ZOÉ
aime, c'est qu'on va vous demander en mariage et envoyer au diable toute la vie de garçon, et qu'on aura beaucoup moins de mérite, en faisant ce sacrifice, que ce brave M. Mataboul, quand il a
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renoncé à la politique et à la demi-tasse pour que sa petite nièce pût se coucher de bonne heure.
ELLE s'agenouilla..
Brusquement, Albcric se leva, alla prendre par la main Zoé, stupéfaite, et la conduisit devant le fauteuil de l'impotente.
— Chère madame Bouquet, dit-il alors tout tremblant, pardonnez-moi, mais je ne vous ai pas dit la vérité tout à l'heure. Non ! je n'ai pas été absent, je suis resté à Paris, j'ai fait cent sottises et ; j'ai eu l'impolitesse et
l'ingratitude de ne pas revenir chez vous . . .
J'étais atteint d'une affreuse maladie qui ne sévit que chez les gens riches. Elle m'a coûté une centaine de mille francs, a quelque peu altéré ma santé, et el'e commençait à gagner le cœur. Mais je viens de suivre un traitement énergique qui m'a radicalement guéri... Maintenant, chère madame Bouquet, vous pouvez d'un mot me rendre le plus heureux ou le plus infortuné des hommes.
J'aime mademoiselle Zoé, j'ose espérer que je ne lui suis pas indifférent, et je vous demande tout franchement, à l'une et à l'autre, de m'acccpter pour gendre et pour mari.
Eh! mon Dieu! Qu'a donc la pauvre petite ?
Voilà que sa tête défaillante tombe sur l'épaule du jeune homme, et qu'elle fond en larmes, la chère enfant ! En vérité, elle l'aimait autant que cela ? Puis, elle s'agenouille devant sa mère, lui prend sa main paralysée et l'inonde de pleurs. Et, Dieu me
La cure de misère
pardonne, Albéric lui-même a les yeux humides, se met aussi à genoux, et saisit l'autre main de madame Bouquet. Que voulez-vous que fasse la bonne dame, sinon pleurer à son tour en bénissant les amoureux?
la Seine, et qui date du commencement du siècle. Il y a là une charmante terrasse sur laquelle on installe bien commodément dans les oreillers madame Bouquet, par les beaux jours, et d'où elle regarde passer les bateaux et filer