‹ Les vrais principes du chant grégorienChapitre 58 sur 84 · RÉCAPITULATION ANALYTIQUE DES RÉFLEXIONS PRÉCÉDENTES · texte numérisé non relu

RÉCAPITULATION ANALYTIQUE DES RÉFLEXIONS PRÉCÉDENTES

L Ne doivent pas chanter ceux qui ne savent pas chanter.

II. L'intonation doit être fixe ; elle doit être r^lée sur une dominante commune , qui sera La , sauf les cas exceptionnels de voix graves , de tons surabondants , mixtes ou commixtes.

m. Toutes les voix doivent être parfaitement unies en ce qui concerne l'intonation , le mouvement , la respiration , la prononciation, etc.

(1) L*ezéeatioB du chant grégorien , partîenlièrenient des morcetnz qui éUienI dianlés pnr mmeattAenéa^ éuit anciennement à Roae dHue excellence indicible. On lit dans plntienr» antews oenlcapemina « fa'lM •bserrait aTce soin les noanecs de /brto , ^no, crue., dtatm. triaes,wu»rdmmis, eU. De là le platûr otfilÉM qne cet chantres proenraient à leurs andHevrs, comme TaUestent plosienrs sainU Pères; mab de là MMii, d'un autre côtelés Acres réprimandes de ces mêmes Pères à Tadresse de ces chantres qui, orgneillcn, de méthode, chantèrent pour leur propre gloire plutôt que pour la gloire de Dien. De là encore les de Pépin auprès du Sonverain Pontife Panl I, afin d'obtenir le chantre romain Siméon qui fut pins imd le maître de chant de Féglise de Reiass. De là le besoin senti par Chariemagne d*aToir d*AdricB I* et Benoit, aussi chantres romaâsqni s'établirent à MeU et à Soissons , et U facnllé qn^aecerda roi, Léon 111, d'envoyer deux dianlrcs français , afin qu'unis à ceux de Rome ils s'initiassent à lenr méthode. De là enfin les soipsde BMiqoer avee des lettres initiales tontes les nuances qn*on letresrn dans quelques anciens ms. Tels étaient I, », c. #, ji, d, • , #, #, r, etc. q^ii rap p el ère n t an chantre les rimmmIm»,colUMMkê,$eemiaa,podmtmm,pmmatmm^SmihMm^£trom^miemm .=

Français ne panrinrent jaaMJs à exprioMr parfaitement « %tmïïmK voce èarèatieà framgemUs m fuUmn f^iu$ qvrim eryrimemlis. (Mon. Enjol. in rit. Car. m. ad ao. 787. — Citai mrm. II j» 82 ^

IV. 11 faut qu'on chante exactement les notes telles qu'elTes sont inarquées , sans dénaturer les gammes grégoriennes par des semi-tons chromatiques , excepté le bémol accidentel sur si , pour éviter la quarte majeure. La même règle défend d'intercaler en chantant des notes de passage ou de remplissage en guise de ports de voix.

V. Le mouvement doit toujours être lent et calme, de sorte qu'il vaut mieux quelquefois ne pas achever tout le morceau que de le précipiter. Néanmoins il faut tenir compte de la solennité des fêtes et descirconstances.

VL L'émission de la voix doit être pleine et sonore tout en la mettant en rapport avec la nature des solennités et des cérémonies.

VIL Les paroles doivent être distinctement prononcées.

VIIL Les repos et les respirations doivent être , autant que possible, subordonnés au sens des paroles.

IX. 11 faut avoir recours à de fréquentes répétitions; sans quoi ces préceptes ne seront jamais exactement observés.

X. On doit chanter non pas pour plaire aux hommes , mais pour plaire à Dieu, en chantant ses louanges et en excitant les fidèles à la piété (1).

(1) Les SS. Pères et les coaeîles ont teiyoars riYen^nt insisté snr ce point. S. JerAme expliquant ce pesiege deTApôtre, aux Ephësiens : wmt entrHenaut à$ fMneiM, d'hyvMMi et de cantiques tpirituele, chantant et ptalmodiant du fonddevoeeœun à la gloire du Setgmur^ s'exprime ainsi : « audiant iate adoIescentuU, audiant

* hi quibus psallendi in ecdesiâ officium est, Deo «non voce, sed corde cantandum s neo in tragœdorum

* modum gnttur et fanées dulci medicamine colliniendas , ut in ecdetia théâtrales modi andianUir et

* cantica ; sed in timoré , in opère , in scientia scripturarum. QuamTÎs sit aliquis, ut illi soient appellare

* k«kef«r«f , si opéra bona habnerit, duleis apud Denm cantorest. » S. Nicétius (De bono psal.'C. 3.) n*eit pfts moins explicite» « que le son ou la mélodie, dit- il, soit en harmonie avec la sainteté de la religion. Que

* le chant ne soit pas entremêlé de difficultés tragiques , mais quMl exprime par les voix le sens des

* mystères ; et que loin d'être théâtral il excite les pécheurs à la componction. La voix de tous tons doit

* être consonnante , et les uns ne doivent pas traîner ou baisser la voix , tandis que les autres rélèrent : mais

* que chacun tâche de marier sa voix aux sons du chaur , sans hausser la yoix au-dcMus des autres , sans

* la traîner par une sotte idée d'ostentation, et sans vouloir plaire aux hommes. Car nous devons célébrer » devant Dieu sa sainte gloire, sans désir de plaire aux hommes. »

Et le S. Concile de Constantinople (In Trullo can. 75.) t«Nous voulons quo ceux qui viennent chaiiter

* dans les églises ne se servent pas de criailleries confuses , en forçant la nature de leur voix , et *• qu'ils n'adoptent pas ce qui est imcompatible avec la sainteté de la maison de Dieu. Mais qu'ils *• offrent leurs chants avec beaucoup d'attention et de piété au Seigneur qui est le scrutateur des choses ^ occultes , afin que, suivant la sentence des saintes écritures , ces chants soient pieux et saints. »

En commentant ce canon, Zonaras montre d'une manière plus explicite les abus qu'il stygmatise. « Quales *• sont infiracti illi modorum soni argutcque cantilationes , atque ad scenicos meretriciosque ritas nimis

* evirata modulatio, quibus prccipuè hoc tempore in templis canenlium cura impenditur. » Ke serait-on pais tenté de croire que l'historien grec du XII siècle ait vécu au milieu de nous?

Ecoutons Boèoe (L. I. C. I. de mus.), il peint admirablement notre situation actuelle t « amisit musica

** gravitatem et virtutis modum ac pœnè in turpitudinem prolapsa, minimum antiqnam speciem servat. »

• Les chantres doivent s'appliquer à ne pas vicier la nature du talent qu'ils ont reçu de Dieu; qu'ils

* l'embellissent plutôt par l'humilité, la sobriété et par d'autres ornements des saintes vertus i afin ^ue leur

* niélodie élève les cœurs du peuple rassemblé à la mémoire et à l'amour des choses célestes, tant par la ** sublimité des paroles que par la douceur des sons qui les accompagnent. (Concile d'Aix-la-Chapelle de - l'an 816. ch. 137.). w

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