DÉCANS DE LA FAMILLE IMPÉKIALE
Nous venons de constater qu'on a introduit, par flatterie sans doute. Tempereur .Tibère p armi les Décans. Le décan Ahi nous en fournit une autre preuve. J'ai déjà rappelé plus haut (L §. 4 p. 16) que les jeunes princes romains étaient, pour l'ordinaire, et Gajus César avec son frère Lucius spécialement, principes juventiitis^)^^ Donc il faut présumer que le décan Ahi qui remplace ici le Tepa-knem (pL HE, h, o), a été choisi à dessein pour faire hommage à l'héritier du trône. En effet, la nacelle contient un jeune homme, le doigt à la bouche , précédé d'un sôi^ent, précisément comme dans le groupe qui représente le mois Mésori (PL I, IVe, V, XII,
VIg, VII). Or, le dieu Horus y est figuré comme successeur de Ra (Soleil):
donc il est de rigueur que. le décan Ahi représente ici Cajus Oaesar (Càligula), d'autant plus que, selon Tacite (Annal. VI, 20) ce jeune prince copiait l'empereur jusque dans les moindres détails de l'habillement et même du langage. Il fut par conséquent „co77ie5'' et ,^c(m8Ûiorum particeps^^ ce qui est en harmonie avec le passage de Diodore (H, 30) que l'on appelait aussi les décans „dteux conseillers^*: (iov- Xaiov^ Seovç.
Si l'on doutait de cette signification du décan Ahi, j'appellerais l'atten-
O'Tacite Annal I, 3: Cajum et Lacium in fàmiUam Gaesarum indoxerat^ necdiua po- Bîtft ptrerili praetextâ >„pr%ncipeà juventiUis^^ à|>pellari .. • • cupiverat.
tiondu leetenr . âor une autre exception à la règle. .Je veux parler du décan Nn.^ qui fait, suite au décsjï2Mar,,,le ^î^eter^^ et . ouvre la seconde moitié de lasërie. D'après le principe : j^exc^iiones sunt strtcttssïmae irUerpretationis^^ il faut se demander . pourquoi ee décan Nr. 21 a été. représenté en femme, avec le sceptre réservé aux déesses? Le décan . A li i , sous lequel se .cache Cajus César (Qaligula), nous révèle la raiso^ de cette singulière exception* De la même manière que cet héritier du trône ouvre la première . moitié des Décans,, en sa qualité de „comes, constltorum partiels et princeps juventutis\% nous voyons ici (sous Nr.21),à la. tête de la seconde moitié, figurer „(Jla/ur diq^ ^27am'^a'\(Tacite.loc. cit), mariée il G. Oésar Galigula l'an 20 de Tibère (=33 après JésusrChrist).
On admettra que cette cdïhcidence ne peut être l'oeuvre du hasard. Il y ^ plus. I^ décan Nr. 21 n'est pas le seul qui soit figuré sous la forme d'une femme, contrai* Tement au genre toujours masculin de binûpô^^ decanus.^) Sous le Nr. 33 on voit i;i^ 'décan femelle à tête 'de lionne, le sceptre des déesses à la main. Comme il se trouT^e précisément au-dessous idu signe zodiacal des. G émç aux, je cite ce ; passage de.Xâ>ci^ ' (lAnnal. V, 1): Rvhéllio et Fufio Coss., quorum ittrigm Gemino cognomentum eraf, 'Julia Augura mortem obitt detate extrêmâ/^
Le consulat des deux Gemini désigne l'année XV de Tib^e, la même dans laquelle' |a prédication de St. Jean-Baptiste^) est placée. Il va sans dire que le doublesens du mot' Gemini, et l'idée de deux inhérente à celle de consulat, pouvaient iaure considérer ces deux consuls comme identiques aux ^Gemini du Calendrier. Quant à la mère de Tibère, on conçoit aisément qu'elle a pu entrer dans un monument oh son fils 'figure comme personnage principal Si l'empereur L. Liviijs ^Augu^tus Sulpicius Galba, dans l'inscription de la grande oase, 89 ans< après la mort de cette princesse, a pu dire: „*ttc«)9i T 'JouAi^i -Sfi/JaCry, ce qui correspond au 28j Sep-
Comp. Jal. Firmic' II. 4; Porphyr. Isagoge; Salmas. de an. elim. p. 565; ; Du Cange ' Gloss. Append. p. 54. ') St. Lucas III, 1: '£v ïrn bi mvTtKaiStKdria) ri)$ ^yt^oviaf TiIBspiov Kaidapos ... lyivixo ^pjua Qeov bti 'liàHxvmfv, San-Clemente met le cmcifixement de J^aa-Chrkt ^ sous ce même consulat.
tembre, jour natal de Livîe (comp. Il, § 2) — si le sënat romain a prodigue son adulation envers cette ^^Julia Augusia*^ en proposant qu'elle fût appelée j^rens^^ ou „mater par triaé^ et que le nom de Cësar (Tibère) fôt accompagné du titre ,fJvltae JUms^' (Tacite Annal I, 14) — si les villes de l'Asie décrétèrent un temple à Tibère et à sa mère (id. IV, 15) — si l'Espagne ultérieure demanda au sénat par une ambassade qu'il lui fût .permis de construire, à l'exemple de l'Asie, un temple semblable (id. IV, 37) — l'Afrique, c'est-à-dire, l'Egypte, ne pouvait rester en arrière, d'autant moins que les Egyptiens, abstraction faite de leur flatterie, avaient un profond respect pour les mères en général et pour les mères de rois en particulier. Or, Livie ( Julia Augusta) était en quelque sorte pour eux l'aïeule de la XXXTTT^e Dynastie: voilà pourquoi la mort de cette princesse a été indiquée sur le.zod. rectangulaire au-dessous des Gemini*). Ces deux coïncidences permettent de rapporter le décan 'Htijt du zod. cire, à la reine Cleo pâtre. Car d'après tous les dessins il est représenté comme femme couronnée, exemple unique dans toute la représentation. La ligne qui va du centre vers le milieu de la Caryatide du Nord, passe par le Cancer placé exceptionnellement hors de ligne, pour indiquer l'époque du monument (Juillet) et par le décan femelle, *HriJT, sans doute, pour faire ressortir* le rapport de cette époque avec la reine Cléopâtre divinisée: l'ère Seâ^ veoùrépa^.
Le décan Nr. 34. figuré en homme assis sur un trône, présente une autre particularité qu'il faut expliquer. Il est muni du sceptre haq tandis que les décans portent le sceptre à tête de coucoupha. C'est parce qu'il représente ici un prince: Auguste, père') de Tibère. Nous savons par Tacite (AnnaL I, 9) que le jour mortuaire de l'empereur Auguste fat le même que celui de son avènement au trône. C'était le premier jour du mois Sextilis appelé plus tard Augustus en l'honneur du prince. Or, le 1?l Août répond au SMésori de l'année fixe alexandrine,
^) La tête^re lionne rappelle la civière desmorts représentée sous la forme d'une lionne. L'Uraeus sur cette tête désigne Livie comme princesse. "") Tacite Annal. V. 1 dit. qu' Auguste introduisit Livie dans sa maison étant déjà enceinte; mais il voulait passer pour père de Tibère.
et le dëoan Nr. 34 est prëcîsëment le représentant de la premîèredécade du moisMé8ori(llx3-l-l) On conviendra que cela cadre très-bien dans ma thèse.
Lé décanNr. 11. présente la figure d'un homme tenant à la main gauche le sceptre haq et à la droite le flëau, ce qui le démontre comme prince conquérant C'est Jules-César qui conquit l'Egypte, l'an 48 avant notre ère, vers la fin de l'année. En effet, le signe zodiacal du Sôorpion, sous lequel il se trouve, répond aux mois Octobre — Novembre. Pour le désigner plus spécialement comme ancêtre, au-dessus de lui, à côté du Scorpion, on a marqué par un épervier solaire surmonté du Pschent, l'année vague, dite ^^V année des ancêtres."^) Comp. pag. 11^ 1(1) et pag. 75 (U) le nom de ^^dieu grand'^ et de ^cdf (Diod, I, 4) qu'a porté Jules César.