il avait rencontré la ■larquise de Roselly et que c'était à la suite de cette rencontre qu'il avait été mis dans cet état. Ile vou^ lant pas donner à celte brave femme de nouveaui sujets d'alarmes, il avait mieux aimé lui donner l'assu* rance que ses Messures étaient le résultat d'une que^ relie à laquelle il s'était trouvé mêlé contre son gré.
— Quittons Paris, lui avait dit la bonne femme, retournons dans, notre belle Provence; je ne serai heu* reuse que lorsque nous aurons revu, tous deux, notre> medesie demeure, au bord.de la mer.
— Nous partirons bientôt! lui répondit Beppo, lalssei-moi seulement le temps de terminer quelques affaires^ et votre désir sera satisfaiL
La pauvre mère, charmée de ce que son Gis lui renouvelait une promesse d^à faite plusieurs fois, l'avait embrassé et s'était trouvée pins tranquille.
Beppo, un matin, prit les vêtements qu'il avait achetés chez Bonnard et qu'il n'avait encore mis que pour se rendre chez Silvia, et après s'en être couvert, ii pria sa mère d'aller lui chercher une voiture.,
— Où vas-tu? lui dit la Catalane profondément aonnée de cette toileue inusitée? encore chez cett» marquise, peut-être?
56 LES VAMS MYSTÈRES
— Non, ma mère, non, répondit-il, Je vais faire une démarche après laquelle, Je Pespère, nous pourrons nous mettre en route pour notre Provence.
— Tu ne me parles pas bien clairement, cruel enfant; mais Je te crois; ce n^est pas ta mère, ta mère qui t'aime tant, que tu voudrais tromper ?
— Pauvre femme, dit Beppo, en jetant un u^iste regard sur ma mère, qui quittait l'appartement afin de faire ce qu'il désirait.
— Dent pour dent, œil pour œil, disait-il en se regardant dans la glace qui ornait la cheminée, lorsque sa mère vint lui dire que la voiture qu'il avaitdemandée Tattendait dans la rue.
Il embrassa la bonne femme et sortit.
Il donna l'ordre, à son cocher, de le conduire à la préfecture de police.
Avant de faire connaître à nos lecteurs ce que l'expêcbeur Catalan allait faire à la préfecture de police» nous leur apprendrons, en peu de mots, ce qui était arrivé à Beppo, du moment où nous l'avons quitté dans la chambre d'une des pensionnaires de la mère Sans-Refus, Jusqu'à celui où nous venons de le voir rencontrer, au bois de Vincennes, la calèche de Silvia.
On n'a pas oublié qu'il pouvait à peine se soutenir lorsqu'il quitta la chambre de Georgette; aussi son premier soin, en arrivant chez lui, fut-il de se mettre au lit, où il resta plusieurs Jours à peu près privé de sentiment, et soigné seulement par sa mère dont le dévouement ne se ralentit pas un seul instant.
La pauvre mère attendit pour interroger son fils que r<état pitoyable dans lequel il se trouvait se fût un peu amélioré; Beppo ne voulant pas lui apprendre qull
DE PARIS. Il
▼enait de se rendre coapabïe d*an crime, lui dit qall afait, aa moment où il sortait de chez Kretz, rencontré la marquise de Roselly dans un brillant équipage, encore couverte des vêtements d'homme qu'elle portait chez lui,' que désespéré de ce que cette femme, sans laquelle il ne pouvait vivre, s'était soustraite à son pouvoir, il s'était de suite jeté à la rivière, si bien déterminé à mettre fin à ses jours, qu'il avait emprisonné ses bras dans la ceinture de son pantalon; mais que rinstinct de la conservation ayant été plus fort que sa volonté, il avait, avec beaucoup de peine, gagné le bord, en se servant, pour nager, seulement de ses jambes. Qu'il avait été ensuite recueilli par des personnes charitables qui s'étaient trouvées là fort à propos pour le secourir, ce qui expliquait ses deux jours d'absence, et que sa maladie ne devait être attribuée qu'au violent chagrin qu'il avait éprouvé et qu'il éprouvait encore, et peut-être aussi à la brusque révolution opérée dans son organisme par le froid glacial de Teau.
Sa mère s'était contentée de cette explication toute invraisemblable qu'elle était.
Beppo, en proie aux plus violents remords, car la nature de cet homme, malgré les deux crimes qu'il avait commis, n'était pas tout à fait corrompue, fut fidèle à la résolution qu'il avait prise. Dès qu'il eut recouvré l'usage de ses sens, il ne fit rien pour échapper aux poursaites dont il pouvait être l'objet. Je subirai mon sort, se disait-il sans cesse, je ne puis échapper à la punition que j'ai méritée. L'œil de Dieu voit les crimes qui échappent aux regards des hommes, et s'il permet qu'ils demeurent impunis ici-bas, c'est qu'il leur réserve dans un autre monde une punition plus terrible;
SS LES VR/kIS HTSTÊRES
que sa volonté soit faite, ce n'est point moi qui cher* dierai à la comtiattre.
La maladie de Beppo avait été longue; mais grâce à la vigueur de sa constitution et aux soins affectueux que lui prodigua sa mère, il recouvra la santé et pot .reprendre le cours de ses occupations habituelles.
U avait pris la résolution d'oublier Silvia, et il avait eu assez de force pour ne point cbercher à savoir ce qu'elle était devenue {on n'a pas oublié qu'il avait appris par Georgetie que la blessure qu'il lui avait faîte, laissait aux médecins, quoiqu'elle fût grave, l'espoir de la sauver); mais cette résolution était au-dessus de ses forces : le gracieux visage de la marquise de Rosellf venait sans cesse troutâer tous ses rêves, et souvent, {tandis que pour chasser au loin les tristes pensées qui troublaient sans cesse son esprit, ii travaillait avec ardeur aux filets de dames qu'il fabriquait pour Kretz); il venait se placer sous ses yeux, tantôt riant et gracieux, tantôt sombre et terrible.
Beppo alors jetait loin de lui son ouvrage, et allait se promener dans la campagne; la vue des arbres, de l'eau, des fleurs, les chants joyeux des oiseaux, soulageaient quelque peu ses souffrances, et, après une longue course, il rentrait dans sa demeure, taon pas gai, mais du moins beaucoup moins triste qu'il n'en était sorti.
Sa mère, avait remarqué cela, aussi dès qu'elle voyait quelques nuages assombrir le visage de son fils, elle l'invitait à prendre le plaisir de la promenade; de sorte que, ce qui n'anivait d'abord que par hasard, devint une habitude de tous les jours.
Beppo se promenait tantôt d'un côté, tantôt de l'autre; mais il affectionnait paiiicuiièrement le bois
DE PABM. " 59
de VinoeDoes, beàucimp moins fré^ACé q«e les autres promenades des environs de Paris et dans lequel il trouvait ce qui manque à peu près partout, Tombre et la possibilité de réver«
La vue de Silvia, resplendissante de beauté et de parure, avait en un instant changé toutes ^s résolu* ttoos, et il s'était mis à courir après la calèche, afin de la retrouver lorsqu'il le voudrait. La perte d'un œil et des blessures dont il devait conserver les traces tonte sa vie avaient été le résultat de cette folie équipée.
Beppo quitta la voiture qui l'avait amené à l'entrée d'une des rues étroites et obscpres qui avoisioent la préfecture de police; après avoir parcouru en tout sens une foule de ruelles sans noms, il se trouva sur le quai de l'Horloge. Une des portes du lieu dans lequel il se rendait était devant lui... Il entra dans une cour formée par de hantes murailles; à gauche, un bâtiment d'un sinistre aspect, aux croisées garnies de barreaux de fer, qui indiquent une prison dans laquelle le soleil n'a jamais pénétré; il suivit cette cour, il arriva dans une autre où se trouvaient réunis plusieurs individus parmi lesquels s'en trouvsdent quelques-uns porteurs de figures qu'on ne voit que sur les épaules des mouchards, des geôliers ou des infirmiers, il demanda à l'un de ces hommes à qui H devait s'adresser pour faire une révélation; on lui indiqua du doigt l'entrée d'un bureau situé sous une voâie assez sombre. €omme il se dirigeait vers ce bureau, il entendit plusieurs voix répéter : &eit un coqueur. Il entra et demanda à parler au chef; après quelques pourparlers, il fut introduit dans une grande pièce mal éclairée, meublée seulement de quelques bancs
recoaverts d'une basane crassease, sur lesquels étaient assis plusieurs individus d'cissez mauvaise mine; d'une petite table 6ur|pontée d'un pupitre, devant laqueHe était placé un homme déjà âgé. Les murs de cette pièce étaient garnis de rayons sur lesquels reposaient une grande quantité de cartons pleins de cartes, sur chacune desquelles était écrit le nom d'un individu ayant eu maille à partir avec la justice.
Beppo était dans l'antichambre de cette mystérieuse puissance nommée la police, déesse aux cent yeux, aux cent bras, qui doit tout voir, tout entendre, tout prévoir, tout réprimer, qui doit, à toutes les heures du }our et de la nuit, pénétrer dans les plus impures sentines, dans les cloaques les plus immondes; qui doit écouter tout ce qu'on vient lui dire, et ne doit croire que ce qui est vrai; qui rend service à tout le monde et dont tout le monde se plaint, et à laquelle pourtant on ne saurait accorder trop de louanges lorsqu'elle s'acquitte consciencieusement de la moitié seulement de la lâche immense qui lui est conflée.
Beppo, après quelques minutes d'attente, fut introduit dans le cabinet de l'homme chargé, à l'époque où se passèrent les événements que nous racontons à nos lecteurs, de la direction de celte branche importante de l'édiiilé parisienne.
— Vous voulez , dil-il à l'ex-pêcheur , rendre des services à l'administration, et vous nous promettez de nous mettre sur la trace des chefs de la bande de malfaiteurs qui, depuis longtemps déjà, désole la capitale et les environs ?
Beppo répondit affirmativement.
— Quels sont vos nom , âge , lieu de naissance, profession et domicile?
0E PAMÇ. Gt
Beppo répondit à' ces diverses demandes, et mii entre les mains de celui qui IHnterrogeait ies papiers dont il avait en soin de se munir, et qui établissaient d'une manière irréfragable la vérité de ses réponses.
— Quel est le motif qui vous fait agir? dit le chef de la police, après avoir attentivement eiaminé les papiers de Beppo.
— La vengeance.
— Vous avez sans doute pris part aux méfaits de ces bandits, et c'est parce qu'aujourd'hui tous croyez avoir à vous plaindre d'eux que vous voulez les livrer.
— Vous vous trompez. J'ai commis bien des fautes, peut-être, mais je suis un honnête homme.
Le chef sonna, et dit quelques mots à l'oreille de l'homme qui répondit à cet appel. Cet homme sortit aussitôt, et quelques minutes après il apporta à son maître un des petits cartons placés sur les rayons qui garnissaient la salle d'attente.
Le chef chercha vainement, à son ordre alphabétique, «ne cçrte sur laquelle le nom de Beppo se trouvât inscrit.
— Qui me dit, ajouta-t-il après cette recherche infructueuse, que si votre offre est agréée vous nous servirez fidèlement?
— Vous pouvez, si vous ne vous en rapportez pas à moi, me faire surveiller, je n'ai pas d'ailleurs intérêt à vous tromper, puisque c'est gratuitement que je vous offre mes services. Si je réussis, je serai assez récompensé par leplaisir d'avoir, tout en me vengeant, rendu un important service à la société.
— Voiler, se dit le chef qui avait accordé aux paroles de Beppo la plus sérieuse attention , un indicateur comme on n'en rencontre guère.
-T C'est bien ! continua-t-il en élevant ki vofx; f accepte les offres que voas venez de me faire. Si vous le voolei, et si vous nous servez avec fldélité, vous serez généreusement récompensé, mais si votre démarche cache un piège, malheur à vous, car c'est à vous qu'il sera fatah
— Je ne crains rien, et la suite, je l'espère, vous apprendra que l'on peut se fier à Beppo lorsqu'il a donné sa parole.
—Allez donc, et puisse le ciel favoriser votre entreprise; il est beau, quoiqu'on dise, de mettre dans Timpossibilité de nuire, ceux qui se font on jeu de braver toutes les lois qui régissent la société.
Beppo sortit du cabinet du chef, après lui avoir fait la promesse de venir souvent lui rendre compte du résultat des démarches qu'immédiatement il allait foire. Il rejoignit au coin de la rue où il lui avait ordonné de Tatiendre, le cabriolet qui l'avait amené, et se fit conduire chez lui.
Un homme vêtu d'une longue redingote bleue» boutoniiée jusqu'au menton, le coii emprisonné dans un col de crinoline noire, colfl'é d'un chapeau à larges bords qui lui cachait les yeux , et armé d'un jonc plombé qu'il accrochait souvent à un des boutons de sa redingote, suivait tous les pas de Beppo, celui-ci le remarqua, mais ne s'en inquiéta guère, il n'avait pas l'intention de cacher quelque chose à ceux qu'il voulait servir.
Rentré chez lui, il quitta les habits élégants qall avait mis pour aller à la préfedture de police, et se livra au travail ainsi qu'il avait l'habitude de le faire après toutes ses promenades; il travailla a<^ ardeur jusqu'au moment du dîner, qui fut servi par sa mère à rheure ordinaire.
— Ma mère, dit-il à la Catalane, à llssae de ce modeste repas, de tous les proverbes qui ont coi^re chez noQs, qael est celai qu'un bon Catalan ne doit Jamais oublier?.
— Mais je ne sais, répondit la pauvre femme, qui tremblait de se souvenir.
— Je vais vous le rappeler, reprit Beppo en mon* trant à sa mère les coutures bleuâtres qui sillonnaient «on visage et la pièce carrée de taffetas noir qui couvrait le trou sanglant où avait été son œil : dent pour dent, œil pour œil.
— Tu veux le venger malheureux! s'écria la pauvre mère, ahl mon fils est perdu I
. —Je veux me venger, dit Beppo d'une voix sombre, c'est un parii pris; ceux qui ont donné Tordre à leur laquais dcme traiter comme un chien, périront comme des chiens, leur sang répandu sur Péchafaud, lavera la cruelle injure qu'ils m'ont faite; mais rassurez-vous, bonne mère, quant à présent je ne cours aucuns risques, je puis marcher sans crainte vers le but que je veux atteindre; laissez-moi donc agir à ma guise, ne irons opposez point à mes allées e( venues continuelles, à moitis que vous ne vouliez que je me résolve à vous quitter.
Et Beppo, sans attendre la réponse de sa mère, qui" du reste, connaissant te caractère indomptable de^on fils et effrayée par la menace qu'il venait de bû faire, n'était pas disposée à hasarder ia phis légère objection, {Mit son bonne! de hiine brune et son caban, et sortit de r^pparteflœnt*
Il descendit rapidement la rue Saint-Jacques, tra* versa les deux ponts qui conduisent sur la rive droite de la Seine et s'engagea dans le sombre dédale formé
&i LES VRAIS MYSTÈRES
par les petites rues fangeuses qui avoisinent Thôtel de Ville.
L'homme à la redingote bleue et au chapeau à larges bords, marchait toujours derri^e lui.
Beppo ne trouva pas sans peine la maison dans laquelle il voulait entrer, ce ne fut qu'après avoir parcouru en tons sens les rues Jean-Pain-Mollet, de la Vennerie et .plusieurs autres, qu'il arriva rue de la Tannerie et s'arrêta devant la maison occupée par la mère Sans-Refus.
Il ne faisait pas encore nuit, une des odalisques de cet ignoble harem, montrait son œil à travers l'espace circulaire ménagé sur une des vitres enduites de blanc d'Espagne, qui garnissaient les châssis de la boutique.
Elle adressa à Beppo un signe provocateur.
Il entra.
La mère Sans^Refus dormait dans le vieux fauteuil placé derrière son comptoir; ses pensionnaires, diversement groupées, buvaient, fumaient ou jouaient aux cartes; l'une d'elles, seule à une table, sa tête, renversée en arrière, était appuyée contre la muraille, sa bouche entr'ouvertev
C'était celle que Beppo cherchait, il se plaça près de la table, et dit à une femme gui avait quitté ses compagnes lorsqu'il était entré et qui depuis lors mnr. chait presque sur ses talons, de lui servir deux verres d'eau-de-vie.
—Deux glacis (t lance daff (1) à monsieur : voîlà, répondit la fille/ intérieurement irès-vexée de ce que ce n'était pas à elle que cet étranger plus proprement vêtu que ceux qui fréquentaient habituellement l'établis-
(1) Deux verres (Teau-de-vie.
DK PARIS. 65
sèment de la mère Sans-Refus, arait jeté le mouchoir.
Elle apporta cependant les deux verres d'eau-de-vie
demandés, et retourna ensuite près de ses compagnes.
— Georgette? dit Beppo en secouant légèrement la fille près de laquelle il s'était placé et qu'il croyait endormie, Georgette?
Elle ne répondit que par un sourd grognement asseï semblable à celui de l'animal immonde dont l'Âlcoran interdit la chair à ses sectateurs, et le mouvement qu'elle fit, ayant dérangé son peigne, ses longs cheveux noirsse déroulèrent sur ses épaules et sur son cou.
La malheureuse femme était ivre-morte.
— Elle est casquette (1), mon poulet; dit une des odalisques en riant aux éclats.
—J'attendrai qu'elle ne le soit plus, répondit Beppo.
Il s'approcha de la mère Sans-Refus, que les éclats de rire de sa pensionnaire venaient d'éveiller, et lui mit deux piècœ de cinq francs dans la main après lui avoir dit quelques mots à l'oreille.
Le son de l'argent tira la vieille mégère de l'espèce de torpeur dans laquelle elle paraisaii plongée; elle se leva précipitamment de son fauteuil, après avoir adressé h Beppo une giimace que celui-ci fut libre de prendre pour un sourire et donna l'ordre à ses peufionnaires de conduire Georgette dans sa chambre.
•— Vous n'allez pas la rejoindre? dit-elle lorsque l'ordre qu'elle venait de donner fut exécuté.
— Je resterai ici quelques instants, si vous voules bien le permettre, répondit l'eipécheur.
— Gomment donc, mais c'est beaucoup d'honneur pour moi et pour ces dames.
(1) Ivre.
— Vous ne me reconnaisse! pas ? dit Beppo à la mère Sans-Refas après un silence de quelques instants.
— Quand nous nous serons vos encore une fois, çà fera deux, répondit la tavernière.
— Ça fera trois, si vous voulez bien le permettre* — Impossible, mon bichon, Je n'oublie Jamais les
balles (1) que J'ai déjà remouchées (2) une fois.
— Il parait que ce morceau de taffetas noir et les blessures qui sillonnent mon visage me rendent mé* connaissable; tant mieux, ma fol. Je puis alors passer sans crainte devant les gendarmes et les mouchards.
— Ah ça! mais, qui êtes- vous donc?
— Gomment^ vous ne vous rappelez pas un pauvre diablie que de braves gens firent entrer ici il 7 a an peu plus d'une année, au moment où il allait être pris par ceux qui ie poursuivaient, qui tomba maladet auquel Georgette prodigua des soins si empressés?
— Et qui venait û'escarper une largue camouflée m chêne (3) sur Je pont au Ghange ?
Beppo, qui n'était pas initié aux mystères du jargon dont se servait habituellement la mère Sans-Refus, fut obligé de lui faire observer qu'il ne savait ce qu'elle voulait dire.
— Ahl vous ne dévidez pas le jars (U); tant pis, vous ne pourrez pas alors causer agréablement avec les amis. Je vous disais donc que le Jeune homme qui fut soigné par Georgette à l'époque dont vous parlez, venait de tuer, sur le pont au Ghange, une femme déguisée en homme.
(1) Figures.
(2) Vues.
i3) De tuer une femme déguisée en homme. 4) Vous ne parlez pas l'argot.
DE PABIS. 67
— O^était moi.
— Dites donc ? il parati que vous avez fait des progrès depuis un an et demi; Georgette n'a cessé de me soutenir qu'au moment de Vescafi)e (1) vous étiez un faonnêie homme.
Beppo regarda en riant la hideuse Sans-Refus.
— J'étais bêle, lui dit-il à voix basse.
— Pantre (2); c'est pantre qu'il faut dire«
— Pantre si vous voulez.
— Et maintenant?
— Obi maintenant, je suis bien changé; j'ai quitté Paris après la chose en question, et j'ai rencontré en province des braves gens auxquels fai été très-utile et qui m'ont fait gagner beaucoup d'argent (Beppo, en achevant ces mots, frappa sur ses poches dont le son métallique charma les oreilles de la mère Sans-Refus); mais j'ai été forcé de quitter, ces pauvres gens, continua Beppo en donnant à sa voix une expression lamentable. Ils ont eu des malheurs!...
— Je comprends, enflaquéi (3).
— Vous dites ?
— Arrêtés.
Beppo fit un signe alTirmatif.
— Mais comment se fait-il donc que vous n'^n^raviez pas bigorne,...^ quç vous ne compreniez pas l'argot?
— Que voulez- vous, je n^ai vécu jusqu'à présent qu'avec de braves gens de campagne, mais j'ai bonne envie d'apprendre*
(1) Assassinât.
($) Niais, boDoéte homme.
<5,) Arrêtés.
— Je n'en doute pas, mon garçon, je n*en dpate pns, mais, dites-moi, qa'étes-Toas donc venu faire à Paris?
— Lorsqae mes compagnons ont été... conment avez-vous dit ça ?
Enfiaqués (1).
Enflaqués, je me suis dit que puisque mon visage était devenu méconnaissable, par suite d'un événement que je vous raconterai plus tard, je pouvais sans crainte revenir à Paris où il me serait peut-être facile de faire quelques connaissances utiles; et comme j'avais déjà très-souvent pensé à votre maison...
— C'est très-bien, mon garçon, c'est très-bien, il ne faut jamais oublier les gens qui bous ont rendu service; vous trouverez ici, soyez-en sâr, tout ce que vous pouvez désirer.
Beppo, pour achever de gagner les bonnes grâces de la mère Sans-Refus, lui offrit ainsi qu'à ses pensionnaires, une tournée de petits verres d'eau-de-vie qui fut acceptée avec le plus vif enthousiasme.
Pendant la longue conversation que nous venons de rapporter, plusieurs individus que nous connaissons déjà, Charles la belle Cravate, le grand Louis, Cornet tape -dur et plusieurs autres étaient entrés dans le bouge de la mère Sans-Refus, et après avoir échangé quelques paroles à voix basse avec la tavernière et jeté sur Beppo des regards soupçonneux, ils s'étaient retirés dans la pièce du fond.
— Youlez-vous que je vous présente aux amis, dit la Sans-Refus, vous en serez quitte pour leur payer quelques doubles cholettes de l€mce daff (2).
(1) Arrêtés.
(2) Quelques litres d'eau-de-vie.
DC PÂMS. 69
— Vous me ferez plaisir et je payerai tout ce qall faudra, répondit Beppo qui commençait à deviner le langage ordinaire du lieu dans lequel il se trouvait.
La mère Sans-Refus prit la main de'Beppo et le £t entrer dans Parrière-salle que nous connaissons.
— Quéqne c'est encore que celui-là, dit le grand Louis qnenque mo^raron (l).
— As-tu fini, mauvais ferlampier (2)? répondit la Sans-Refus, c'est moi, n'est-ce pas? mol, Marie-Madeleine-Golette Comtois, qui suis capable d'introduire des macarons parmi vous ?
— Il faut bien Hgoler (3) un peu, reprit le grand Louis.
—Il faudrait mieux travailler (/i) un peu plus etrtgoler un peu moins; mais c'est égal, vous pouvez à c'te plombe (5) pitancher (6) tant qu'vous voudrez, c'garçon qui vous doit h tous une fière camouffle (7) vacriu* quer (8) de qaaire doubles cholettes de lance (taff (9).
Après cet exorde, qui disposa les bandits à favorablement accueillir celui qu'elle leur présentait, la Sans- Refus rappela aux habitués de son repaire, l'évé* nement qui avait conduit chez elle Beppo pour la première fois, et leur raconta en peu de mots, l'histoire fabriquée par l'ex-pécheur pour capter sa con* fiance.
(1) TraKpe.
(2) Misérable.
(5) Riie.
(4) Voler.
(5) Heure.
(6) Boire.
Chandelle.
(8i Payer.
(9) Litres d'ean-de-vié.
70 LES VBAIS MYSTÈRES
Lorsque les bandits surent que Tbomme qui était devant eux, s'était rendu coupable d'un assassinat, et qu'il ne venait se ûxer à Paris, que parce que la bande avec laquelle il^vait exploité la province, venait d'être dispersée, ils s'empressèrent tous autour de lui, chacun d'eux fut jaloux de lui serrer la main, et les quatre litres d'eau-de-vie annoncés ayant été apportés par la Sans-Refus et par Cornet tape -dur, qui avait conservé chez la tavernière ses fonctions de maître Jac« ques, l'enthousiasme atteignit bientôt son apogée, ei Beppo fut tout d'une voix proclamé membre de l'asso* ciatioà, qui se réunissait chez Marie-Madeleine-Golette Comtois dite Sans-Refus.
La nuit était déjà avancée lorsqu'il quitta ses nouveaux amis pour aller rejoindre Georgette, les fumées alcooliques qui quelques heures auparavant obscurcissaient le cerveau de la malheureuse ûlle, venaient de se dissiper , de sorte qu'elle se flt toute gracieuse pour recevoir Beppo. L'ex -pécheur plaça sur la cheminée le chandelier qu'il avait apporté, il tira de la poche de son caban un cigare qu'il alluma , puis ii s'assit dans un mauvais fauteuil, placé à la tête du lit dans lequel était couchée Georgette. Cette conduite quelque peu extraordinaire étonna considérablement la fille, mais elle n'osa rien dire.
Beppo, pour se faire reconnaître, fut obligé de rappeler à Georgette toutes les circonstances qui avaient accompagnées la première entrevue qu'il avait eue avec elle.
— Ainsi, dit Georgette, (lorsqu'elle fut bien convaincue que l'homme qu'elle avait devant les yeux, était bien le même que celui qu'elle avait soigné dixhuit mois auparavant), vous êtes aujourd'hui forcé de
Tenir chercher du refuge dans celle maison? cela ne in*élonue pas, une fois que Ton a mis nn pied dans le seniier du critue, il faul !e suivre jusqu*au bout
— Le croyez-vous? répondit Beppo.
— Hélas! ajouia Georgetle, je suis moi-même une preuve évidente de la vérité de ce que j'avance.
— Vous vous trompez peut-être; je crois au con« traire, qu'il n'est jamais trop tard pour revenir au bien, et c'est autant pour vous fournir les moyens de sortir de l'affreuse position dans laquelle vous êtes placée, que pour accomplir un dessein que je.vous ferai eonnaltre si vous voulez me promettre de ne point me trahir, que je suis revenu ici.
Beippo, disait vrai, au moment d'entrer chez la Sans-Aefus, il s'était rappelé la femme qui lui avait prodigué des soins à la fois si affectueux et si désin** léressés, et il avait de suite pris la résolution de l'arracher, si cela était possible, au sort funeste qui paraissait devoir être le sien.
Georgette, on le sait, portait à Qeppo un très-vif intérêt, elle lui fit donc sans difficultés toutes les promesses qu'il eiigea, elle lui offrit même de le servir.
Beppo, pour mettre sa bonne volonté à l'épreuve, la chargea d'épier tout ce qui se passerait dans la maison de la mère Sans-Refus, pendant son absence, et de lui en rendre compte, il voulait, disait-il, savoir ce que pensaient de lui ses nouveaux camarades.
— Il est inutile de chercher à me tromper, lui ré-^ pondit Georgeite, j'ai deviné quel est votre projet, vous voulez livrer à la police tous ceux qui fréquentent cette maison?
Beppo regretta alors de s'être exprimé avec assez peu de prudence pour laisser deviner à cette fille la
nature de son projet, mais Georgette ne le laissa pas longtemps dans l'inquiétude.
Si tel est, en effet, votre projet, cohtinua-t-elle les yeux étinrelants de colère, oh! je vous servirai de tout mon pouvoir. Je serais heureuse de rendre à tous ces hommes, que j'ai été forcée de subir, un peu du mal qu'ils m'ont fait.
Il y avait dans la vo'x de Georgette, lorsqu'elle prononça ces mots, un tel accent de vérité, que Beppo fut convaincu qu'il pouvait dès ce moment compter sur un auxiliaire dévoué.
Il est temps de dire à nos lecteurs comment il se faisait que Beppo venait chercher chez la mère Sans- Refus les moyens de se venger des deux hommes qui étaient dans la calèche de la marquise de Roselly, lors de l'événement à la suite duquel il avait été si affreusement défiguré.
On n'a peut-être pas oublié que Salvador accompagnait Silvia, lorsque Beppo qui s'était établi chez le restaurateur GrajEiano, afin d'attendre sa voiture au passage, était parvenu à découvrir sa première demeure. Lors de la rencontre au bois de Vincennes, il reconnut de suite cet homme, dont la physionomie, du reste, était assez remarquable, pour rester gravée dans nne mémoire moins fidèle que la sienne.
Transporté chez lui à la suite de l'événement dont nous avons rapporté les détails, il demeura, ainsi que nous l'avons dit, plus de quinze jours cloué sur son lit et en proie à des souffrances si vives, qu'il ne pouvait seulement un instant se livrer au sommeil. Tant que durèrent ces cruelles insomnies, l'image de Pun des deux hommes qui accompagnaient la marquise de Roselly lors de la rencontre au bois de Vincennes, fut
sans cesse devant ses regards, son imagination le lui représentait, non pas tel qu'il Tavait vu dans la calèche de Tex-cantatrice, pimpant, frisé, musqué, éperonné et décoré, mais vêtu d'un costume et parlant un langage qui indiquaient des habitudes qui n'étaient pas celles des hommes de bonne compagnie; Beppo cbas^ sait vainement celte image qui se reproduisait sans cesse, avec les mêmes contours et les mêmes couleurs; sa mémoire, enfln, ût un suprême effort; alors un éclair vint illuminer son esprit, et il se rappela que les deux compagnons de Silvia n'étaient autres que deux des hommes qui ravalent fait entrer dans un bouge au moment où il allait être saisi par la foule qui le poursuivait, et dont il avait pu remarquer la physionomie avant de se trouver mal.
De là à conclure que ces deux hommes, qu'il venait de rencontrer dans un brillant équipage, étaient les chefs de la bande de malfaiteurs qui, ainsi que le lui avait appris Georgette, se réunissaient chez la Sans- Refus, il n'y avait pas beaucoup de chemin à faire.
Voici quel était le projet de Beppo lorsqu'il était ^Ué faire des offres de service à la police :
Il avait deviné que pour acquérir la conGance des bandits, il n'aurait qu'à leur rappeler et le crime qu'il avait commis et le service qu'Js lui avaient rendu; et comme il supposait que plusieurs de ces bandits, si ce n'était pas tous, savaient quels étaient leurs chefs, il espérait que bientôt l'un d'eux les lui ferait connaître. La perte de deux hommes auxquels Beppo, excité à la fois par la jalousie et la soif de la vengeance, avq$t voué une haine égale, (il ne savait pas lequel des deux était l'amant de Silvin, et il leur attribuait une même paît dans sa dernière mésaventure], serait le résultat
des révélations que ne manqueraient pas de faire ceax des bandits qui seraient préalablement arrêtés.
Tel était le plan conçu par Pei-^pécheur, comina* niqné par lui au chef de la police, et approuvé par celui-ci. Ce plan ne devait réussir qu^en partie : le hasard seul, bien plus grand maître que toutes les prévisions humaines, devait fournir à Beppo le moyen de parvenir au but qu'il voulait atteindre.
Quoiqu'il en soit, il conduisit sa barque avec tant de prudence et tant d^adresse, que peu de Jours après son introduction parmi les commensaux ordinaires de la mère Sans-Refus, il était devenu Toracle de tous les scélérats au milieu desquels il vivait. Ces misérables lui avaient fait la-confidence de tous les crimes qu^ils méditaient, et plus d'une fois ils lui avait foit la proposition de l'intéresser à celles de leurs périlleuses expéditions qui devaient être les plus fructueuses. Mais Beppo avait su refuser, sans cependant éveiller leurs soupçons; il leur avait dit qu'il ne se mettrait a truvailler (1) (il parlait aïors l'argot aussi bien que le plus madré de la bande), que lorsqu'il ne lui resterait plus d'argent; qu'il voulait, avant de risquer sa peau, jouir un peu des agréments de la vie parisienne^ les bandits avalent trouvé cette envie d'autant plus naturelle, que, depuis quelque temps, i^s n'étaient pas heureux dans leurs entreprises. Plusieurs d'entre eux avaient été arrêtés en flagrant délit et au moment oà ils se croyaient tout à fait hors de danger.
On a deviné que c'est aux avis que Beppo fpoissamment secondé par Georgette, qui le servait avec un zèle qui ne se démentait pas) faisait parvenir à la police, qu'ils devaient leur arrestation.
(1) Voler.
— Ta as bien raison de ne pas vouloir mettre la main à la pâte (1) dit un jour le grand Louis à Texpécheur, nous sommes malheureux en ce moment.
— En effet, Je suis tout prêt à croire que le métier commence à ne plus rien valoir.
' Ne m*en parle pas, les plus belles affaires nous g!i8sent entre les arguemines (2). fit ce n*est pas tout, nos meilleurs fanandels (â) sont presque toujours paumés marons (/i), H y a. J'en suis sûr, un macaron (5) pMrmi nous.
^ 11 faut le buter ((>).
^ Si on le connaissait, ça serait déjà fait, s*écria le grand Louis en grinçant des dents; mais le brigand ne viendra pas nous dire, c*est moi qui vous fais tous enflaquer {7).
— Qui saiil il arrive quelquefois de si drôles de choses.
— Laisse donc, les railles (8), les friquets (9), les cuisiniers (10), les macarons (11), c'est tous des taffeurs (12).
Keppo se trouvait seul en ce moment avec le grand Louis, car la conversation que nous rapportons avait
{)) Voler, (â) Maioa.
(5) Camarade».
(4) Pris sur le fait.
(5) Traître.
(0) Tuer.
(7) Arrêter.
(8) Mouchards.
^9) Agents de police.
(10) Dénonciateurs..
(11) Traîtres.
(12) Lâches.
lieu dans la petite cour de la maison Sans-Refus (nous dirons tout à Theure pour quel motif le grand Louis avait amené Bcppo en cet endroit); il lui vint Penvie de prouver au bandit à Tlnstant même qu*il se trompait, et qu'il était très-possible d'être à la fois agent de police et courageux, mais il se contint.
-— Les affaires allaient bien mieux lorsque le grand Richard, Rupin et le Provençal venaient ici; c'étaient des hommes, ceux-là! mais on se plaignait d'eux, parce qu'ils se réservaient la plus grosse part dans toutes les affaires qu'ils nous faisaient faire; c'était juste cependant, mais on n'est jamais content, ce n'est que lorsqu'on a pei du ce qu'on avait entre les mains qu'on le regrette.
Ce n'était pas la première fois que Beppo entendait prononcer les noms du grand Richard, de Rupin et du Provençal, et quelque chose lui disait que deux de ces noms appartenaient aux hommes dont il voulait se venger. Il n'avait pas voulu, cependant, dans la crainte d'inspirer des soupçons à ses compagnoi}$, leur parler de ces trois hommes, et Georgette, à laquelle, ainsi du reste qu'à ses autres pensionnaires, la mère Sans- Refus ne laissait rien voir de ce qui pouvait la contpromettre, n'avait rien pu lui apprendre. Aussi le grand Louis lui fournissait-il en ce moment une occasion qu'il était bien résolu a ne point laisser échapper.
— Mais puisque ces hommes vous étaient si utiles, répondit-il au grand Louis, pourquoi n'allcz-vous pas les prier de revenir parmi vous? vous en serez quittes pour convenir de vos torts, si vous en avez.
— C'est bien plus facile à dire qu'à faire, personne de nous ne sait oi!^ trouver les rupins?
— Bath!
DE PABIS. 77
— C'est comme je t'Ie dis; ohl ce sont des martous (1) unis, ils nous regardaient pour ainsi dire comme leurs larbins (-2); mais c'est égal, ils nous faisaient gagner de la pièce (3).
€e que le grand Louis venait de lui dire, prouvait à Beppo, jusqu'à l'évidence, que les deux individus qu'il voulait perdre avaient cessé d'élre en relation avec les habitués du bouge de la mère Sans-Refus, et que par conséquent il M serait très-difficile d'atteindre le but qu'il se proposait, car il ne suffisait pas de dire à ceux qu'il servait, que ces hommes étaient les complices de ceux dont déjà il avait procuré l'arrestation, il fallait encore le prouver; cependant, il ne désespéra pas de réussir.
— Ecoute, lui dit le grand Louis après un silence de quelques minutes, tu es un brave garçon, n'est-ce pas?
— - Je ne t'ai pas donné, je crois, le droit de penser le contraire.
— Eh bien! si tuireux, nous ferons, toi, Charles la belle Cravate et moi une affaire magnifique, et qui nous rapportera gros, sans qu'il soit nécessaire de courir le moindre danger.
— Qu'est-ce que c'est?
— Voilà! La daronne (k) est une four gâte rupine (ô); il y a, idgo (6), de quoi faire un chapin (7)
H) Malins.
(2) Domestiques.
(3) DeJ'argent.
(4) La mère.
(5) Riche receleuse.
(6) Ici.
(7) Vol.