‹ Les vrais principes du chant grégorienChapitre 9 sur 84 · PORTÉE · texte numérisé non relu

PORTÉE

On appelle degrés conjoints ceux qui se touchent immédiatement, et disjoints ceux qui montent ou descendent par saut , en laissant des degrés intermédiaires.

EXEMPLE

Degrés conjoints,

Degrés disjoints.

Il fat un temps où les lignes n^entraient pour rien dans la classificalion des tons. En Toici un exemple

Qd

c^W lAudate dcuïn

Ce qni mi^ en notation ordinaire , donne le résultat suivant :

Cœ-li cœ-lo-rum lau-da-te De-um.

Plai tard, c^est-à-dire du temps de Gui , et déjà ayant lui, on se serrait des lignes colorées de jaune ou de ronge et qui étaient comme les clefs de la notation. M. Kiesewetter en a donné quelques exemples, dans son ouvrage : Gttdiiehte der europàit, abendl, mutik , p, 114 , auquel nous renyoyoni. On peut encore consulter : Mémoire tur Hucbald, etc. par B. De Couttemaker^ Paris , 1841.

D'antres fois, le nombre des lignes se réglait suivant le Diapason de la mélodie, etc. Il y a des éditions plus noderaes, notamment du XVI. siècte dans lesquelles on emploie régulièrement cinq lignes, ce qui se eonserve encore dans quelques pays. Mais Tusage de quatre lignes est plus rationnel et généralement suivi.

Des Clefs. — De la Gamme.

i. Après avoir vu les noms des notes et les places qu'elles doivent occuper, il nous faut un moyen sûr et invariable pour les distinguer entre-elles. Ce moyen nous le trouvons dans les Clefs, qui ouvrent le secret de la notation (1).

La clef n'est donc autre chose qu'un signe dont on est convenu de se servir, afin d'indiquer le nom d'une note d'après laquelle les autres doivent être déterminées.

2. De toutes les clefs dont les anciens se servaient, on n'en a retenu

que deu3i : la clef d'ut qui a ces formes p | ::, et la clef de fa.

qui a celles-ci ^B ^ " :. Ces clefs se placent toujours sur une des

quatre lignes de la portée et jamais dans les espaces. La note qui occupe le même degré que la clef, reçoit le nom de celle-ci. Cette note ayant été établie comme point de départ, il ne peut plus y avoir aucun doute sur le nom respectif des autres notes, lorsqu'on se sert, pour monter avec la clef d'ut, de la succession suivante : ut, ré, mi, fa^ sol, la, si; avec la clef de fa, de celle-ci : fa, sol^ /a, si, ut, ré^mi. Pour descendre avec la clef d'ut : ut, «i, la, sol, fa, mi, ré; avec la clef de fa : fa ^ mi, re, ut, si, la, sol (2).

(1) Clayis haud dabîè à ferreà claye^sumptà nietaphor& dicta est, ut hsc seram, ità illa caritum aperiat (Glanan, dodeeaek. C, IF.),

(2) On appelait autrefois Cleft les caractères dePalphabet par lesquels od indiquait les sons de la gamme; d^où il suit qu^il y eut autant de clefs que de notes. Or, comme il y avait vingt notes ,*on ne comptait pas moins de vingt clefi. Tontes ces clefs étaient divisées en clefs marquées ou caraetérittiques ^ et en celles qui résultaient seulement de la manière d^étre du «i, naturel ou bémolisé. De plus, les clefs marquées étaient appelées graves^ aiffuet ou de Foetave supérieure suivant qu^elles étaient représentées par des lettres majuscules, moyennes ou doubles. Voici Téchelle comparative de ces clefs :

EXEMPLES

CtefdvT sur la première liyne.

Ut ré mi fa sol la si

ut si la sol fu mi i-é

rm «iafKAi. m la mvbivdb av nw*m

n Mt L'

«iriTIR.

' la

1 la

sol

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sol fa la

fa

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mi

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sol fu

ré ut

ut

la

mi

sol

ré

fa

ut

Quelquefois on que dix-huit clefe

ne campuit savoir : sept

ut

àekgr quatre

t aigua, et

I n'y ut qaa pour II f*nw al u comple p». On l'aviit adopU pour hooorir

defiTvT sur la deuxième ligne.

Ut ré mi fa sol la

ut si la sol.

les Grecs auxquels on se reconnaissait redcTable du système musical. Cependant on lui assimila la syllabe ut, celte note ëtant la première et le point de départ pour toutes les autres notes, qui dans leur succession se règlent diaprés elle. Puis venait A (actuellement la au-dessous de notre clef musicale de Basse), auquel correspondait ré^ et non pas to, à cause d*tfl qui précède. Pour Fintelligence du reste il faut remarquer que la syllabe moderne fi était inconnue aux anciens. (1) Elle était donc représentée par B qu*on appelait mi ou ^%f(i ou |> , suivant que ti était naturel ou hemolité. Donc après A-ré vient B }^ mi parce qu^on n^employa jamais si bémol en ce lieu. — C quatrième clef, est fa par rapport à mi précédent, mais ut par rapport à F qui suit à la quarte en montant. — D est toi par rapport à fa qui précède, mais r^par rapport à ut : ainsi du reste. Ensuite G tol-ré-uti c*est-à-dire toi par rapport à fa; ré par rapport à ut; et ut par rapport à ^ mi ou ti naturel , etc.

Tel fut le malencontreux système des hexacordes. Or, Thexacorde étant une succession de six notes et le chant descendant quelquefois plus bas ou montant plus haut que la note la plus grave ou la plus aiguë de rhexacorde, il devenait dans ce cas nécessaire de changer celui-ci. Ces changements d^hexacordes s^appelaient muancet. Du reste, on voit bien qu^en définitif il n^y avait qne sept clefs, les autres n*étant que des répétitions de ji, Bt Ct D, E, F, G. Aussi se bornait-on avant Boéce, à remploi de ces sept clefs. Celui-ci y ajouta sept autres représentées par les caractères moyens de Talphabet. Du temps de Gui Tusage du gamma F et des doubles, était déjà établi , quoique plusieurs écrivains lui aient attribué à tort , cette invention.

Une dernière remarque à faire c^est qu^ordinairement toutes ces clefs n^étaient point marquées au commencement d^une mélodie. Celles qu^on employa pour fixer les autres clefs, ou notes, se réduisirent le plus souvent h cinq T y F, Cf Gf D. Dans la suite on se borna à quatre cleBi ; encore en retrancha-t-on le F , jusqu*à ce qu'on fût arrivé aux deux clefs fa et ut dont nous nous servons actuellement pour la notation du chant ecclésiastique. Nous donnons ici les figures des cinq clefs marquées, comme elles étaient anciennement représentées :

Clef de

D tji

— Gamma

Ré

Sol

Ut

Fa

fi— Sol

S CO QP

'^ co «

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