DANS SA VICTORIA
appartenu à la race jaune et pratiqué le culte des idoles à vingt bras et à tête d'éléphant. Du reste, lancé tout de suite dans une existence de plaisir et vivant hors de chez lui, Albéric posséda un lit copié sur celui de madame de Pompadour, pour s'y coucher trop tard et y mal dormir, une bibliothèque pleine de volumes bien choisis et bien reliés pour ne jamais les lire, une salle à manger renaissance pour y déjeuner rarement.
café au lait, parmi les bonnes du voisinage.
Car Albéric, absorbé par son apprentissage de vie élégante, n'était presque jamais au logis. Dès le matin, il sautait dans sa victoria au mois et il allait prendre sa leçon d'équitation. Déjà, après quinze jours de courbature, il avait fait la folie de sortir avec une bête qui, selon l'expression du maître de manège, « avait du caractère » et qui le prouva tout de
La cure de misère
suite au cavalier novice en le jetant par une pluie battante, dans la boue de l'avenue du Bois-de-Boulogne. Après avoir < pilé du poivre » pendant une heure, vite Albénc remontait dans sa Victoria et se faisait conduire en hât^ à la salle d'armes, où. bien qu'il fiit d'humeur pacifique et n'eût soif du sang d'aucun de ses
meilleur ton, désignaient plus volontiers par ce gracieux sobriquet. C'était là qu'en déjeunant avec ses deux amis, Bordier le coulissier et Sautelet le vaudevilliste, l'heureux gagnant du gros lot achevait son éducation de dandy vraiment moderne. En somme, toute la question se réduisait à « être dans le