IV. — Le cMteau de Poumères
Le soleil vient de se lever, la rosée brille encore en perles étincelantes sur les feuilles des arbres séculaires du parc de Fourrières. Roman se promène en sifilottant le long de la barrière jnaturelle, que forme au parc du château de Fourrières le ravin dans lequel le malheureux Ambroise a trouvé la mort.
Roman n'a plus cette physionomie pleine et colorée
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qae nous M oomnnssoiis. Les lignes jadis pures de son Tîsage^ sont tourmentées; ses Joues pendantes, sont pHes; de nombreuses rides sillonnent son front; ce ne siont pas les remords qui ont causé de tels ra? ages) mais^bien le jeu etTivrognerie; car ses yeux 'ont oonserve leur expression ordinaire dinsouciance, «c ses lèvres, qui se relèvent un peu à chaque commissure^ n*ont pas perdu leur expression sardonique.
Roman se promenait depuis' quelques minutes seulement, lorsqu'il vit Salvador s'avancer vers lui.
Leur conversation nous apprendra quel motif les réonissMt de si grand matin dans cette«partie recalée du parc.
Roman fit quelques pas au-devant de son ami, û lui présenta sa amtk que Salvador refosa de serrer dans les siennes.
— Â ton aise, dit-il, à ton aise.
Et il recommença sa' promenade*
Les yeux Meus de^ Salvador lançaient ties éclairs^ sa démarche était brusque et saccadée; il était focité de voir qu'il était en proie à une violente c^ère, colère longtemps contenue et qui allait enfin éclater.
— Voyons, lui dit Roman, est-ce seulement poqr me faire assister au lever de Taurore, spectacle chéri de tous les hommes vertueux, s'il faut en croire la chanson de défunt M. Bouilly, que tu m'as prié de me trouver ce matin dans cette partie isolée du parc?
— Le moment est mal choisi pour plaisanter, ré<pondit Salvador; ainsi, fais-moi grâce, je t'en prie, de tes sottes citations, que je ne suis pas d'humeur à écouter.
— Ahl diable! eh bien! puisqu'il en est ainsi, parlons sérieusement! Que me veux'tu?
—Je Teax que tu me donaes respUcatfoD dete scène :fMfflâideiue qui s'est passée ici pendast mon abseace. • — Et que veux-tu que Je te diset j*avais bo, il fiBHit le croire, quelques verres de jurançon de trop; Je riais dans le salon« avec une des fènuies de ta noble époqse, qui à ce moment est entrée et Bi*a donné rordre de sortir, d'un ton auquel Je n*al pas été habitué depuis que Je suis au service du marquie de Panières. (Roman, pour prononcer ces derniers mots, donna à sa voix une inflexion sardoniqne qd n'échappa pas à Salvador.) Je me suis emporté, et j*ai envoyé madame la marquise à ta promenade, peat*étre un peu moins poliment que je ne Taurais dd« voilà tout*
— Voilà toutl voilà tout! en vérité Je t'admire. Et gals-tu quels sont les résultats de ta conduite? Ma femme exige, et je vais être forcé de lui obéir, que je te renvoie à Tinstant même.
-^ Tu diras à ta femme que ce qu'elle exige est impossible; elle criera peut-être un peu, mais lorsqu'elle sera bien convaincue que ses cris sont inutiles, elle prendra son parti et ne pensera plus à rien.
Salvador ne répondit pas à ce petit discours que «m ami avait pnmoncé du ton le plus leste et le plus dégagé qu'il soit possible d'imaginer; il continua à se promener à grands pas. Roman, que son obésité empêchait de le suivre, s'était assis sur un tronc d'arbre et attendait patiemment qu'il voulût bien revenir près de Ini.
—s II le fout, se disait Salvador en continuant sa proannade à pas précipités; il le faut absolument; car, maintenant, il ne changera pas; mais quels moyens employer!
66 LES TRAIS HTSTÈRES
Il revint près de Roman :
— £coate« loi dit-il, tu dois comprendre qn*aprèb ce qui 8*est passé, il faat absolument que tu quittes le château?
— Mais je ne demande pas mieux, répondit Roman; donne-moi un peu d'argent, et Je pars aujourd'hui même pour Paris, où tu me retrouveras. Je te le promets, tout à fait corrigé.
— Je le désire; mais je n'y compte pas, reprit Sal« vador, qui prit dans son portefeuille trois billets de mille francs qu'il remit à son ami. Ne les joue pas, ajouta-t-il; car, je te donne ma parole, que je ne t'en donnerai pas d'autres, d*ici à trois mois au moins; tu as maintenant dissipé plus que la moitié de ce qui te revenait; ainsi, tu n'as plus rien à exiger,
— C'est bon, c'est bon, sermoneur; Je sais que ta es un excellent gardon, incapable de laisser dans l'embarras ton plus cher ami, si par hasard il s'y trouvait. Je vais de suite te débarrasser de ma présence qui, je le vois, t'importune en ce moment. Tu es encore sous l'influence de la lune de miel, mais cela se passera, mon très-cher, cela se passera.
Roman, après avoir serré la main de Salvador, se dirigea vers l'avenue du parc qui conduisait au château, en sifflant l'air de la marche des Tatares, que selon toute apparence, il affectionnait beaucoup.
Nos lecteurs, nous en sommes à peu près certains, ont déjà deviné quelles étaient les idées qui germaient dans la tète de Salvador, que Roman vient de laisser seul près le ravin du parc, et qui n^a pas interrompu l'exerdce assez fatigant auquel il se livre depuis déjà longtemps.
Ils ont deviné que cet homme qui a conqms, grâce
à seg crimes et au hasard qui a toujours favorisé toutes ses entreprises, un nom honorable, parmi les plus honorables, une position élevée, une fortune considérable, que cet homme, qui vient d'épouser une femme que les plus riches et les plus nobles lui envient, veut conserver tout cela ; et que, comme il a vu que s'il laissait vivre auprès de lui uu homme dont le jeu et rivrognerie avaient presque annihilé les facultés, cela ne loi était pas possible; il a pris la résolution de se débarrasser de son complice.
Mais commeat se débarrasserait-il de cet homme, que tant de liens mystérieux attachaient à lui ? Voudrait-il consentir à s'expatrier et, en supposant même qu'il le voulût, son absence assurerait-elle sa tranquillité? Ne pouvait-il pas, de loin comme de près lui imposer des lois auxquelles il serait forcé de se soumettre.
De près, Roman était moins à craindre pour Salvador, que de loin; car, il y avait entre eux une effroyable solidarité; de la sâreté de l'un, dépendait celle de l'autre; mais l'éloignement rompait cette solidarité, seule garantie des scélérats entre eux.
Il ne fallait donc pas que Roman s'éloignât; et cependant, Salvador, bien convaincu que les vices de sou ami ou plutôt de son complice, ne feraient qu'augmenter avec l'âge, était bien déterminé à ne point en supporter plus longtemps les conséquences.
Salvador s'était déjà dit tout ce qui précède, lorsque sa femme lui raconta l'odieuse scène qui avait provoquée l'entrevue dans le parc, à laquelle nous venons d'assister.
Alors, mais seulement alors, Salvador osa envisager la conclusion nécessaire des pensées dont nous venons d'analyser la substance.
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II se àlu en termes positifs, qae I9 mort de Roman jioovait seule assarer son bonheur et sa tranquillité, et la mort de Roman fut à Tinstant résolue.
Il n'était resté dans la partie solitaire du parc, oà favait laissé celui dont il venait de Jurer la mort, que pour chercher à son aise les moyens de lui arracher la vie sans courir le risque de se compromettre.
Ainsi, cet homme, qui depuis plus de vingt ans était son compagnon de tous les instants; cet homme, auquel il venait de serrer la main; cet homme, en qd mot, qui lui avait donné et auquel à son tour il avait donné de nombreuses preuves de dévouement, il Fallait tuer sans éprouver phis de pitié que Ton en a pour ranimai immonde que Ton est forcé d'écraser du pied. Il ne faut pas, cher lecteur, que cela vous étonne; Salvador se disposait à agir comme aurait agi, ou tout aa moins comme aurait désiré agir, tout autre individu placé dans les mêmes conditions; comme aurait agi Roman lui-même, s'il se fût trouvé à sa place; tant il est vrai que les sentiments afTectueux ne sont véritables; n'ont de valeur et de durée qu'autant qu'ils sont basés sur l'estime réciproque de ceux qui les éprouvent.
Nous savons fort bien que cette opinion, que nous émettons comme un fait positif, pourrait être démentie par une grande quantité d'exemples, et qu'il serait facile, à ceux de nos lecteurs qui ont compulsé les annales judiciaires, de nous citer une foule de criminels qui ont donné à leurs complices de nombreuses preuves d'amitié, qui ont de même sacrifié leur vie pour sauver la leur; mais quelque nombreux que soient les faite, ils le sont beaucoup moins, heureusement (c^est à dessein que nous disons heureusement) , que les faits contraires*
Dfi PARIS. 69
Et pais, SI Ton vent bl«n Bedonner la peinecrexaiDiiier avec attention lé caractère des hidiYidasqaî ont fourni on qui fourniront à Pavenn* ces exemples, on sera bientôt convaincu qu*au lieu de combattre Toplnion que nous venons d'émettre, les faits auxquels nous faisons allusion ne peuvent servir, au contraire, qu*à lui donner une nouvelle force.
Fn eflet, ou a vu souvent des criminels sacrifier tout, Jeur liberté, leur vie même, à un complice pour lequel ils paraissaient éprouver une viVe amitié; mais on a pu, en même temps, remarquer que les individus qui donnaient ces preuves de dévouement,- étaient presque toujours des hommes tout à fait dépourvus dlntelligence, n*ayant d'une créature humaine, que Tenveloppe; tandis qu'au contraire, ceux en faveur desquels ils se sacrifiaient, se faisaient remarquer, soit ptt* la finesse, soit par la cultare de leur esprit.
Si nos lecteurs veulent bien se rappeler que nous leur avons dit déjà que les malfaiteurs se laissaient très>facilement dominer par ceux d'entre eux qui possèdent une certaine dose d'intelligence, ils n'acovderont plus, sans doute, lie nom d'amitié au sendnent qui fait agir les individus dont nous parlons, sentiment irréfléchi, assez semblable à celui qu'éprouvent les chiens pour leurs maîtres, les bétes féroces pour ceux qui sont parvenus à les dompter.
Une certaine communauté dMniéréts, peut donc bien, pendant un laps de temps, plus au moins attacher Ton à l'autre, des Individus doués, ainsi que fêtaient Salvador et Roman, d^une intelligence à peu près égale; mais lorsque ces intérêts cessent d'être semblables, il va lutte aussitôt, et cette lutte n^est ordinairement terminée que par la perte totale de l'un des
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deux, gaelqaefois même par celle des deux à la fois.
Dans la latte qui venait de s'engager entre Salvador et Roman, ce dernier, entièrement dominé par la passion dujea, aveuglé par Tinsouciance ordinaire de son caractère et auquel Tâge et les liqueurs fortes dont, pour se consoler de ses pertes journalières, il faisait un usage immodéré, devait nécessairement succomber.
Salvador n'avait pas de plan arrêté, lorsqu'il avait engagé son complice à retourner à Paris; il ne voulait qu'éloigner du château la victime qu'il était biea déterminé à sacrifier à sa tranquillité; il pensait, avec raison, qu'il trouverait là, plus facilement que partout ailleurs, l'occasion de commettre avec sécurité, et de couvrir d'un voile épais, le nouveau crime qu'il méditait.
Nous be voulons certes pas justifier Salvador, dont l'odieux caractère n'est que trop connu de nos lecteurs, nous devons cependant dire que ce n'était qu'après s'être livré de nombreux combats et avoir hésité longtemps, qu'il s'était déterminé à sacrifier son coowlice , nous ajouterons même (car cela prouvera qu^e fois que dans la carrière du crime on a dépassé certaines limites, il n'est plus possible de s'arrêter), qu'il ne se résolvait à commettre un nouveau crime, que parce qu'il avait acquis la certitude que tant que son complice serait près de lui il serait forcé de marcher en avant sur la route qu'il avait suivie jusqu'à ce jour et qu'il voulait absolument quitter.
Disons encore que le mariage qu'il venait de faire avait exalté son orgueil, et que les manières sans façon de Roman, qu'il avait pris l'habitude de ne considérer que comme le premier de ses serviteurs, le blessaieat horriblement.
Roman n'avait accepté avec empressement la proposition de quitter le cliâteao de Ponrrières que parce que la vie que Ton y menait l'ennuyait passablement, car blessé plus quil ne le laissait paraître, par les ma* nîères hautaines et la morgue de son complice, il ne lui aurait pas fait cette concession, si sa volonté avait le moins du monde contrarié ses désirs : quoiqu'il en »oiU il partit ainsi qu'il l'avait dit, le Jour même, et grâce à la merveilleuse célérité des chaises de Tadminimration des postes, cinq jours après l'entretien que nous venons de rapporter, il était installé à l'hôtel de Ponrrières.
Le Jour même où Roman arrivait à Paris, Salvador recevait au château de Pourrières la lettre suivante :
a Monsieur le marquis de Pourrières,
» Si jamais Je vous trompe, m'avez«vous dit un Jour à la suite d'une assez violente querelle, durant laquelle j'avais manifesté le désir de vous quitter, désir auquel vous avez cru devoir vous opposer, si Jamais Je vous trempe, vous aurez acquis le droit de vous ven^rl Je ne sais encore si vous m'avez trompé, mais je s^Nbrt bien que vous venez d'épouser madame la comtesse Lucie de Neuville, que vous aimez beaucoup à ce qu'on assure : que vous ayez épousé cette femme pour donner à votre position dans le monde un nouveau relief, pour que sa dot vtnt augmenter votre fortune, je le conçois facilement, et je ne songe pas à m'en plaindre; mais que vous l'aimiez lorsque Je suis là, lorsque Je n'ai pas cessé de vous aimer, lorsque c'est en quelque sorte à cause de vous que j'ai supporté pendant plus d'une année des souffrances sous le poids desquelles une femme moins forte que je ne le suis.
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aurait cent fois succombé, voilà ce que Je ne sooflKrais pas, voilà ce que Je regarderais comme une trviH perle, c*est de cela croyez-moi bien qœje me vengerai ; je sais fort bien que votre perte entraînerait la mienne, mais Je croîs qae vous avez assez de perspicacité, et que par conséquent vous connaissez trop bien mon caractère, pour ne pas croire que cette considération pourrait me faire hésiter senlement une minute.
» Je veux donc (entendez-vous bien. Je venx) qne vous me disiez quelles sont les raisons qui vous ont déterminé à épouser la comtesse de Neuville, Je veux que vous me donniez Tassurance que Je n^ai pas perdu la place qne je dois occuper éternellement dans votre cœur, Je veux que vos actions me prouvent la sincérité de vos poroles.
D Je sais que Je vous dois le récit de ce qui m^est arrivé depuis que nous avons été séparés t ce récit Je vous le ferai lorsque vous aurez répondu è cette lettre» et II vous prouvera. Je Tespère, que j'ai le droit de voi^arler comme Je le fais maintenant.
)Kpondez-moi de suite à Thôtel des Princes, où Je suis logée maintenant; grâce à votre ami, le vicomte de Lussan, dont Je suis très-contente ; de suite entendez-vous, car je suis très-peu patiente, vous le savez, et quelquefois l'impatience fait commettre une ftmie dMmprudences dont on se repent lorsqu'il n'est plus temps de les réparer.
» Toute à vous,
» SiLVIA. »
Salvador s'attendait à recevoir de Silvia ane lettre à peu près semblable à celle que nous venons de
iMBttre ao» lés jrenx de aos leetenra, celle-d ne Vé^ tonna donc pas, mais comme il savait sa mattreise très-capable de mettre à eiécation les menaces qu'eUe ne eraignaît pas de faii faire, ii cmt qali devait lui écrire de snite et de manière à la contenter.
Void donc ce qu'il lui répondit :
• Votre lettre m*a beaucoup étonné; comment c'est rtm qui me faites des menaces, c'est tous qui oses me deman^r compte de mes actions; cependant comme j'aime à croire que le récit que vous me pro* mettez, me prouvera que vous avez le droit de me parler comme vous le faites, je veux bien vous ré* pondre.
» Roman qui est en ce moment à Paris, vous dira quelles sont les raisons qui m'ont déterminé à prendre pour femme la comtesse de Neuville, que je n'ai épousée, vous croyant m6rte ou du moins infidèle, (et pouvais-je croire autre chose ? ) que pour donner on nouveau relief à ma position dans le monde et pour augmenter ma fortune de sa dot; je ne veux pasdire, que si vous n^étîez pas revenue, je ne me serâVl>sis laissé séduire par les aimables qualités qu'elle possède, vous ne me croiriez pas et vous auriez raison ; mais il est une femme qui me paraîtra toujours préférable à toutes les créatures de son sexe, et cette femme-là, c'est vous! vous le savez bien.
«Mais je veux, (eniendez-vousbien, je veux), qu'elle me dise quels sont les événements qui t'ont retenue loin de moi pendant plus d'une année , et il faut pour que je lui reconnaisse les droits qu'elle s'arroge, peut-être un peu trop prématurément, que les explications qu'elle doit me donner, soient assez claires et
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assez catégoriques , pour ne me laisser àuoin doute dans Tesprit,
» Je crois» Silvia, que vous avez assez de perspicacité pour bien connaître mon caractère, et que par conséquent vous ne devez pas croire que les menaces que vous me faites, puissent m'épouvanter; je suis, vous le savez, Tliomme du monde qui accepte avec le plus de résignation, les faits accomplis, je ne vous recommanderai donc, ni la patience, ni la prudence, vous êtes parfaitement libre d'agir de la manière qui vous paraîtra la plus convenable.
» Tout à vous,
» A. DE POUBRIÈRES. »
Salvador n'envoya celte lettre à Silvîa, qu'après en avoir adressée une autre à Roman, dans laquelle il lui traçait la conduite qu'il devait tenir vis-à-vis de sa ma^ tresse; il savait qae son complice, aussi intéressé que lui à ne point mécontenter la marquise de Roselly, qu'il craignait malgré le ton assuré qu'il affectait dans sa lettre, le servirait ûdèlement malgré les germes de mé^tentement qui existaient entre eux.
Gomme nous ne voulons pas faire voyager nos lecteurs, de Paris, où se trouvent en ce moment Silvia et Roman, au château de Pourrières, oà nous avons laissés Lucie et Salvador, pour de là, les conduire dans la capitale du grand duché de Toscane, où se sont rendus aussitôt après leur mariage Laure et Servigny, accompagnés de sir Lambton , nous mettrons sous leurs yeux leur correspondance, qui leur apprendra tous les événements qui doivent se passer jusqu'au moment où nous les retrouverons tous à Paris.
S'il est vrai, ainsi que l'a dit Buffon, que le style est
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tout lliorame, cette correspondance qvl ?!ent à iln- 8tant même d'être remise entre dob mains et qni for* mera la matière du chapitre suivant, fera connaître le caractère des principaux personnages de cette hls* loîre.
Noos répétons avant d*aUer plus loin, ce que nous avons déjà dit plusieurs fois, cette histoire est vraie» ▼raie dans son ensemble et dans tous ses détails, tous les personnages qui y jouent un rôle, sont réels, plusieurs même vivent encore; nous avons seulement changé les noms de quelques-uns d*entre eux, (il était inutile de prendre cette précaution vis-à-vis de ceux dont le nom était en quelque sorte devenu historique, et Salvador et Roman étaient de ceux-là), et pour être convaincu de la vérité de ce que nous avançons ici» il ne s*agit que de consulter les annales de la préfecture de police et des tribunaux criminels.
Nous n'insistons sur ce fait, que parce que nous savons que les lecteurs sont généralement peu disposés à croire les auteurs, lorsque ces derniers affirment la vérité des faits qu'ils racontent, et que nous tenons à ce que Ton ne nous conteste pas le seul dKrite que possède peut-être ce livre : celui d'être vrai.