‹ Les YougoslavesChapitre 6 sur 15 · V:, .; ♦ j. V/ v .» * '.'^«psS^'^^-f" ' •* ri · texte numérisé non relu

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maient l'unité nationale serbo-croate et la nécessité d'une lutte commune contre le gouvernement tte Vienne. Cette résolution fut suivie de près par une résolution analogue, celle de Zara, votée par les partis serbes. Ces deux résolutions servirent de base à la fondation d'un grand parti, celui de la Coalition serbo-croate qui, ralliant autour d'elle la majorité du peuple, prit la direction politique du mouvement yougoslave.

A la suite de cet événement, le gouvernement austro-hongrois renforça le régime de terreur inauguré auparavant dans les provinces yougoslaves. Le centre des répressions resta le royaume croate. Dans un espace de six ans (1907-1913) le chef du gouvernement de Croatie fut changé sept fois, des procès monstrueux furent instruits contre les patriotes yougoslaves (1). La constitution fut même suspendue ; cependant la résistance du peuple yougoslave ne put être brisée. Au contraire, les violences policières ne firent qu'exciter davantage la masse populaire» La jeunesse yougoslave, exas-

j1) Les plus connus sont les procès d'Agram (Zagreb) intenté à 53 accusés, et le procès Friedjung jugé à Vienne.

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pérée, recourut alors à des actes de terrorisme. Un premier attentat fut commis en 1908, à Sarajevo, par l'étudiant Zeraïtch contre le général Varesanin, gouverneur de Bosnie- Herzégovine. De 1910 à 1911, d'autres étudiants se livrèrent, a Zagreb, à cinq attentats consécutifs contre les représentants du gouvernement. Un dernier attentat, le plus fatal, fut celui du 28 juin 1914 contre l'archiduc François-Ferdinand et sa femme.

Tous ces attentats, dus à des étudiants yougoslaves, sujets austro-hongrois, n'avaient d'autre but que d'attirer l'attention du monde civilisé sur le régime d'oppression où languissent les populations yougoslaves d'Autriche- Hongrie.

A un moment donné, les cercles viennois, constatant que les persécutions ne faisaient que populariser le mouvement yougoslave, essayèrent de lui donner une autre orientation. Certaines personnes de l'entourage de feu l'archiduc François-Ferdinand firent entrevoir aux Yougoslaves, qui considéraient la Serbie comme leur Piémont national, la perspective du Trialisme, c'est-à-dire la création d'un État yougoslave qui, à côté de l'Autriche et de la Hongrie,

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aurait constitué le troisième État autonome de la Monarchie. Vaine fut cette tentative qui d'ailleurs n'était faite que dans le but de tromper les Yougoslaves ; seuls quelques éléments cléricaux se laissèrent prendre au piège viennois. L'opinion publique et ses représentants politiques restèrent fidèles à l'idéal de l'union des Yougoslaves avec la Serbie.

Avec les retentissants succès des armes serbes dans les guerres balkaniques, les espérances yougoslaves entraient dans la voie de la réalisation, et le mouvement atteignit son apogée. C'est alors que les cercles gouvernementaux de Vienne et de Budapest, pour le briser, décidèrent d'anéantir la Serbie, ce centre d'attraction des Yougoslaves.

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