‹ Les vrais richesChapitre 44 sur 51 · UN DETESTABLE CAFE AU LAIT · texte numérisé non relu

UN DETESTABLE CAFE AU LAIT

La cure de misère

« Fichtre ! se dit-il en frissonnant dans la brume humide et pénétrante, voici déjà que le traitement opère. Ma pelisse doublée de loutre avait du bon, el je la remettrai avec plaisir. »

Dans une puante crémerie de la me de la Grange-Batelière, qu'il avait autrefois fréquentée, Albéric avala un détestable café au lait, et son estomac regretta tout de même un peu le chocolat parfumé, stoïquement laissé sur la table de nuit, et dont se régalait probablement le lovelace aux belles guêtres.

« Encore un excellent effet de la curel songea le consommateur en étalant du beurre , rance sur du pain mou comme une éponge, voici du lait qui prouve les admirables progrès de la chimie moderne, car aucune vache n'en est certainement responsable... C'est bien bon, du bon chocolat, et Joseph le fait à merveille...

Hum 1 je crois que ma guérison sera prompte... Allons maintenant chez Cahun et fds... Il faut, par quelque moyen, que je m'administre, à titre de spécifique contre l'ennui, une de mes assommantes journées d'autrefois...

Ce sera de l'homéopathie. 51milia similibiis. »

Il arriva chez les illustres chemisiers de la rue du Sentier, à huit heures précises, et trouva le père Schwab, le vieux caissier, en train d'enfiler ses manches de lusLrine.

— Vous, monsieur Mesnard 1 s'écria d'un air stupéfait le caissier, qui ne se croyait plus le droit de traiter fami-

lièrement un homme riche d'un demi million. Vous ici, de si grand matin ? Par quel hasard ?...

— Monsieur Schwab, répondit Albéric, je viens vous demander une faveur.

— Laquelle, monsieur Mesnard ? Laquelle ?... dit le caissier plein d'empressement.

— De me laisser, tout simplement.

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