‹ Les zodiaques de Denderah: mémoire où l'on établit que ce sont des calendriers commémoratifs deChapitre 16 sur 26 · DATE GRECQUE DU ZODIAQUE R]ÇCTANGULAIRE · texte numérisé non relu

DATE GRECQUE DU ZODIAQUE R]ÇCTANGULAIRE

Heureusement, nous n'avons pas besoin, comme pour le zodiaque circulaire, de recourir aux s3rmboles égyptiens seuls, afin d'en tirer la date du zodiaque rectangulaire. Car, sur le listel de la corniche du jtpovaov^ on lit une inscription grecque conçue en ces termes:

YHEP AYTOKPATOPOZ TIBEFIOY KAIEAFOU NEOY IIEBAZTOY OEOY ^E- BAZTOY YIOY EHI ATIA/HOY nOUAIOY ^AAKKOY HrEMONOZ KAf AYAOY ^nAYlOY KPISnOY EniSTFATHrOY ZAPAniniSOi: IPYXAMBOY STPATHrOYN^

^) ChampoIIion : Lettres p. 346 sqq. ') Les deux deasins s'accordent sur ce point. ') D'après le dessin de M. Denon. *) Les dessins présentent ici une oie à tête de boeuf. ^) Les deux dessins combinés donnent cette figure.

TOZ OI AllO TH:^ MHTFOnOAEfiZ KAF TOY NOMOY TO nPONAOPi AtPO^EITHI

BEAI yiEFISTHI KAI TOIS ^lYJSJSAOlZ QEOIZ L EFIOY KAIEAFO

. j,Pour la conservation de lûière César, nouvel Auguste, jUs du divin (dieu) Au- „gvste, Avûlius Publius Flaccus étant préfet, et Aulus FuLvitis Crispus étant épistra^ge, ^arapion IrycJiambe étant stratège, les Jiabitants de la métropole et du nome (ont élevé ^et dédié) ce pronaon à Aphrodite, déesse très -grande et aux divinités adorées dans le

„même temple. La . .^ année de Tibère César ''

M Letronne') a reconnu le premier qu'il faut soupçonner dans la lacune du texte lenombre d'années (XXI), puis le mois d'Athyr et le quantième, parce qu'il s'agit nécessairement du jour natal du prince, époque très - convenable pour l'inauguration du Ttpôvaov. Il conclut ce fait de la manière suivante: ,^Tibère mourut le 26. mars de Pan 790 de Rome, après avoir vécu 77 ans, 4 m^is, 9 jour si'' (Dio Cassius LVIII, 28). Donc il était né le 17 Novembre, jour auquel on devait célébrer les généthliaques de cet empereur à Rome et dans tout l'empire. Mais le 17 Novembre répondant au 21 Athyr du calendrier fixe alexandrin, il faudrait remplir la dernière lacune par ^ TIBEPIOT AOrP KÂ}'

M. Lepsius'') constate la même lacune du texte consistant en 15 lettres dont les traces le conduisent à une restitution toute diflférente de celle de M. Letronne, laquelle est impossible, parce que le nom TIBEPIOT précède le nom KAI^APO^l. Or, le mot 2EBA1THI avec AOrP KA et le 2, final de Kai6apo(i remplit exactement la lacune de 15 lettres, laquelle est bien constatée. D'ailleurs, M. Letronne avait expliqué ingénieusement le même mot ZEBAETHI qui se trouve dans l'inscription du jtpoTcvXov, entièrement analogue à celle qui nous occupe. La voici:

I 'T7t(p avroKpàropof KaitSapo^^ Oeov viovj ^loç ^ EXevS^epiov, S^liaôroVy éni IloTt'

Aiou ^Onraoviov tjyejuôpo^ Il naï MdpKOv KXiabiov UotSrôjuov ènKSrpartjyoVy Tpv(p(ûP0^ (SrparijyovvToç^ oi aTto rif^ /uîfrpoTtàXiia; ITT, nai rov vojuov rp TtpoTCvXop "Idibi Se^ jutyicfri^ naï roî^ ^vvvdotç ^oîç. L. A A

kai2:apo2 enre ^ebasthi.

Recherches p. 171 aqq. ') Chronologie; Einleitung p. 103, note 2.

Je n'en relève que la date : „Zo XXXh armée de Gésar (Aug^uste) du mois Tkôyih, le jour (natal) d Auguste." H va sans dire que cette traduction vaut infiniment mieux que celle de M. Parquoy'): „le collège des prêtres à limfpêratri^ef* {tuôomti congregatio, coUegium). Un simple calcul dëmontre que la traduction, telle que je l'ai donnée Japrès Letronne*'), est la seule exacte. Car l'empereur Auguste étant né le IX. Kal. Oct rr Î8 Septembre, la date ©coôS (Stliatyri) se doit rapporter au 26 Thôtdu calendrier fixe alexandrin; car ces deux dates sont identiques.

S'il restait encore un doute, il serait détruit par l'inscription de la grande oase : L. B AovHÎov Ail3iov ^ifia^rov ^ovÀTtihiov FaXIia aiSronpâropo^ ^Aîl^I A 10' t AI AI 2EBA21THI „Dan II de lemperem* Ludus lAoius Augustus Sulpidus Galba, le premier Phaophi^ Jour êponyme de Julia Augusta."^) En eflfet, le 1^ Phaophi du calendrier fixe alexandrin répond au 28 Septembre, jour natal de Livie, aïeule de la maison impériale et du nom de Livius (Galba).

Enfin, je produis une preuve encore plus directe en faveur de ma conjecture (SelîatSrif. Elle est tirée de l'inscription grecque*) qui se trouve gravée sur le plan supérieur de la corniche. M. Letronne l'a restituée ainsi: ^Ejti AvroKparopof 71^ liepioo Kai(Ta(jut)poç9 Néoo Stl3iM6Toii rov Oiùv Hedadroi viov (Zjeliaaroù — mais la copie de M. Cailliaud qui nous a sauvé cette précieuse inscription, présente cinq lignes de texte, tandis que M. Letronne^) n'en donne que quatre. Cette diversité me porte, k rétablir le texte im peu différemment:

l. lu. aytokpatopoi: tibefioy kaiiiapos: jseoy ^ebaztoy y 10 y oeoy 2:eba^toy agypIû eebaethi

,fLlan XXI de lempereur Tibère Gésar , nouvel Auguste, fils du dieu Auguste^ le 21 Athyr, jour éponyme (m naial) de ce prince." •

^) M. L'eti'onne Kecherches p. 171 sqq. traduisant ^fdivin^^, il semble avoir lu &EIOT. Mais &EOT est indabitablèment Im vraûe lecture^ confirmée par j^rSêoile du dieu" de l'inscription circulaire (voir I §. 4 pag. 12) et une inscription démotique (Young: Hierogl. H, 74) où Césarion est nommé „fil8 du dieu grand.^^ *) Recherches p. 164. ') Tacite Annal. I, 14- ,^Atulta Patrum et in Au g usta m adulatio . . . plerique, ut nomini Caesaris adacriberetur Juliae filius^ censebant" *)Elle a échappéà Wilkinson, à Nestor THôte et mén!ie à Lepsius. *) Becueir des inscriptions grecques, Atlas pi. Vr, a.

„D'aprè8 Philon'), le préfet Flaccus ayant gouverné l'Egypte pendant six années consécutives dont cinq sous Tibère, une sous Caligula" — la date de Tinscription du Ttpopaop est resserrée entre les années 19—23 de Tibëre'). La date du plan supérieur LKA et èi la fin AO'fP KA est une conjecture à moi, il est vrai; mais elle est confirmée par les emblèmes égyptiens et nous donne, par conséquent, le IV

liOTembre de Tan 84 après «Vësiis - Christ comme époque da ■odlaqae rectangulaire de JUenderab*

§ 3. DATE ÉGYPTIENNE DU ZODIAQUE KECT^GULAIRE.

Au. milieu du plafond, entre les deux soffites du Portique, on voit alternativement des disques solaires et des vautours* Les premiers sont au nombre de 10, les autres au nombre de 11, ce qui produit les XXI années que nous venons de lire dans les deux inscriptions grecques. Quant au disque solaire qui est le déterndnatif ordinaire de toutes les sections de temps, il représente ici d'une manière abrégée Tannée solaire elle-même. Selon Horapollon (I, 11), le vautour a entre autres la signification âièviavrôç. voilà la preuve de mon assertion que nous avons dans ces

10 + 11 figures la date eniblémattqae du zodiaque reotancmlalre*

Le 17 Novembre, jour natal de l'empereur Tibère, s'y trouve aussi. Auprès des parties génitales de la grande figure, à côté de la petite nacelle avec le serpent sortant d'une fleur — c'est le décan ^ir"^) — on voit le disque solaire qui marque ici le jour natal de Tibère. Le nombre des rayons qu'il projette, a des rapports palpables avec le thème généthliaque de Tibère: car se sont précisément XI rangées consistant eu XYU triangles chacune. Voilà la date emblématiqne 17/11

c'est-à-dire, dn IT HVoTeoibre^ ouzlème mois de Tannée romaine.

Ce groupe se trouve placé près du Cancer, ou plutôt du scarabée (§ 11).

Quelques-uns de ces triangles sont couverts par une tête d'Hathor, laquelle se trouve placée sur un petit édifice, comme pour rappeler la phonétique de son nom

Adv. Flacc. p. 518 éd. Mangey. ') Letronne (Recueil p. 90, 91) soupçonne F (20) ; mais sa traduction porte : „& XXl^ année de TibèreJ' ^ Comp. p. 18 et 23, note 1 de la P^ partie.

^Hat-Kor'' signifiant, comme Plutarque^) nous Ta déjà rapporté^ oÎko^ '^SÎpov(K6(Sjuio^). Si nous regardons un peu plus attentivement de l'autre côte, nous voyons une déesse assise sur une chaise, tenant sur la main gauche un enfant, qu'elle semble ])rotéger de la droite. J'ai déjà montré (§ Il de la I^ p.) que ce dernier groupe représente emblématiquement le troisième mois de l'année et de la première tétraménie: Athyr, ho- ' monyme de la déesse Hathor. La seule différence entre les deux zodiaques, quant à ce groupe, consiste en ce que nous n'avons pas ici un Ptolémée, mais bien l'empereur Tibère comme enfant sous la tutèle de la déesse Hathor— '-4cp/)oôaVf^, à laquelle le Tcpôvaov était /dédié.*^) Immédiatement après le groupe emblématique du mois Athyr, on voit un serpent tortillé sur lui-même en dix replis. C'est ici l'expression anaglyphique ' d'une décade. En effet, le 21 Athyr c'est-à-dire, le premier jour de la troisième décade de ce mois, est exprimé par là d'une manière, sinon parfaitement claire, du moins tout-à-fait égyptienne. Voilà doncx. *-'' AerpTl sebasthi du texte grec confirmé par les emblèmes égyptiens désignant ^^Van XXI, le 'V,, —.21 Athyr".

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